La Voix du Nord - 02/11/2006 |
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Les Valenciennoises attaquent ce soir, à Valence, leur onzième campagne d’affilée parmi les grands d’Europe. Dans un contexte toujours plus relevé, elles visent un nouveau Final Four.sports@lavoixdunord.fr PHOTO DIDIER CRASNAULT
« Double champion d’Europe ? C’est du passé ! On avait des équipes exceptionnelles, on s’en rend compte. Maintenant, on joue quand même avec cinq filles de l’équipe de France (1). Mais notre présence au Final Four l’an dernier (3e) était exceptionnelle et je ne connais pas un président en France, chez les filles ou les garçons, qui, dans les cinq ans puisse affirmer : "On sera au Final Four". » Dans la douceur méditerranéenne de Valence, où les oranges mûrissent sous 25 °C, Laurent Buffard ne chausse pas les mules de Guy Roux. Juste lucide, le coach. Atteindre la finale à quatre reste bien l’objectif majeur de l’USVO mais il sera de plus en plus difficile à réaliser.
Depuis les deux sacres valenciennois (2002, 2004), le contexte de la Ligue des champions du basket a changé. Cap à l’Est, la Russie, ses budgets faramineux. « On voit des enveloppes de 4, 5, 6, 7 voire 8 ME pour le Spartak ! Même Samara (Wauters, Stepanova and co) n’y est plus que le quatrième budget. Il s’est levé un vent financier dans ces pays-là, pas la peine de penser s’y mesurer… Si un de ces clubs entend qu’on s’intéresse à une joueuse, il double ou triple le salaire. » Avec ses 2,2 M€, VO, lui, cherche plutôt à économiser où il peut.
C’est pourtant ce contexte de plus en plus relevé qui fait saliver les joueuses. « On y est, se régale la capitaine Emmanuelle Hermouet.
L’Euroligue, c’est vraiment autre chose. L’intensité n’est pas la même. Le championnat du monde, cet été au Brésil, c’est ce qui s’en rapproche le plus. » « C’est la meilleure compétition pour se préparer à l’équipe de France. Pour y passer un cap, il faut d’abord en passer un à l’USVO », confirme Krissy Bade.
Comme leur coach, elles savent la tâche ardue et le peu de vécu commun de leur équipe, privée de son point d’ancrage, Boba Tuvic, blessée et dont le métronome, Kristi Harrower, se cherche. Autant de difficultés exploitées par Villeneuve-d’Ascq au Hainaut, samedi (56-60).
Dans le groupe C se bousculent le champion d’Europe Brno, les Russes d’Ekaterinbourg (le club d’Audrey Sauret), le bastion de Gdynia, Fenerbahçe, plus abordable, Valence enfin, premier adversaire de VO. Un énorme morceau. « Les Espagnols veulent organiser le Final Four, ils ont monté une équipe pour », résume Buffard. Dix joueuses, tous les postes doublés, de l’expérience à revendre : Dydek, Milton, l’ex-Valenciennoise Allison Feaster. Un dessin ?
L’USVO, toutefois, ne part pas à l’abattoir. La culture de la gagne est inscrite dans ses gênes. Krissy Bade est déjà dans le moule : « La liste des joueuses, il ne faut pas la regarder mais y aller ! » « On fait avec nos moyens. Mais attention, prévient son coach, on a une équipe compétitive, avec du potentiel. En ce moment, notre basket est un peu laborieux mais Valence n’est pas prêt non plus. Ce serait bien de les surprendre. » L’ombre de Guy Roux ne plane décidément pas.
VALENCE - USVO, ce soir à 20 h 30.
1. – Bade, Hermouet, Godin, Gomis Gruda.














