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La Voix du Nord - 07/11/2007
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BASKET-BALL
Euroligue : Villeneuve-d’Ascq, l’apprenti libéré de la pression
 Bénédicte Fombonne et les Villeneuvoises vont découvrir l’exigence de l’Euroligue dès ce soir. L’ESBVA-LM s’attendait à une rude découverte de l’Euroligue, la Ligue des champions du basket. Mais depuis l’annonce, mercredi dernier, de la grossesse d’Iveta Marcauskaïte, l’initiation, qui commence ce soir au Palacium contre les Hongroises de Sopron, tient du parcours du combattant. La pression du coup s’est envolée…


PAR SANDRINE ARRESTIER
sports@lavoixunord.fr
PHOTO CHRISTOPHE LEFEBVRE



« On ne sait pas à quoi s’attendre. » Bénédicte Fombonne (32 ans, 1,82 m) avait goûté à tout sauf à l’Euroligue  ; cette ligne de son CV sera comblée ce soir. Mais la capitaine n’est pas la seule néophyte villeneuvoise. Seuls Luba Drljaca (avec Bourges) et Abdou N’Diaye (avec Aix) mesurent l’intensité qui attend l’ESBVA-LM chaque mercredi et la difficulté à enchaîner le week-end, en championnat.




« Il faut y aller en étant complètement humbles, cadre le coach. On est là pour apprendre, ça ne veut pas dire qu’on n’aura pas l’esprit de compétition mais il faut être réalistes par rapport à nos moyens et prendre cette saison comme un moyen d’apprentissage pour grandir pour l’équipe comme pour le club. » Habitués à vibrer au rythme des succès d’une équipe en progression régulière, public et partenaires devront sans doute apprendre à perdre.

Solidarité

Villeneuve-d’Ascq a gagné, et mérité, sa place à la force du poignet, mais dans le groupe A, elle luttera avec les Lettones de Riga, en classe de découverte elles aussi, et Naples, champion d’Italie, pour la quatrième place, la dernière qui embarque pour les huitièmes de finale.


« Ce sont les seules équipes susceptibles d’être à notre portée, admet Abdou N’Diaye. Et encore, Naples, il faut voir.
Quatrième, ce serait un exploit, même avec Iveta. » Marcauskaïte, la deuxième marqueuse de l’équipe, avec son 1,96 m. Alors, sans… Sur la piste de deux Américaines et d’une internationale brésilienne déjà vue, quatre saisons durant, en France, le club espère des réponses aujourd’hui.


Mais pour le grand plongeon contre Sopron, il faudra faire sans pivot taillé pour le poste, avec une Géraldine Robert qui, opérée (arthroscopie) il y a trois semaines, n’a pas encore retrouvé tout son potentiel physique et une Shala Crawford hors sujet dans le jeu comme dans l’attitude.



Alors, le technicien s’adapte, remise des paquets de systèmes au placard, à contrecoeur en attendant des jours meilleurs. « On a un problème interne, parce qu’on joue mal (– 25 et 35 balles perdues à Bourges samedi !), et externe avec Iveta. On essaie de retrouver une identité à travers des choses simples et peu nombreuses… » Sa capitaine s’évertue à dédramatiser, confiante dans la force du groupe : « L’an dernier, on a eu des coups durs, on s’en est sorti. À nous de montrer ce visage-là. Dos au mur, on est parfois plus fortes. Ce sera forcément difficile mais on n’a pas le choix et le groupe a toujours été hyper solidaire. » Au point d’épater jusqu’à son patron : « Les filles sont soudées, pas à une ou deux mais toutes, à sept ou huit », admire-t-il.


Et puis au moins, l’ESBVA-LM va-t-elle se lancer sans pression. Abdou N’Diaye en deviendrait presque philosophe : « Je vais faire un discours sans pression, pour ne pas les tétaniser. Autant qu’elles découvrent l’Euroligue par elles-mêmes. Je préfère qu’elles prennent du plaisir. » Plaisir, un mot partagé par Carmelo Scarna : « Pour savoir ce qu’on peut espérer, indique le président, franchement, j’attends de voir demain (ce soir) ! On ne s’attendait pas à ce coup-là. Mais il faut rebondir et jouer l’Euroligue, c’est un truc extraordinaire. Les filles l’ont gagné, alors il faut arrêter de parler d’Iveta ou de Shala et qu’on se reconcentre. » Et qui sait, chevaux lâchés, un premier exploit pourrait mettre un peu de baume sur les plaies du moment. « C’est possible, tranche Bénédicte Fombonne. De toute façon, il va bien falloir gagner des matchs à la maison. » Et son coach de conclure sur une sentence en forme de devise : « La gagne pour le moral ! » •
 

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