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La Voix des Sports - 16/04/2007
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Valenciennes ne sait plus gagner
Tournoi de la Fédération
 De la détresse sur les visages valenciennois, Gruda et Gomis en tête. Nevers (de l’un de nos envoyés spéciaux). – À ma gauche, le peuple tango ivre de bonheur, en pleine communion avec son équipe qui est allé lui cueillir le Tournoi de la Fédération tout au bout d’une finale dont l’intensité dramatique mit les nerfs de la foule à rude épreuve.
A ma droite, les Valenciennoises, dos à leurs supporteurs, le regard vide et la médaille triste. Dans les jambes, la fatigue héritée de quarante-cinq minutes d’un titanesque combat physique doit soudainement se faire plus lourde.
Elles y avaient pourtant cru, les Valenciennoises, à cette victoire qui aurait mis fin à quasi deux années de disette – VO n’a plus rien gagné depuis le championnat 2005. Mais elle leur a échappé, comme souvent cette saison, dans le dernier quart-temps.
« On est incapables de tuer le match alors qu’on mène de 10 points. On loupe trois lay-ups de suite, et après on prend 30 points dans les quinze dernières minutes », résuma amèrement Laurent Buffard.
De fait, les Valenciennoises avaient posé leur patte sur le match, dans les deuxième (36-27, 19e) et troisième quarts-temps (41-31, 23 e), après digestion d’une entame délicate (8-14, 6e) marquée par les tours de passe-passe de Maltsi côté berruyer.
Quasi transparente la veille contre Montpellier, Sandrine Gruda (20 points, 9 rebonds) s’était cette fois retroussée les manches pour porter, avec l’aide de Kristi Harrower (désignée meilleure joueuse du tournoi), les espoirs nordistes.
Montée haut, la cote s’effondra dès lors que Bourges s’entêta à refuser la défaite. Dumerc et Melain mirent tout leur poids dans la balance pour la faire pencher (58-61, 40e). Valenciennes n’y était plus, et il fallut tout le talent de Kristi Harrower pour lui offrir un sursis à douze secondes du buzzer, sur un panier primé (61-61). Mais dans les têtes en tout cas, le match avait déjà basculé. Le déroulé de la prolongation ne fit que confirmer cette impression (67-71). En conférence de presse, Sandrine Gruda pointa sèchement « un manque de hargne et d’application  ». Laurent Buffard remit son groupe face à ses responsabilités : « On ne peut pas gagner avec deux joueuses, on a aussi besoin des autres. » Et si Bourges, qui a clairement arraché ce match avec son coeur et ses tripes, était l’antithèse d’un VO plus assez « tueur » dans l’âme ? Le président Lecoq pose une autre question : « Aujourd’hui, est-ce que le groupe est solidaire, est-ce qu’il s’entend bien, est-ce qu’il sait jouer ensemble ? » Débordé dans la dernière ligne droite par la furia berruyère symbolisée par une Céline Dumerc de feu, VO a perdu une bataille, pas encore la guerre. La Coupe de France et le championnat attendent de trouver preneur. Reste à savoir si l’USVO sait aujourd’hui encore gagner.

Sébastien CHEDOZEAU
Photo Karine DELMAS USVO - BOURGES : 67-71 ap (18-21, 18-8, 12-12, 13-20, 6-10).
- USVO : 27/71 paniers, dont 3/10 à 3 points, 10/12 LF, 39 rebonds, 11 passes, 4 interceptions ; 23 fautes.
Harrower 17, Gomis 6, Badé 6, Gruda 20, Tuvic 6, Hermouet 6, Fonseca 6, Godin.
– BOURGES : 25/59 paniers dont 7/15 à 3 points, 14/24 LF, 42 rebonds, 8 passes, 10 interception, ; 17 fautes.
Dumerc 26, Maltsi 18, Melain 8, Hall 5, Ndongue 6, Lepron 6, Miyem 2, Kireta, Paul.


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