Dans des conditions souvent délicates, vu les problèmes que traversa le groupe en interne, ce qu’a réalisé l’USAPH la saison dernière, pour ses débuts en Ligue féminine, a quelque chose de remarquable. Peu importe au final que le périple se soit achevé en queue de poisson, à l’issue d’un premier tour de play-off que les joueuses prirent par-dessus la jambe. L’essentiel, à savoir le maintien, était assuré depuis bien longtemps.
Mais il en faut plus au président Loison qui nous a récemment avoué avoir vécu des mois « très difficiles ». « On s’est trompé en s’appuyant sur un entraîneur (David Thiébaut avait fait monter le club de N 1 en Ligue) qui n’était pas là à temps complet. On n’était pas prêt et surtout pas structuré comme doit l’être un club professionnel. »
L’Europe dans trois ans
C’est à Gravelines que l’USAPH est allée chercher son guide des quatre prochaines saisons, en la personne de Fabrice Courcier. Bernard Loison ne tarit pas d’éloge sur le personnage, à qui il a confié les clés du secteur sportif : « Il a une grosse expérience pour diriger un groupe, il sait manager. D’un tempérament calme, il est très rigide sur les règles, ce qui ne l’empêche pas d’aimer les gens. Lui et moi, on a la même philosophie. »
La première tranche du chantier ouvert cet été passera par une phase de découverte, celle qui doit permettre à Fabrice Courcier d’appréhender un peu mieux le basket féminin, lui qui n’avait jusque-là encadré que des garçons.
En début de semaine dernière, le président Loison a profité de la présentation officielle de l’équipe, dans un des salons du casino amandinois, pour dévoiler les quatre étages de la fusée : « La première saison, ce sera pour voir et pour apprendre ; la deuxième, pour se fixer dans la première partie de tableau ; la troisième et la quatrième pour accrocher l’Europe. »
Il y a presque un paradoxe à constater ce ralentissement du rythme dans un club qui a brûlé les étapes, passant de la N 3 à l’élite du basket français en à peine cinq ans. La maturité peut-être.
Le budget, de 920 000 €, ne bougera pas par rapport à la saison dernière ; il devrait passer à 1 ME dans un an et à 1,5 ME dès lors que l’USAPH visera ouvertement l’Europe.
En attendant de hisser le club au sommet, Fabrice Courcier s’appuiera ces prochains mois sur un groupe qui a, somme toute, peu bougé : Luba Drljaca et Edwina Brown sont parties, remplacées par Clarisse Costaz, Hana Peljto et Mandisa Stevenson. La première s’étant gravement blessée cet été avec l’équipe de France des moins de 20 ans, elle a été « relevée » quasiment sur le champ par l’expérimentée Christelle Mijoule au poste de meneuse. Première avarie de la (re)construction.
S. C.
Photo Bruno FAVA