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La Voix du Nord - 20/07/2007
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PORTRAIT
« Jef » Bédénik : « Je suis tellement heureux de vivre avec des gens vrais »
 «Jef» Bédénik sous le feu de Mickaël Bouly et de Benjamin Psaume: avec balles de tennis et ballons. L’enfer... Le ciel fait grise mine sur la Waroquerie, salement grise mine. Sous le regard admiratif de Matthieu Labbé, qui commence sa rééducation après l’ablation d’un ménisque, Jean-François Bédénik bosse en compagnie de Mickaël Bouly, l’entraîneur des gardiens et de Benjamin Psaume. Le ciel fait grise mine, mais « Jef » rayonne. Comme d’habitude.

PAR PHILIPPE CADART

boulogne@lavoixdunord.fr
PHOTO « LA VOIX »


Ce mec-là, il aurait pu tourner pour "Gib’s" et "Email Diamant" réunis. Le genre de sourire à faire craquer les nanas. Mais ce sont plutôt les attaquants qu’il fait craquer le « Jef ». Arrivé à la trêve la saison dernière, il a glané pas mal de points décisifs dans la course au Graal. Il n’en dira rien : « C’est juste mon boulot d’être décisif sur quelques ballons. » « Jef » rayonne, et pourtant, il « morfle ». Mickaël Bouly a sorti un petit exercice de la boîte à tortures : enchaînements de jets de balles de tennis et de tirs au pied avec ballon. L’ancien gardien du Mans gicle, plonge, souffle, se relève, replonge. Il termine la dernière séance rincé, laminé, fatigué. C’est le prix à payer, il confie : « J’en ai plein les jambes. Mine de rien, ça fait quatre semaines qu’on bosse dure et ça tire dans les cuisses. Maintenant, on va davantage travailler en explosivité. Il faut les deux pour être bien, pour faire ces rares arrêts qui vont te chercher le nul ou te donnent trois points. »



Du pur bonheur

Le faciès est tiré, mais la bonne humeur intacte : « C’est du pur bonheur d’être là à bosser dans ce club, avec ce staff, cet entourage, ce groupe qui vit bien. Quand mon agent m’avait dit que je pouvais avoir un club en National, j’avais demandé " C’est où ?". Quand il m’a dit Boulogne, j’ai dit banco. Il y avait Guigui (Ducatel) et je suis un Ch’ti, je connais les gens d’ici, j’aime la mentalité. Quand je vois comment ce club fonctionne, quand je vois les relations qu’on a avec le président, les dirigeants, quand j’entre dans un stade de National avec près de 6 000 personnes, je me dis que j’ai vraiment bien fait de relever le challenge même à un niveau inférieur. Il y a tout ici pour s’éclater. »


Désormais dans l’antichambre de l’élite, le gardien boulonnais va pouvoir se faire remarquer un peu plus, mais n’en fait pas une fixation, loin s’en faut : « Tu sais, mon père est mort dans mes bras alors que j’avais quatorze ans. Ça change un homme. Je prends la vie comme elle vient. La vie de footballeur est tellement imprévue. On peut se projeter des années en avant et être viré six mois plus tard. Ce serait malhonnête de ma part de dire que je n’aimerais pas rejouer en Ligue 1, parce que c’est vraiment autre chose, mais je suis tellement bien ici, tellement heureux de vivre avec des gens sincères, vrais, honnêtes. On a un bon coup à jouer en Ligue 2. Ce groupe me plaît. Nous ne serons peut-être pas des terreurs, mais ceux qui voudront nous battre devront en ch.... Fais-moi confiance sur ce point. » Pour « Jef », demain sera toujours un autre jour... •
 

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