L'actualité sportive :
du :
 
La Voix des Sports - 30/07/2007
Imprimer l'article
« Je me sens bien à Boulogne, je suis dans un contexte favorable »
Grégory Thil, attaquant de Boulogne-sur-Mer

PHOTO GUY DROLLET Grégory Thil aime jouer au tarot avec ses amis. Il est aussi amateur de belles voitures. Mais sa grande passion demeure le ballon rond. Le recordman de buts en National l’explique au cours de cet entretien. Tout cela dans le but d’être le plus performant et le plus impliqué possible dans ce projet boulonnais qui lui plait tant.

 

– Greg, premier match en Ligue 2 vendredi, premier but… « Mon but ne sert à rien. Je marque, mais je ne suis pas content de mon match, ni de celui de l’équipe. On a carrément été nuls en première période. On s’est fait bouger et puis on n’avait pas de jus. »

 

– Comment expliquer cette fébrilité ?
« Je n’en sais rien, mais une chose est sûre, il va falloir réagir très, très vite. On n’a pas cinq-six matchs pour le faire. C’est dès vendredi à Ajaccio qu’il faut se rebeller. Il faut vite s’aguerrir au niveau et prendre des points. »

 

– La Ligue 2, ce n’est pourtant pas nouveau pour vous… « J’y ai déjà joué avec Beauvais mais je n’ai pas une grosse expérience de la Ligue 2. Et puis, ça évolue tous les ans. Donc c’est nouveau pour moi. Je rentre dans l’inconnu. Le National, c’est déjà dur, c’est anonyme. Il faut s’accrocher mentalement, toujours se remettre en question. La Ligue 2 est plus médiatique et on a des contrats pros. On va jouer dans des stades de Coupe du monde, les matchs sont télévisés. C’est une autre dimension. Il va falloir y rester. Si nous n’avons pas l’esprit de groupe de la saison dernière, nous ne nous en sortirons pas. »

 

– Malgré les propositions, pourquoi êtes-vous resté à Boulogne ?
« Des propositions, je n’en ai pas eu tant que cela comme j’ai fait le choix de prolonger très rapidement jusqu’en 2010. Je me sens bien dans ce groupe et j’avais envie de rendre la confiance des dirigeants. Je croyais dans ce projet. Je n’avais pas fait non plus le fou car je m’étais engagé seulement en cas de montée en Ligue 2. Je me sens bien ici, je suis dans un contexte favorable. »

 

– Et s’il y avait eu une opportunité en Ligue 1 ?
« Elle serait peut-être venue plus facilement si j’étais libre. Mais pour cela, j’aurais été obligé d’attendre toute la saison et peut-être que celle-ci ne se déroule pas pareil. Peut-être que je n’aurais pas été dans un même climat de confiance. En mettant les bases claires dès le début de saison, on sait qu’on tire tous dans le même sens. Forcément si c’est Marseille ou PSG qui t’appelle, tu réfléchis différemment mais ça ne s’est pas présenté. Mon objectif premier, c’était de rester à Boulogne. »

 

– Vous n’avez donc aucun regret ?
« Non et puis ce n’est pas maintenant qu’il faut regretter. Et même s’il y avait eu une possibilité en Ligue 1, ce n’est pas dit que je serais parti. Avant tout, je décide. Et puis, j’ai 27 ans, tout peut aller vite en football. Regardez Valenciennes, il est monté de National en Ligue 1, et Savidan, il a réussi une superbe saison. Parfois, il ne faut pas griller les étapes. On est très fier d’avoir ramené le statut pro à Boulogne. »

 

– Tout a été dit sur vos 31 buts de la saison dernière. Vous êtes vous fixé un objectif pour cette saison ?
« Ça ne fonctionne pas comme cela. C’est très compliqué et là, je pars dans l’inconnu. Déjà la saison dernière, je ne m’étais pas fixé d’objectif chiffré en début de saison. Je suis attaquant et mon objectif est de ramener des points avec Boulogne en marquant des buts. Si je marque, je me fixerai peut-être un objectif dans quelques mois. Il faut attendre de te jauger et de sentir la compétition. L’important c’est que l’équipe gagne. Si on gagne 3-0 avec des buts de défenseur, ça ne me dérange pas. Bon, si ça arrive trois fois de suite, je vais faire un peu la gueule mais parce que c’est mon tempérament…  » « Arnaud Dos Santos m’avait dit : "Il faut vivre pour le football et non vivre du football." »

 

- Alors quel est votre objectif personnel ?
« Pour moi, c’est d’être régulier. Marquer trois fois et être absent pendant trois mois, ce n’est pas bon. Le haut niveau, c’est être capable de répéter les performances. Ce qui m’intéresse, c’est de marquer régulièrement. »

 

– Suivez-vous l’actualité du football, hors celle de l’USBCO ?
« Je vis pour le football. Il faut être passionné. Arnaud Dos Santos m’avait dit une phrase qui m’avait marqué : “Il faut vivre pour le football et non vivre du football.” Dès l’instant où tu commences à te laisser aller, tu déclines et tu es moins performant. J’ai besoin d’être concerné, d’être concentré. Dans ma préparation de match, j’aime m’investir. J’appréhende d’ailleurs un peu d’aller en avion, de partir le matin et de revenir le soir.  »

 

– Pour quelle raison ?
« Non, j’aime surtout bien me retrouver à l’hôtel, la veille de match, pour m’imprégner de la situation. Et je ne suis pas le seul. J’aime bien aussi les parties de cartes avec les copains. C’est une ambiance. Là on verra. Si vraiment ça pose problème, on en discutera avec le coach. »

 

– Vous le saurez rapidement avec quatre déplacements lors des six premières journées… « Deux déplacements à l’extérieur d’entrée ce n’est pas un cadeau même si c’est à cause des travaux à la Libé. Deux de suite, c’est beaucoup. Si nous perdons le deuxième match, nous avons déjà le couteau sous la gorge pour le troisième match et c’est Montpellier. On va tout faire pour ne pas rentrer bredouille d’Ajaccio. »

Propos recueillis par Philippe CADART et Olivier FOSSEUX
Photo Guy DROLLET

Nos autres sites :