La quête n’a pas changé. Cinquième et de nouveau européen, l’USDK n’a pas atteint pour autant l’objectif qu’il s’était fixé la saison dernière : se qualifier pour la ligue des champions ou déflorer son palmarès. Il réattaque le championnat, ce soir, avec des ambitions identiques. Mais pas plus de garanties que par le passé.
PAR FRÉDÉRIC SOURICE
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PHOTO JEAN-CHARLES BAYON
S’il est entendu que le papier journal finit toujours par emballer le poisson, il arrive que la date de conservation se prolonge presque dangereusement. Que titrions-nous il y a un an, en présentant l’exercice 2005-2006 ? « Dunkerque, un désir de conquête enfin assouvi » ? Qu’affichait Denis Tristant dans ces mêmes colonnes ? « On veut gagner quelque chose, que ce soit par la coupe ou le championnat. » Son président, Nicolas Bernard, confirmait : « Depuis 2002-2003, on est engagé dans un cycle avec l’objectif de gagner quelque chose. »
Un an après, l’USDK s’est préparée au combat avec les mêmes rêves en tête. Dans un sport collectif, à l’instar du basket ou du rugby, où les trains arrivent souvent à l’heure, Dunkerque est resté à quai. Malgré une troisième place, tout près de Paris, sur le podium des masses salariales en 2004-2005 et 2005-2006. Même si avec un ogre comme Montpellier, avec un temps d’avance en terme de savoir-faire… et de budget, les autres escouades doivent se contenter de la portion congrue. Elle se nomme deuxième place du championnat, sésame pour la ligue des champions. Le maître n’offre guère de coupes, de France ou de la Ligue, à la concurrence.
L’USDK a beau s’être solidement structuré, avoir bichonné sa politique de formation et augmenté progressivement son budget, rien n’y fait. L’an passé, le budget avait touché un point culminant (2,3 M€), vite dépassé par un nouveau sommet (2,6 M€ cette saison).
Alors, pour tutoyer ces hauteurs où l’air raréfié est réservé à une élite, Nicolas Bernard a prévenu. « J’attends des cadres techniques, comme des joueurs qui sont des cadres, qu’ils tracent le chemin, soient les premiers de cordée. Ils se reconnaîtront. »
L’USDK a musclé son staff. Yerime Sylla est venu prêter main forte à Denis Tristant. Sur le papier, Dunkerque n’apparaît pas plus solide, avec moins de solutions au poste d’arrière gauche ou à l’aile droite puisque le jeune Jérémy Darras, malgré un talent et un culot sans nom, fêtera ses 18 ans en 2007.
Le club nordiste et la CUD ont su en revanche verrouiller le départ de Sébastien Bosquet. Et si Patrick Cazal n’est pas trahi par son corps, la recrue de l’été 2005 pourrait être celle de 2006. Le recrutement n’est pas clinquant. Ça ne veut pas dire décevant. Dans les travées de Chambéry ou Montpellier, personne ne connaît Richard Demaret, mais il peut apporter une valeur ajoutée à la santé défensive de l’USDK. Le feu follet Jalel Touati a montré des promesses. Arnaud Siffert a réalisé autant d’arrêts face à Granollers qu’il a distribué de sourires. Il est peut-être là l’espoir. Dans la constitution d’un groupe porté par ce petit supplément d’âme collective qui a fait défaut la saison passée. Sur le strict plan du jeu, la Bosquet-dépendance doit trouver un relais. « En préparation, on a été capables d’apporter du danger à tous les postes, un capital but aussi », affirme Denis Tristant avant d’ajouter : « Montpellier reste archi favori. En revanche, la liste des poursuivants s’agrandit : Chambéry, Dunkerque, Ivry, Nîmes, Tremblay et Crétéil. »
À l’USDK de ressortir d’une liste où la lutte s’annonce féroce. Avec son début de calendrier infernal, on va avoir une première idée de la ponctualité du train nordiste.