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La Voix du Nord - 22/12/2007
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FOOTBALL (LIGUE 1)
Parlons de tout sauf de foot avec… Steve Savidan
 Steve Savidan: «Le restaurant, c’est quelque chose qui me ressemble. » Idole de Nungesser et bête curieuse de la France du foot, Steve Savidan séduit les foules autant qu’il déroute (parfois) les journalistes. Avant de s’envoler pour Nice, il nous a ouvert les portes de son restaurant pour parler de sa vie d’homme.

PROPOS RECUEILLIS PAR SÉBASTIEN CHÉDOZEAU

valenciennes@lavoixdunord.fr
PHOTO DIDIER CRASNAULT


Angers. « C’est la ville de ma famille, ma ville de coeur. Ma femme et moi sommes de là-bas, mon fils Joris aussi. J’y suis resté jusqu’à l’âge de 19 ans, j’y ai tous mes amis. Cette ville, j’y suis né et je l’aime. Elle réunit plein de qualités : elle est proche de la mer et de Paris, on y trouve du bon vin… »



– La douceur angevine, c’est une formule toute faite dans laquelle vous vous reconnaissez ?

« Le climat y est très tempéré. Les gens, là-bas, sont agréables à vivre. Un peu comme dans le Nord mais sans l’accent (rires). »



- Valenciennes. « C’est une ville qui comptera toute ma vie, pour beaucoup de choses. Les gens m’y ont accueilli à bras ouverts ; peut-être aussi parce que j’ai été insistant, que je suis allé au-devant d’eux. C’est dans mon caractère d’aller à la rencontre des autres, et pas seulement dans le milieu du foot. Ceux que je connais, je les ai croisés à l’époque où l’équipe jouait en National ou en Ligue­2. Ils ne me voient pas comme un footballeur de Ligue 1 »

– Y a-t-il encore des gens qui ne vous reconnaissent pas quand ils vous croisent dans la rue ?
« Ils ont tellement l’habitude de me voir en ville ! Je suis toujours resté accessible, si bien qu’ils ne sont pas étonnés de me voir. Je n’ai pas toujours vécu à Valenciennes, mais j’aurais presque la prétention de le dire.»

 

- Famille
« La mienne se plaît énormément à Valenciennes. Mon fils, Joris, y est scolarisé depuis trois ans. Je ne fais pas exception : la famille est pour moi un équilibre, un rempart. C’est aussi elle qui t’aide à ne pas être en marge de la société. Le risque est possible : quand on est footballeur professionnel, il y a beaucoup de tentations, beaucoup d’arrangements possibles »

 

– Le milieu du foot est-il une seconde famille ?
« Oui, mais alors, celle des cousins éloignés (rires) ! On peut y avoir des amis, mais ils sont rares. C’est comme dans le monde du travail : il y a de la jalousie dès lors que certains sont payés ou mieux vus que d’autres »

 

- Restaurant.
« C’est une aventure dans laquelle j’ai eu la chance de pouvoir me lancer. Je suis tombé sur un associé, Arnaud Delahaye, qui sait rester à sa place comme moi à la mienne. Cette opportunité, je me la suis créée à Valenciennes, et pas ailleurs »

 

– Auriez-vous pu investir à la place dans les stations de lavage de voitures ?
« Je ne sais pas. C’est une question d’opportunités. En même temps, le restaurant, c’est quelque chose qui me ressemble. J’aime bien être dehors, prendre l’apéro de temps en temps, faire de bonnes bouffes »

 

- Voiture.
« J’aime ça. J’ai pas mal galéré, aujourd’hui c’est ma façon à moi de me faire plaisir, ça n’a rien de prétentieux. Et puis ce que je fais maintenant, je ne pourrai peut-être pas me le permettre plus tard »

 

– Vous souvenez-vous de votre première voiture ?
« Oui, c’était celle de ma femme, une Austin Metro. Boîte quatre vitesses inversée. J’avais le permis depuis deux mois quand je l’ai “plantée”. Ma belle-mère m’a bien engueulé ce soir-là (rires) ! »

 

- Avenir.
« Le match contre Nice. Et après, les vacances à Angers, en famille. La deuxième partie de saison sera hyper importante. On ne peut pas spéculer sur la suite. Pour l’instant, je suis sous contrat avec VA jusqu’en juin 2010 »

 

– Une fois que vous aurez raccroché les crampons, comment voyez-vous votre vie ?
« Je serai dans le commerce, parce que j’aime être avec les gens. Ou peut-être dans le sport. Voire les deux à la fois. Devenir entraîneur, c’est pas un truc sur lequel je me projette. Ou alors si, pour prendre en main VA, dans deux ans­! (rires) »

 

- Médias.
« Ça fait partie du jeu. Dès lors qu’elles sont constructives, intéressantes, j’accepte les critiques, je les prends de manière positive. À mon sens, il faut être encore plus présent quand ça marche moins bien, parce que les gens se posent plus de questions. Il ne faut pas se cacher»

 

– Comment vivez-vous le battage médiatique fait autour de vous ?
« La saison dernière, j’ai eu un coup de moins bien en mars, après mon quadruplé à Nantes. Là, en accord avec le club, j’ai refusé les sollicitations. On ne voulait plus tellement me parler de football, je me suis protégé par rapport à ça. Il y a eu un emballement de la presse nationale, y compris de celle qui n’avait pas forcément sa place dans un stade »

 

- Idoles.
« Maradona. Pour tout ce qu’il représente par rapport au jeu. Il a fait le lien entre le football à l’ancienne et le football moderne. Pour moi, il est au-dessus de Pelé et Platini. En dehors du foot, je choisirais… Johnny Halliday. C’est un des rares chanteurs que j’aime bien. Il me touche »

 

– Ça fait quel effet d’être à son tour une idole ?
« Il faut faire attention : on a des droits mais aussi des devoirs. C’est quelque chose que je n’arrive pas bien à cerner, à percevoir. Pour moi, rien n’a changé. Une idole, à mes yeux, c’est quelqu’un d’inaccessible. Tu fais un voyage pour aller la voir »

 

- Gourmandise.
« J’aime la bonne bouffe. J’aime me faire plaisir autour d’une bonne table, d’une bonne viande ou d’un bon vin. On peut être gourmand en étant sportif de haut niveau ; c’est l’excès qui tue. »

 

– Au réveillon, vous mangerez quoi ?
« Au réveillon, on sera tous ensemble, avec les Kombouaré, les Pujol, etc. Comme ça, le coach pourra surveiller ce qu’on mange et ce qu’on boit… »

 

- Noël.
« Une très belle période pour les enfants, symbole de rêve et de renouvellement. Avant, quand j’étais enfant, je n’aimais pas Noël. Je suis athée “non commercial”, je n’apprécie pas trop la manière dont tout cela évolue. je préférerais que ce ne soit qu’une fête religieuse. »

 

– Dans votre liste, qu’avez-vous demandé cette année au père Noël ?
« Le maillot de Zidane en finale de la Coupe du Monde 1998. Ou celui que portait Maradona lors de la Coupe du Monde 1986. Ça serait bien, ça… »  •
 

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