La Voix du Nord - 24/01/2008 |
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La réussite a changé de camp. Celle qui souriait à Valenciennes éclaire désormais le visage de Lensois transfigurés, qui ont signé hier leur troisième succès consécutif (1-2) contre une équipe de haut de tableau. Rien n’a été volé, mais la première défaite de la saison à Nungesser est très cruelle pour les joueurs d’Antoine Kombouaré qui ont dominé les débats. Le Racing a su faire le dos rond avant de sortir sa nouvelle efficacité de derrière les fagots.PHOTOS DIDIER CRASNAULT ET PATRICK JAMES
Entre gens du Nord, qui ont plein de choses dans le coeur comme chanta Enrico Macias avant match, on s’est quittés hier bons amis, malgré tout. Côté valenciennois, l’arbitrage de M. Piccirillo n’a pas convaincu tout le monde, car l’expulsion de Rippert (57e) a bien sûr changé le match. Dur à encaisser même s’il n’y a pas scandale. Et « félicitations » quand même aux Sang et Or lâcha Francis Decourrière au moment de raccompagner Gervais Martel… Côté lensois, on eut aussi l’élégance de se la jouer modeste chez le voisin meurtri, pour seulement savourer ces trois points à leur juste valeur : celle qui permet au Racing de prendre un peu d’air au classement.
VA orphelin de Ouaddou…
Les deux équipes vivent en ce moment des situations totalement opposées. Après trois défaites consécutives et neuf buts encaissés en une semaine, VA pratique un football aussi beau qu’inefficace en défense. Il mesure combien il est orphelin de Ouaddou, Chelle et Sanchez, qui lui avaient assuré jusque-là sa solidité. Dans le même temps, Lens a trouvé ou retrouvé trois beaux spécimens, avec Hilton, Belhadj et Sidi Keita, le revenant, pour défendre sereinement, sans paniquer.
On pourrait même y ajouter Monnet-Paquet, qui a fait basculer le match dans le camp lensois en seconde période, provoquant l’expulsion avant d’aller marquer le but vainqueur au bout d’une longue course (1-2, 64e). Sur cette action, la défense valenciennoise fut très naïve, Martinez se faisant lâcher sur le démarrage de cet autre jeune talent sorti d’un placard à La Gaillette. Le duo Papin - Leclercq eut hier la bonne idée de le faire rentrer à la pause à la place du fantôme de Pieroni, pour jouer le contre à fond. Ce duo-là n’a pas fini de nous surprendre… Car si Lens a su s’imposer hier, il le doit en grande partie à son réalisme et à son esprit qui a changé. VA a bien manoeuvré, VA a beaucoup donné, s’est procuré plus d’occasions. Mais au final, Lens n’a pas lâché et a marqué deux nouveaux buts, pour un total de huit en une semaine. Il l’a fait en maîtrisant deux paramètres essentiels pour une équipe jouant à l’extérieur. Le premier but d’Hilton, très chanceux puisque le ballon lui arrive sur la tête presque par hasard, est venu sur coup de pied arrêté. Le second au bout d’un contre. Le compte est bon.
Dans cette histoire, VA n’est donc une fois de plus pas récompensé pour son jeu et ses initiatives. Les joueurs de Kombouaré ont en effet contrôlé la première période. M. Piccirillo oublia d’abord un penalty de Runje sur Savidan (6e). Puis les Valenciennois empilèrent les occasions par Pujol, seul de la tête à six mètres (11e), Savidan (19e, 27e), Sommeil (tête au-dessus, 32e) avant l’ouverture du score sur un coup de génie de Savidan (1-0, 34e). À la pause, Lens aurait dû être mené, mais Hilton, une demi-occasion un but, était passé par là… « L’égalisation nous fait du mal après notre superbe entame », reconnut Kombouaré.
En effet, à la reprise Monnet-Paquet fit ses différences et VA dut lutter à dix contre pour remonter son handicap. Il le fit superbement. Hilton reprit Pujol in extremis (70e), Audel plaça sa tête (78e), Mater sa frappe (79e), Saez reprit au-dessus (87e), Audel tout seul mit sa tête à côté (91e)… Les situations chaudes se multiplièrent mais rien n’y fit. Le Lens revenu à la vie ne laisse plus sa chance passer.















