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La Voix des Sports - 18/02/2008
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Ouaddou : un scandale qui secoue tout le sport français
Metz - Valenciennes

 Frédéric Thiriez a indiqué hier que la Ligue porterait plainte ce matin. Ouverture des journaux télévisés, longs développements sur les radios et dans les journaux : l’affaire Ouaddou a pris hier une dimension nationale à la hauteur de l’émotion suscitée par les événements de Saint-Symphorien.


Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports, et Bernard Laporte, secrétaire d’État chargé des Sports, ont dit leur indignation. «  Les insultes racistes proférées à l’encontre du joueur valenciennois Abdeslam Ouaddou par un supporteur messin (…) sont indignes des valeurs de tolérance prônées par notre pays comme par le mouvement sportif. » Les deux ministres ont rappelé « leur intransigeance vis-à-vis de tels comportements dans le cadre de rencontres sportives. Les procédures disciplinaires et judiciaires engagées feront toute la lumière sur cette affaire et mettront les coupables face à leurs responsabilités. »

Le président de la Ligue Frédéric Thiriez a lui aussi dit sa colère. « Face à des comportements absolument inadmissibles, la seule réponse est la plus extrême fermeté dans la répression. On ne veut plus de ces individus racistes ou violents dans nos stades. Cette volonté est partagée par Jean-Pierre Escalettes, président de la fédération, avec qui je me suis entretenu (hier) matin. La répression est d’abord judiciaire et c’est pour cela que la Ligue a décidé de porter plainte aux côtés du joueur pour injures racistes. La répression est également administrative et nous réclamons une application plus sévère de la loi sur les interdictions de stade. (…) » M. Thiriez est également décidé à demander des comptes aux arbitres. «  Au début de cette saison, des consignes ont été données sur la conduite à tenir en cas d’incidents racistes. Les arbitres ont désormais une plus grande latitude d’action pouvant aller jusqu’à l’arrêt temporaire ou définitif de la rencontre. Cela suppose une appréciation parfois délicate de la situation. J’attends le rapport détaillé (…). La commission de discipline aura dès jeudi tous les éléments pour prendre une décision. J’ai fait passer ce matin à Abdeslam Ouaddou un message de soutien et de solidarité non seulement en tant que président de la Ligue mais aussi en tant qu’homme. »

Dans le même registre, l’UNFP, le syndicat des footballeurs pros, conseille avec ses mots de ne plus fermer les yeux. « Le football est sous le choc alors que s’égrènent des actes toujours plus odieux que l’on ne peut plus considérer comme de simples dérapages devant leur caractère répétitif.
L’exemple de Metz atteste de la gravité d’une situation qui, si le monde du football n’y prenait garde, pourrait demain mettre en péril les fondements même de notre sport et les valeurs qu’il véhicule traditionnellement. L’UNFP, particulièrement choquée par ses dérives, apporte son soutien à Abdeslam Ouaddou, victime d’une bêtise malheureusement ordinaire, et demande à toutes les familles du football de s’unir contre un fléau qui ronge notre sport de l’intérieur.
Interdire les coupables de stade est, sans doute, une des solutions, mais il faut aller au-delà de l’appareil répressif (…). Dix ans à peine après la victoire de la France en Coupe du monde, que reste-t-il du Black, Blanc, Beur et de l’esprit qui a soufflé sur les traces des Desailly, Thuram, Karembeu, Deschamps, Blanc, Zidane et consorts ?
 »

Notons enfin que la LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) a décidé de se porter partie civile aux côtés du joueur et de Metz.
Estimant a priori qu’il ne s’agit que du fait d’une personne isolée, la LICRA juge en revanche sévèrement l’attitude de M. Ledentu, l’arbitre. «  Au minimum, il aurait dû écouter le joueur pour le protéger, voire interrompre provisoirement la partie pour faire expulser le supporteur. »

Photo Bruno FAVA

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