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La Voix du Nord - 19/02/2008
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L’affaire Ouaddou vue du Maroc
 Ouaddou au centre des attentions samedi soir. Depuis dimanche, l’affaire Ouaddou secoue également le Maroc, le pays d’origine du capitaine valenciennois. La température sur place, dans la presse et dans la rue.


Agadir dimanche matin. Le Real Madrid a pris ses quartiers sur la plage, magnifique terrain de jeu. Le maillot madrilène est en tête du hit parade, loin devant le rouge de Manchester United. Pour Valenciennes, il faudra attendre encore un peu… Derrière, enfin, le maillot de la sélection nationale marocaine, plus rare, sans doute en raison d’une Coupe d’Afrique des nations manquée. En grande majorité, les maillots des Lions de l’Atlas portent sur le dos le même nom, « Ouaddou ». Une idole.


Le Maroc a découvert l’affaire des injures racistes de Metz dimanche midi, devant la télé, dans l’émission « France 2 foot ». Dès lors, tout le monde a commencé à en parler et les journaux se sont déchaînés. Choqué de voir son compatriote ainsi poussé à bout, Le Soir s’indignait hier  : « On a touché à notre Abdeslam national ! »

Dans un édito, Le Matin abordait les liaisons dangereuses entre le foot et le racisme, soulignant : « Comble des combles pour les esprits simples, le capitaine a récolté un carton jaune ! » Et notre confrère de citer Jean-Paul Sartre : «  Ce sont les insultes des autres qui nous font. »

Très au fait de l’actualité française, la presse marocaine s’interrogeait aussi hier sur l’attitude du président Sarkozy, établissant un parallèle entre son initiative sur la question de la Shoah à l’école primaire et celle qu’il pourrait prendre contre le racisme.


Dans un hôtel, Youssef, le directeur qui supporte le Hassanih d’Agadir, est meurtri de ce qui est arrivé. « Ouaddou, c’est le pacifisme incarné, une grande maturité, un magnifique ambassadeur du Maroc en France. » Comme beaucoup de monde, il en veut beaucoup à l’arbitre qui n’a pas réagi et a laissé un homme au supplice. Dans un taxi, Mostapha compare quant à lui Ouaddou à Naybet, « la même élégance, la même classe ». Il repense au précédent avec Samuel Eto’o la saison dernière. Il lève des yeux désespérés. « On n’a pas le droit de faire ça. Quelle tristesse… » •  

À AGADIR, DIDIER CRASNAULT

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