La Voix du Nord - 08/03/2008 |
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Quatre points seulement séparent les deux Nordistes au classement, même si VA regarde encore vers le haut quand Lille se bat pour le maintien.
Claude Puel
PHOTO BRUNO FAVA
1. Le style
VA. – À Nungesser, VA n’a pas pour habitude de jouer avec le frein à main. Kombouaré dispose son immuable 4-4-2 en demandant d’oser sans relâche en phase offensive, tout en étant solidaires sur le repli défensif. Les hommes de couloir jouent haut, les centres pleuvent, les attaquants multiplient les appels. Quand le bouillon prend sous la pression du public, VA fait céder l’adversaire. Bilan : 9 victoires, 2 nuls et 2 défaites ; 25 buts marqués contre 7 encaissés.
Lille. – Loin du Stadium, le LOSC est un véritable poison. Le bloc équipe est très costaud, chaque joueur ayant une mission – de replacement ou de pressing – très précise quand l’équipe n’a plus le ballon. Le bilan en 12 matchs : 2 succès, 7 nuls et seulement 3 défaites. Reste maintenant à aller chercher davantage de points : « Si on peut monter le bloc de cinq-dix mètres, on le fera », a prévenu Mavuba.
2. La dynamique
VA. – Le nul obtenu à Monaco samedi (0-0) permet de redresser un bilan 2008 très insuffisant (2 victoires et 1 nul, contre 5 défaites). Ce sont les deux échecs à domicile contre Lens (1-2) et Le Mans (1-2), mais aussi les incidents à la rubrique des faits divers (Metz et Le Mans) qui ont marqué le coup d’arrêt. VA a souffert de grands trous dans l’effectif. Le retour d’un groupe plus étoffé a ramené l’optimisme.
Lille. – En 2008, Lille était invaincu jusqu’à ce fameux match au Stade de France, la semaine passée, face à Lyon (0-1) ?
L’adversaire, le contexte et les absences (Rami, Plestan, Makoun, Obraniak) peuvent l’expliquer. Avant, les Lillois restaient sur deux sorties encourageantes, devant Rennes (3-1) et à Bordeaux (0-0).
3. Le vestiaire
VA. – C’est incontestablement le point fort du groupe de Kombouaré. Malgré la baisse des résultats, l’ambiance n’a jamais faibli.
Le coach s’en félicite et se dit même parfois étonné. Les capitaines (Ouaddou, Penneteau, Chelle et Savidan) encadrent des équipiers qui disposent d’un temps de jeu régulier et sont incités à aller de l’avant. Du coup l’effectif suit le coach les yeux fermés.
Lille. – Les joueurs sont unanimes : le vestiaire vit bien. Depuis le début de saison, le discours est resté uni, même si les cadres ont parfois exhorté les plus jeunes à prendre leurs responsabilités. Les récents dérapages de Fauvergue et Mirallas laissent pourtant poindre quelques frustrations dans le contingent des attaquants. La présence de Kluivert pouvait inquiéter : mais s’il n’est certainement pas satisfait de son temps de jeu, le buteur néerlandais n’a, en revanche, jamais cherché à fissurer l’ambiance ni la cohésion du vestiaire.
4. L’homme à suivre
VA. – À Nungesser, Steve Savidan est une terreur. L’attaquant y a inscrit neuf buts, soit son total cette saison, et a planté lors des trois derniers matchs devant la tribune de Fer. Il a ses repères, peut attraper le cadre les yeux fermés et sait faire la différence sur coup franc. À suivre aussi le retour d’Éric Chelle, qui a eu beaucoup d’impact à Monaco.
Lille. – L’Obraniak nouveau est arrivé. Depuis qu’il a été recentré juste derrière l’attaquant, en soutien, l’influence du meneur de jeu lillois a considérablement grandi, avec des buts et des passes décisives, malgré un déchet encore important. Face à Lyon, le LOSC s’est justement trouvé orphelin d’une courroie de transmission. Le retour du numéro 10 devrait davantage asseoir le jeu lillois, ainsi que ses ambitions. À suivre, donc.
5. L’inconnue
VA. – Battu à deux reprises lors de ses quatre derniers matchs à domicile, VA peut-il retrouver sa verve du début de saison ?
Capables de battre n’importe qui, les joueurs de Kombouaré se créent toujours beaucoup d’occasions, mais vont aussi souvent à la faute. Sauront-ils se montrer plus efficaces face à un rival bien organisé comme Lille ?
Lille. – Le derby face à VA en cache un autre. Dès mardi (18 h 45), Lille est attendu à Lens, pour un autre match à forte pression. Comment le LOSC va-t-il gérer ce double rendez-vous en trois jours ? « On ne voit pas plus loin que VA », a assuré Puel, jeudi. Pour ces deux matchs où l’engagement sera total, les Lillois ne pourront pas choisir. Et trouver des réserves insoupçonnées.












