La Voix du Nord - 30/03/2008 |
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VALENCIENNES - LYON
Francis Decourrière : « La vérité vient toujours du terrain »
Francis Decourrière : « La vérité vient toujours du terrain »
En quatre ans de présidence dont deux en L1, Francis Decourrière s’est déjà bâti une solide réputation au sein du football français. Acteur des mondes sportif et politique, il propose ses idées et défend les « petits » dans les stades mais aussi les ministères. Il accueille le géant Lyon avec les honneurs dus à son rang. Sans baisser pavillon.PAR RICHARD GOTTE
sports@lavoixdunord.fr
PHOTO BRUNO FAVA
– Quels ont été les effets de la victoire contre Bordeaux ?
« Pendant toute la semaine, on ne m’a parlé que de ça… Comme tout le monde, ce match m’a comblé. On domine la deuxième équipe française dans un match aux enjeux importants. C’est une immense performance. »
– Pensez-vous possible de refaire le même coup contre Lyon ?
« Possible, j’espère bien… J’aborde ce match avec confiance. Confiance envers le staff, le groupe et ce public qui nous colle à la peau. Il nous faut encore quelques points pour le maintien, pourquoi ne pas les prendre tout de suite ? On ne calcule pas et sur un match tout est possible, même contre Lyon, le futur champion de France. Tout l’intérêt du foot, c’est que la vérité vient toujours du terrain. »
– C’est Lyon, quand même… « Mais c’est un plaisir d’accueillir Lyon ! On va jouer dans un stade à guichets fermés, contre une équipe qui pratique un beau football. On aime ça et j’espère voir du spectacle, que le public va se régaler. On va se battre comme on sait le faire. Après c’est vrai, Lyon c’est 150 M€ de budget, nous 27 M€. C’est donc David contre Goliath. Mais parfois il arrive que David, avec sa fronde, parvienne à terrasser Goliath… »
– Y a-t-il aussi match entre Decourrière et Aulas ?
« Je n’ai rien contre Jean-Michel Aulas. Ce qu’il a réussi pour son club est formidable et je suis supporteur de Lyon en Coupe d’Europe.
Maintenant, on ne doit pas réussir son développement au détriment des autres. »
– C’est toujours la question des droits télé qui vous oppose ?
« Oui, principalement. Je me bats avec mes amis présidents pour une plus juste répartition. Nous sommes nombreux, unis et décidés parce qu’on ne nous laisse pas le choix. Notre combat est juste et nous n’avons rien à perdre. On ne peut pas trouver système plus inique que l’actuel. »
– Selon vous, il faut plus de primes au résultat ?
« C’est ce qui semble le plus indiqué. VA a la quatrième attaque, n’a jamais été sous la dixième place cette saison, a gagné huit matchs en marquant trois buts et n’a pourtant été choisi qu’à cinq reprises pour les droits télé, autant que le dernier. Le manque à gagner se compte en millions d’euros et on voudrait que je reste les bras croisés ? »
– Dénoncez-vous les privilèges d’un « establishment » ?
« Oui en quelque sorte. On fait du sport avec l’incertitude que cela implique. Personne ne mérite d’être protégé ou alors on joue avec des ordinateurs. Ceux qui rêvent d’une ligue fermée se trompent. C’est exactement ce dont ne veulent pas les Français. »
– Le point retiré à Metz dans l’affaire Ouaddou ?
« C’est malheureux. À chaud, j’avais proposé qu’on rejoue devant des enfants. C’était un geste fort, personne n’était perdant. On pouvait dire : “Le foot est plus fort que ça”. Au lieu de ça, on accable Metz et on refuse de voir que VA a subi un préjudice sportif et moral ce soir-là. »
– Ce fut dur à encaisser…
« C’est ainsi, mais nous regardons devant. En ce moment, beaucoup de personnes, notamment des observateurs étrangers, me disent que Valenciennes est vraiment une ville de foot, promise à un bel avenir. Ça me réjouit car mon bonheur de président, c’est d’imaginer le nouveau stade plein de fièvre et de passion. Les travaux commencent bientôt. On y arrive… »














