La Voix du Nord - 03/04/2008 |
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FOOTBALL
Antoine Kombouaré, du ras-le-bol au boycott
Antoine Kombouaré, du ras-le-bol au boycott
Exclu face à Lyon pour la troisième fois en quelques mois, Antoine Kombouaré ne décolère pas. L’entraîneur a expliqué hier son mécontentement face à ce qu’il juge être de la discrimination à son égard. Pour marquer le coup, il ne serrera pas la main des arbitres samedi à Caen.PAR RICHARD GOTTE
sports@lavoixdunord.fr
PHOTO DIDIER CRASNAULT
Lorsqu’il jouait, Antoine Kombouaré était un défenseur viril mais correct. Un seul carton rouge en douze ans de carrière en France. « C’était à Cannes avec le PSG. Je suis en retard et j’ai le mauvais réflexe d’attraper le ballon à deux mains », raconte-t-il encore amusé, geste du gardien de but à l’appui… Ce sourire, l’entraîneur Kombouaré le perd vite quand il évoque ses relations d’aujourd’hui avec une partie du corps arbitral. Hier, le sujet est revenu sur le tapis trois jours après la défaite contre Lyon (1-2).
L’entraîneur a été meurtri par son expulsion dès la onzième minute. Il s’est déjà expliqué sur les faits (La Voix du Nord de mardi) et ne comprend toujours pas cette sanction sans sommation. S’il admet ne pas être exempt de tout reproche, il n’en démord pas sur plusieurs points.
Discrimination
Il considère ne jamais manquer de respect lorsqu’il intervient et reproche le manque de psychologie et d’objectivité de certains arbitres. « J’ai bien revu les images télé. Quand Savidan file vers le but et que Réveillère fait faute derrière, c’est carton rouge, c’est tout. » On sent que ce fait de match rassemble chez lui toutes les frustrations. Une vraie occasion de but est irrégulièrement stoppée. Lyon peut se retrouver à dix dès la septième minute. Et c’est à la suite de cette action que tout dégénère.
L’entraîneur reconnaît qu’il ne pense plus qu’à ça depuis dimanche. « Aujourd’hui je veux montrer mon ras-le-bol. Je n’assisterai pas au protocole à Caen, je ne serrerai pas la main des arbitres. » Il explique qu’il répond ainsi à un précédent boycott, celui des arbitres justement, à l’automne 2006, à la suite des critiques de nombreux entraîneurs de L 1.
Kombouaré estime être victime d’une discrimination et ne supporte plus la façon d’intervenir du quatrième arbitre. « Je ne fais que parler quand je ne suis pas d’accord, en gardant mon calme. On n’a plus le droit de parler, ou quoi ? J’ai horreur qu’on me crie dessus. À ce moment-là, c’est vrai, quand on vient me chercher, j’ai un sale caractère. Quand on me provoque, je ne sais plus m’arrêter. » Conscient que son geste est fort, il assume. « Je dis tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. Je ne sais pas être hypocrite. » Son équipe pourrait-elle être un peu plus pénalisée ? Il dit y avoir pensé mais considère ne pas pouvoir subir un préjudice plus important que celui face à Lyon. « Il faut être “réglo” avec tout le monde et moi je veux pouvoir exercer mon métier pleinement. » Avant de savoir comment son initiative sera appréciée, Kombouaré sera donc à Caen samedi les mains dans les poches et avec du ruban adhésif sur la bouche.
La commission de discipline le concernant n’est prévue que jeudi prochain. « J’ai ma con- science pour moi, des images télé qui montrent que je n’ai jamais été insultant. Après, ils feront ce qu’ils veulent… »














