La Voix du Nord - 13/04/2008 |
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Valenciennes touche au but
Les hommes de Kombouaré ont quasiment assuré le maintien en battant Strasbourg (2-0)
Efficacité, solidarité et générosité. Voilà, en résumé, les vertus qui ont permis hier à VA de battre un Strasbourg bien malheureux, qui s’enfonce inexorablement vers la Ligue 2. Les Nordistes n’ont, quant à eux, pas joué leur meilleur match de l’année, mais ils ont fait le nécessaire devant leur public pour mériter de figurer encore parmi l’élite la saison prochaine. Cette équipe-là a l’envie pour elle et déteste l’ennui. Son maintien sera largement mérité.PAR RICHARD GOTTE
sports@lavoixdunord.fr
PHOTO DIDIER CRASNAULT
Comme sur une belle photo souvenir, les deux hommes du match ont fini sur un clin d’oeil. Steve Savidan, auteur du doublé de la victoire, s’est emparé du micro de la speakerine au coup de sifflet pour chanter les louanges de Willy Grondin. Le gardien valenciennois, qui avait remplacé au pied levé un Penneteau malade, a en effet tout repoussé jusqu’au bout. Il fallait le faire et Savidan a visé juste en le désignant à la ferveur populaire.
Nungesser a adoré finir sur ce sourire. Hier, on a vu la différence entre une équipe sereine, qui a une âme, sait forcer son destin sur sa pelouse, et une autre qui doute et ne parvient plus à échapper à la poisse. À la pause, l’avance de 2-0 pour Valenciennes était, en effet, flatteuse et on aurait tout aussi bien pu se retrouver à 2-2 si Grondin n’avait pas sorti le grand jeu sur une tête de Bah qu’il dévia sur la barre (33e) et une intervention bien dosée dans les pieds de Gameiro (45e). Mais c’est bel et bien VA qui était devant quand M. Bré (blessé) céda sa place à M. Cotrel au retour des vestiaires. Et ça ne pouvait pas non plus être un hasard.
Disposé en losange comme contre Bordeaux, avec Belmadi en meneur de jeu, VA avait démarré le match avec beaucoup de volonté, mais n’avait pas fait tout de suite les bons choix. Face à un Strasbourg bien en place, il avait même dû revoir ses plans en raison de la blessure de son numéro 10, Pujol assurant le soutien de la paire Savidan - Sebo.
Les Alsaciens en avaient profité pour s’installer dans le jeu, sans vraiment mettre le danger. Mais ils avaient souvent le ballon et la triplette Mouloungui - Gameiro - Renteria devait être surveillée comme le lait sur le feu.
VA y allait prudemment, mais il sut furieusement faire mal au moment où l’adversaire relâchait son attention. La lumière vint bien sûr de Savidan, qui se libéra habilement sur un corner de Doumeng pour placer une tête presque sans opposition (1-0, 27e).
Dans ce genre de match crispé, le plus dur pouvait être fait et VA le géra comme tel en acceptant de subir… pour mieux contrer.
À ce petit jeu, Roudet fut monstrueux. Il obtint un penalty (très sévère) au bout d’une course folle qui lui fit passer en revue toute l’Alsace et même un bout de la Lorraine ! Savidan ajouta au spectacle en transformant le penalty en deux temps (2-0, 42e). Et douze buts pour « Savigol » cette saison, tous à Nungesser, bien entendu.
Père peinard
À l’attaque de la seconde période, Strasbourg résista à la résignation, mais ses attaquants montrèrent la même maladresse que celle déplorée ces derniers temps. Les hommes de Furlan jouèrent bien au ballon mais ils manquèrent cruellement d’inspiration dans le dernier geste, tandis que la défense nordiste contrait tout (55e, 69e, 82e).
De son côté, VA géra en père peinard, lançant de bons contres qui eurent toutefois le tort d’être mal finis. Savidan fut un poil « perso » en oubliant de centrer (54e) et Sebo fut trop relax sur sa tentative de lob (65e).
Le public de Nungesser, qui était aux anges, n’en tint pas rigueur et chanta du « Antoine ! » (Kombouaré) à perdre haleine, mais il garda aussi toute sa lucidité pour dire par banderole interposée qu’une saison, ça se joue aussi à l’extérieur. Les équipiers de Ouaddou savent donc déjà qu’ils seront sous surveillance samedi à Rennes. Libres mais attendus.














