La Voix du Nord - 31/08/2007 |
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OSAKA (envoyé spécial). - Vice-champion d’Europe l’année dernière à Göteborg, Romain Mesnil avait été placé, avant le début de ces championnats du monde, par le Directeur technique national Franck Chevallier, dans la catégorie des outsiders qui pouvaient créer de belles surprises. En confirmant ce pronostic et en ramenant une deuxième médaille d’argent à l’équipe de France, l’Albigeois a fait mieux que remplir son contrat.
- Romain, cette première médaille mondiale, c’est fabuleux ?
« Fabuleux, peut-être pas, car ce n’est quand même pas le titre. Mais c’est vrai que pour moi c’est quand même assez exceptionnel. A trente ans, c’est la médaille de la maturité. C’est une belle récompense de mon apprentissage du haut niveau. Il y a des gens qui dès le départ sont des champions dans leur tête.
Ce n’était pas mon cas. J’étais doué pour la perche, j’ai réussi des performances très jeunes, mais pour moi c’était de l’amusement. J’ai vite passé 5,80 m. J’ai pris ensuite quelques claques et je me suis alors mis à travailler.
J’ai égalé le record de France de Galfione à 5,93 m en 1999. J’étais attendu pour les Mondiaux et je me suis planté. En 2003, je suis aussi arrivée très fort aux Mondiaux de Paris, j’ai fait des choix (NDLR : Il avait décidé de commencer à 5,70 m en qualifications), j’ai stressé un peu et ça n’a pas non plus fonctionné. En 2005, j’ai fait les minima juste après les France et je n’ai pas été repêché, ça a été dur à vivre. J’ai alors appris à gérer le niveau avec l’aide de mon entraîneur et d’un psychologue. Et la médaille d’argent obtenue à Göteborg, l’an passé, m’a libéré. »
- Racontez-nous votre concours ?
« Je l’ai plutôt bien géré. Quand j’ai passé 5,86 m, je me sentais bien, aérien. En prenant ma perche, j’ai senti que ça allait passer. Je sais que c’est assez irrationnel, mais ce sont mes sensations, je l’ai ressenti très fort au fond de moi. Hélas, cette sensation n’est plus revenue ensuite.
Mais j’ai décidé de continuer à me bagarrer. En franchissant 5,86 m, je me suis dit voilà une bonne chose de faite. Je me suis reconcentré pour 5,91 m car je sentais qu’il y avait l’or au bout. Je fais de petites erreurs. Sur le deuxième, je le rate à un chouïa. Et c’est la médaille d’or qui s’est échappée. »
- Vous espériez donc mieux ?
« Non je ne suis pas trop déçu car je me dis que ce que j’ai fait est quand même extraordinaire. Avant Göteborg, je faisais souvent des cauchemars où je me voyais échouer en qualification d’un concours.
Mais depuis Göteborg, je n’ai plus jamais fait ce rêve. On me chambre encore avec Paris 2003, mais désormais j’en rigole. Je sais que je peux faire de belles choses et j’aimerais maintenant passer, enfin, les six mètres. La différence entre 5,86 m et 6 m, c’est à la fois énorme et pas grand-chose. Il faut juste sortir le saut parfait. »
Propos recueillis par David DELPORTE















