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La Voix du Nord - 02/09/2007
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Barras doit prendre conscience de ses capacités

Vingt-septième du décathlon après la première épreuve, un 100 m totalement raté (11’’36) puis dix-huitième au soir de la première journée, Romain Barras s’était lancé un défi un peu fou : profiter de sa journée la plus forte, sur le papier, pour entamer une remontée folle et décrocher une place de finaliste.


Un pari pleinement réussi puisque le Calaisien a, finalement, terminé septième, comme il y a deux ans à Helsinki, mais avec un total de points bien plus important (8 262, contre 8 017 à l’époque) : « C’est vrai que ce n’était pas bien engagé, mais avec mon coach, on s’est dit qu’il n’y avait plus rien à perdre et qu’il fallait prendre tous les risques. J’ai donc fait de l’aviron et j’ai sorti les rames pour gagner des places au fur et à mesure », expliqua-t-il, sans se départir de son humour habituel.


L’entame de cette deuxième journée, sur 110 m haies, ne fut pourtant pas beaucoup plus réjouissante. Certes, en 14’’36, il signa le sixième chrono, mais avec un record personnel à 14’’13, il pouvait espérer mieux.


La suite fut heureusement plus joyeuse avec de bons lancers (44,51 m au disque et surtout 65,74 m au javelot), un con- cours de perche honorable (5  m) et, pour finir, un 1 500 m où il n’a rien lâché pour défendre sa place de finaliste.

Trop modeste

L’Allemand Arthur Abele, en embuscade au classement général, devait lui reprendre une petite dizaine de secondes pour le dépasser. Le Calaisien n’en concéda que cinq. Et comme le Cubain Garcia termina à la dérive, c’est, finalement, la septième place qui récompensa ses efforts.


« Faire ce total, à environ trente points de mon record, dans ces conditions, c’est à la fois encourageant et frustrant », confessa-t-il.


« Romain a une grosse qualité dans la vie qui est un défaut sur un stade, c’est qu’il est trop modeste, conclut son entraîneur Jean-Yves Cochand. Il n’a pas conscience de son potentiel. Il est persuadé qu’il ne fait pas partie des meilleurs. Là, c’est la troisième fois de suite qu’il est finaliste, j’espère qu’il va enfin comprendre. » Si le déclic s’opère, une grosse performance sera alors tout à fait envisageable dans un an, aux JO de Pékin. • D. DEL.


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