La Voix du Nord - 10/07/2008 |
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CHAMPIONS DU MONDE, DIX ANS DÉJÀ (2/5)
Bruno Metsu : « La France est vite devenue un bon baromètre »
Et un, et deux, et trois zéro ! Dix ans après, personne n’a oublié ce refrain. Le 12 juillet 1998, les Bleus remportaient la Coupe du monde aux dépens du grand Brésil et la folie s’emparait de tout le pays. Jusqu’à la date anniversaire, samedi, nous revenons, à travers portraits et témoignages, sur ce jour qui a changé le foot français. Aujourd’hui, Bruno Metsu le Dunkerquois raconte ce que cette victoire a changé pour le football français en général, et ses entraîneurs en particulier.
PAR PIERRE DIÉVAL
sports@lavoixdunord.fr
PHOTO JEAN-CHARLES BAYON
Dans un restaurant dunkerquois, au milieu de ses amis et au coeur de ses passions, Bruno Metsu aurait parlé des heures du sujet bleu de 1998. C’était il y a quelques jours… « Le 12 juillet 1998, où étais-je ? Mais, bien sûr, à Valence (il était alors entraîneur en Ligue 2) ! J’avais vu tous les matchs du parcours des Bleus à la télévision. Je me rappelle de cette fameuse épopée comme si j’y étais. Tout le monde a vibré. C’était génial. Avec des copains, on a fêté ça en buvant un coup et en refaisant l’histoire. C’était tellement beau et ça venait de tellement loin ! »
Dynamique
« La victoire française en Coupe du monde a créé une vraie dynamique. Moi qui, très vite, me suis retrouvé à l’étranger après cette aventure, j’ai pu alors mesurer le degré de crédibilité de la France du football. Il fallait s’appuyer sur le système français, avoir un entraîneur français, acheter des joueurs français. Ce fut réellement un grand boom !
Aujourd’hui encore, je constate que l’effet de mode n’a pas vieilli. De nombreux entraîneurs français travaillent dans les pays du golfe Persique. Derrière moi, ils furent des dizaines à franchir le pas. Certains ont même exercé dans les équipes nationales de jeunes, signe évident de la volonté de ces pays d’investir sur le long terme.
Comme l’argent n’est pas un problème dans cette région du monde, il a été facile de recruter. La France est vite devenue un bon baromètre. » Bruno Metsu ne réfute pas la thèse selon laquelle le succès français en 1998 a pu, indirectement, favoriser son épanouissement ultérieur. Au Sénégal, par exemple, où son impact personnel, comme Aimé Jacquet précédemment avec les Bleus, fut énorme lors du Mondial 2002. « Il est clair que cette aventure a boosté ma carrière. Et, quelque part, je le dois sûrement à la France, à cette montée en puissance du phénomène français.
J’en parlais récemment avec mon adjoint, Dominique Bathenay : le phénomène d’aspiration lié à 1998 a été très sensible ; et même s’il s’est atténué avec le temps, car les gens d’ici regardent évidemment autour d’eux et d’autres pays se sont engagés dans une politique de formation à la française, la France et son football demeurent bien placés.
Ce qu’il y a de drôle dans l’histoire, c’est que la France n’avait pas attendu 1998 pour travailler intelligemment. À ce propos, je me demande d’ailleurs si ce n’était pas mieux avant. Nos clubs, travaillent-ils toujours autant ? En tout cas, d’autres nations se sont mises au travail et elles en récoltent les fruits. Attention ! »
> Bruno Metsu est né le 28 janvier 1954 à Coudekerque-Branche. Après une carrière de joueur en France (à Valenciennes et Lille notamment), il devint entraîneur (encore dans les deux clubs cités). Puis, il rejoignit le Sénégal avec lequel il alla jusqu’en quarts de finale de la Coupe du monde 2002 (battu par la Turquie) avec au passage, une victoire symbole contre la France (1-0). Il entraîna, plus tard, les clubs d’El-Ayn, Al-Gharrafa Doha et Al-Ittihad Djeddah avant de devenir entraîneur de la sélection des Émirats arabes unis qu’il va essayer de qualifier pour la Coupe du monde 2010.













