La Voix du Nord - 13/07/2008 |
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CHAMPIONS DU MONDE, DIX ANS DÉJÀ (5/5)
Cette fois, les Bleus n’ont pas gagné mais « Zizou » était toujours là
Une vraie et belle émotion a inondé, hier soir, le Stade de France, dix ans après la victoire des Bleus en Coupe du monde. « Zizou », « Mémé » et les autres étaient là pour magnifier le symbole devant quatre-vingt mille spectateurs émus. Le temps passe mais le coup de folie attise toujours les passions.
À SAINT-DENIS, PAR PIERRE DIÉVAL
sports@lavoixdunord.fr
PHOTO AFP
On ne réécrit pas l’histoire mais, parfois, le passé vous rattrape en plein vol. Surtout quand il a la couleur d’un exploit et les parfums d’une communion profonde entre un pays et son football. 12 juillet 1998, 12 juillet 2008… Dix ans plus tard, l’effet Coupe du monde était toujours là, au Stade de France. Dans les regards, dans les passions, dans ces envies exprimées souvent simplement.
On ne le sut qu’ultérieurement, lorsque les secrets n’étaient plus des secrets : sur son petit calepin noir, Aimé Jacquet avait noté tout ce qui, à ses yeux, pouvait faire naître une cohésion, un élan. Des petites choses, des petits détails qui, mis bout à bout, synthétisaient son travail de recherche. « Mémé » scrutait son monde bleu avant que la vague ne monte irrésistiblement. Mais le technicien en manque, alors, de reconnaissance nationale, avait-il songé qu’une décennie plus loin, le stade qui l’avait fait roi, le guiderait vers un humble micro et face encore à quatre-vingt mille personnes. « Il y a dix ans, nous vivions dans l’espoir. Aujourd’hui, nous vivons dans le bonheur. Que la fête commence ! »
« Zizou » encore
La voix cassée par l’émotion, l’emblématique entraîneur des Bleus de 1998 parla vrai. Auparavant, il avait reçu symboliquement cette Coupe du monde chipée, à l’époque, aux maîtres du Brésil. Et comme pour prolonger la magie de ces années passées à observer les retombées heureuses de la victoire française et des trois buts qui l’avaient dessinée, la lumière, si longtemps absente, lança elle aussi un clin d’oeil au passé. Au moment où le messager descendu d’un hélicoptère remettait pour la deuxième fois la Coupe du monde à Aimé Jacquet, un rayon de soleil baignait la tribune Nord, comme en ce jour de 1998, qui avait vu l’équipe de France s’avancer vers son destin. Le stade irradiait de bonheur, « Zizou » était à la baguette, tranquille et affûté, et des saveurs subtiles s’échappaient de l’enceinte.
Les rondeurs naissantes, les courses alourdies, les tirs trop écrasés, les gestes incertains tranchèrent forcément avec la sérénité du grand jour de l’été 1998. Mais qu’importe, au fond. À sa façon, Zidane se chargea de toute façon de gommer certaines différences.
FRANCE 98 - SÉLECTION MONDIALE : 3-3 (0-1).
Arbitre : M. Piccirillo.
– Buts : Zidane (66e), Giuly (90e), Diomède (91e) pour France 98 ; Butragueno (25e), Pauleta (70e), Suker (91e) pour la sélection mondiale.
– FRANCE 98 : Barthez (Lama, 34e ; Charbonnier, 65e) ; Thuram (Candela, 15e ; Keller, 86e), Blanc (Dacourt, 46e), Desailly (Boghossian, 44e ; Pires, 54e), Lizarazu ; Deschamps (cap. ; Diomède, 75e), Karembeu (Lamouchi, 26e), Leboeuf ; Djorkaeff (Trezeguet, 61e), Zidane ; Guivar’ch (Dugarry, 15e ; Giuly, 56e).
Entraîneur : Aimé Jacquet.
– SÉLECTION MONDIALE : Zuberbühler (Casagrande, 46e) ; Couto, Hierro (Jörgensen, 55e), Song ; Karpin (Saïb, 55e ; Boban, 82e), Nakata, Boban (De Boer, 67e), Davids (Litmanen, 46e ; Bouiche, 74e), Le Saux (Karpin, 80e) ; Zola (Van Hooijdonk, 33e ; Pauleta, 63e), Butragueno (Anderson, 33e ; Suker, 63e).
Entraîneurs : Arsène Wenger et Hristo Stoïchkov.













