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La Voix du Nord - 17/01/2008
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 D’un geste venu d’ailleurs, Yohan Demont vient de lancer Sidi Keita et ses équipiers sur les rails d’une victoire qui les fuyait depuis le1e rdécembre à Sochaux.
C’est tellement bon de gagner
COUPE DE LA LIGUE Les Sang et Or, combatifs, créatifs et efficaces, avaient trop envie de noyer leurs déceptions et de se rassurer
En se qualifiant aisément pour les demi-finales de la Coupe de la Ligue – qui les verront croiser Le Mans – les Lensois n’ont pas seulement avancé dans la compétition. La manière employée, leur jeu enfin cohérent, leur joie de vivre retrouvée et leurs trois buts sont autant de ferments dont on n’imagine pas un seul instant qu’ils ne puissent pas avoir des effets favorables sur le cours de la saison. Mais il ne faudra pas rater le train de la Ligue 1.

PAR PIERRE DIÉVAL
sports@lavoixdunord.fr
PHOTOS CHRISTOPHE LEFEBVRE


Il y a des jours où la vie s’écoule avec une infinie douceur, où tout paraît si clair qu’on en vient forcément à maudire les sales périodes de doute souvent annonciatrices de crise et dont l’amplitude fragilise les corps. Entendons-nous bien : pour Lens, la route sera encore longue et rien ne lui sera épargné pour peu que la concentration, indispensable remède antidouleurs, s’évapore encore. Mais, hier soir, les joueurs sang et or ont poussé une porte.


Enfin du jeu !


Quand rien ne va, quand les esprits s’embrument, des mesures d’urgence s’imposent. La victoire que les Lensois sont allés chercher avec leur coeur et leurs idées, sans jamais se dire que leur histoire s’était arrêtée un dimanche poisseux de janvier au Parc des Princes, s’inscrit précisément dans ce cadre-là.
On retiendra au passage qu’en quarante-cinq minutes, Hilton et ses copains avaient fait l’essentiel du chemin, marquant deux fois, jouant de façon tonique et souvent inspirée, et se procurant aussi plein d’occasions annexes. Prodigalité en total décalage avec les bouillies de football antérieures ingurgitées précédemment.
Les supporteurs les plus radicaux qui avaient décidé de ranger pour un temps leurs encouragements durent donc très vite se rendre à l’évidence. Leurs silences, de même que leurs banderoles désabusées (« C’est les soldes, vendez-les tous ! », « Fin de l’ultimatum  ») étaient devenues obsolètes à la mi-temps. Demont, puis Maoulida leur avaient offert, il est vrai, sur un plateau le fruit de leurs saines résolutions.
Daniel Leclercq, lui, était resté en dehors du débat. Point d’annonce bruyante de la part du public. Point de gesticulations autour de sa personne. Le «  Druide » avait sagement observé, savourant le cours des événements avec sa sagesse habituelle. Dans la zone technique, c’est Papin qui avait exprimé sa joie.
« J’ai vu, ce soir, une équipe et un bloc, tout ce que j’attendais depuis longtemps », confia-il. « Crever l’abcès, discuter, c’est bien mais, au final, c’est le terrain qui compte. Or les joueurs ont su réagir. Ils ont couru, mangé le ballon et marqué des buts…  » L’agréable sursaut lensois avait pris corps sous la forme d’un but spectaculaire de Demont. Il fallait oser un retourné en pleine surface. Le défenseur, redevenu milieu piston, osa (1-0, 17e).
Comme Maoulida, d’ailleurs, qui, un peu plus tard et de beaucoup plus loin, s’essaya au lob avec une réussite déroutante (2-0, 44e). Un scénario «  colossal », compte tenu de la situation, que Monterrubio se chargea d’enjoliver par le biais d’un penalty (3-0, 58e).
Le soulagement final fut évidemment à la mesure des secousses essuyées ces derniers jours. Mais, tout en saluant le match de Khiter, celui aussi de Demont, Keita, Bisevac, les dix-huit mille spectateurs avaient aussi envie de clamer leurs exigences : continuez, messieurs !
« L’objectif est de rester en Ligue 1, enchaîna d’ailleurs Jean-Pierre Papin. Si on fait des matchs comme ça, on va prendre des points. J’y crois ! » •
 
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