La Voix du Nord - 26/03/2008 |
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Jean-Pierre Papin raconte ses plus belles finales
Dans sa carrière de joueur, Jean-Pierre Papin a quasiment disputé toutes les finales possibles en compétition de clubs. Le coach du RC Lens a joué une dizaine de grandes finales. Pour nous, il évoque quelques souvenirs marquants.
PAR OLIVIER FOSSEUX ET SÉBASTIEN VARNIER
sports@lavoixdunord.fr
PHOTO SAMI BELLOUMI
La plus belle de toutes : Marseille - Monaco, finale de la Coupe de France 1989 (4-3). – C’est un match qui a marqué les esprits et qui a grandement contribué à bâtir la légende de « JPP », avec la bise à François Mitterrand et les « papinades ». Le « goleador » marseillais signe un « hat-trick » avec notamment deux buts très rapides. L’OM mène largement 4-1 mais Monaco, où évolue un certain Claude Puel, se révolte et vient mourir à 4-3. De l’avis unanime, il s’agit d’une des plus belles finales de l’histoire de la Coupe de France.
– Son avis : « C’est ma préférée parce que ce fut un match extraordinaire avec un rythme fou. Les deux équipes ont joué à fond, avec le désir de remporter cette finale, sans se poser de questions. C’était vraiment une rencontre haut de gamme. Il s’agissait des deux meilleures équipes du championnat et on se retrouvait en finale de Coupe de France, c’est le match que tout le monde attendait à l’époque. Ce soir-là, je crois que je réussissais tout ce que je voulais, c’est la première fois que je vivais un truc pareil. C’est bien d’être une fois dans sa vie l’étoile d’un soir. Jean-Luc Ettori aurait pu être élu meilleur gardien du monde sur cette rencontre, mais il lui a toujours manqué quelques centimètres, comme quoi ça ne se joue pas à grand-chose ! »
La plus difficile : Marseille - Étoile Rouge de Belgrade, finale de Ligue des champions 1991 (0-0, battu aux tirs au but). – Enfin, un club français est en finale de la Ligue des champions. Saint-Étienne a un successeur. En quarts, l’OM a sorti le grand Milan et le Spartak Moscou n’a pas existé en demi-finales. Mais face aux Yougoslaves, l’OM ne joue pas, et les Boban, Savicevic et consorts crucifient Marseille aux tirs au but.
– Son avis : « C’est sans doute le plus gros regret de toute ma carrière. Cette finale, on ne l’a pas jouée. On les a regardés pendant tout le match. On s’est sans doute vu trop beaux, on pensait qu’on était arrivés mais on a oublié de jouer le match le plus important. On était tellement sûrs de nous et on s’est fait piéger comme des débutants. Cela reste une terrible leçon. »
La plus frustrante : Marseille - Milan AC, finale de Ligue des champions 1993 (1-0).
Sacré ballon d’or en décembre, Jean-Pierre Papin porte alors le maillot du Milan AC. La concurrence est plus rude en attaque et « JPP » n’est pas toujours titulaire. C’est du banc de touche qu’il voit son ancien partenaire Basile Boli envoyer l’OM au paradis. Papin entre en jeu pour vingt petites minutes, il sait déjà que Milan ne gagnera pas.
– Son avis : « Celle-là, elle me reste personnellement en travers de la gorge même si j’étais content pour mes amis marseillais. Mais j’aurais bien aimé pouvoir m’investir un peu plus sur cette finale. J’ai débuté sur le banc et Capello me fait entrer à vingt minutes de la fin. Je me souviens lui avoir dit : “Que puis-je faire en vingt minutes contre mes anciens équipiers ?” Je reste persuadé qu’en jouant tout le match, j’aurais vraiment pu faire mal à l’OM. »
La plus sympathique : FC Bruges - Cercles Bruges, finale de la Coupe de Belgique 1986 (3-0). – « JPP » est devenu une idole en Belgique. L’été arrive avec une sélection pour la Coupe du monde et un transfert à Marseille. Le « goleador » marque une dernière fois les esprits de nos voisins belges. Il marque les deux premiers buts de la finale et signe un grand match.
– Son avis : « C’est un bon souvenir, j’inscris deux penaltys. J’étais super heureux. La finale avait lieu à Bruges et non pas à Bruxelles, vu que c’était un derby. C’est aussi mon premier grand trophée. Cela a marqué le jeune joueur que j’étais. »
REPÈRES
Jean-Pierre Papin a joué une dizaine de grandes finales dans sa carrière de joueur.
– À Bruges : vainqueur de la Coupe de Belgique 1986.
– À Marseille : vainqueur de la Coupe de France 1989 ; finaliste de la Ligue des champions 1991 ; finaliste de la Coupe de France 1987 et 1991.
– À Milan : vainqueur de la Ligue des champions 1994 (n’a pas joué la finale) ; finaliste de la Coupe intercontinentale 1993 ; finaliste de la Ligue des champions 1993 ; vainqueur de la Supercoupe d’Italie 1992 ; finaliste de la Coupe d’Italie 1993.
– Au Bayern Munich : vainqueur de la Coupe de l’UEFA 1996.
– À Bordeaux : finaliste de la Coupe de la Ligue 1997 et 1998.














