La Voix des Sports - 27/03/2008 |
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Touché par l’invitation du président Martel, Guillaume «Gus » Warmuz sera évidemment au Stade de France, samedi, derrière Lens, le club de son cœur dont il garda les buts dix ans durant (1992 à décembre 2002). Retour avec l’ancien capitaine, rencontré chez lui en Bourgogne, sur la finale 1999 contre Metz.
- Images
«Il y en a plein. La première, c’est la préparation avant d’aller au Stade de France, on était arrivés deux jours avant à Paris. Et, à la volée comme ça, quand on est sortis avant l’échauffement : le stade était presque rouge et jaune. Là, c’est vraiment quelque chose de fort. »
- La préparation
«On était dans l’hôtel où les Brésiliens avaient été hébergés pour la Coupe du monde. C’est un endroit un peu reculé. On était tout seuls, entre nous. La finale précédente (de coupe de France, perdue contre... Paris 1-2), on était partis le matin même, ça avait été une grossière erreur. Attention, personne n’était responsable. On en avait parlé dans le vestiaire, on avait fait une espèce de vote. Après coup, on a su rectifier le tir. Partir deux jours avant, tout le monde n’était pas d’accord mais c’est ce qu’il fallait. Le fait d’être ensemble, ça voulait dire ’on va vers un objectif commun, cette coupe, on a envie de la soulever". Et en même temps, on avait un peu peur de ne pas la soulever. Le fait de se rapprocher a permis d’exorciser cette "peur", ou cette crainte qu’on avait de se louper. On s’est rassuré les uns les autres. C’est un peu comme un repas de famille. Au début, c’était l’apéro. Certains s’extériorisent plus que d’autres. Et à la fin, quand on tous un peu bu, des choses remontent à la surface. les femmes pleurent un peu, les hommes s’engueulent parfois. Les résultats ne peuvent être bons que si on a bien fait les choses ensemble. Les derniers moments sont très importants.
La préparation de cette deuxième finale a été excellente, les leçons ont été tirées dans le moindre détail. Par exemple quand on est arrivés au Stade de France on était beaux (il fait le geste d’un nœud de cravate : les Lensois étaient en costume, les Messins en survêtement). Les détails, un petit détail, plus un petit autre, font la différence à la fin.
Dans un groupe, quel qu’il soit, si tu dis qu’il n’y a pas de problème, ce n’est pas vrai. Il y en a toujours, il y a des personnalités. Et rien que mathématiquement on est 25, il y en a 11 qui débutent, 5 sur le banc (16 joueurs sur la feuille de match à l’époque ndlr) et les autres en tribunes. Il faut avoir l’occasion d’être une vraie unité sur des choses visibles mais aussi, sans être mystique, invisibles. Sur le terrain, en fermant les yeux, on sait alors qu’à côté de soi, on a untel, devant, untel: on est arrivés en étant une vraie force. »
- Le but de Moreira
«Des buts comme celui-là, je ne suis pas sûr qu’il en ait mis beaucoup ! Quand il marque à l’heure de jeu (56e), je ne suis même pas vraiment content. Je regarde le chrono, je me dis "oh, non ! C’est trop tôt, ça va être intenable. Ça m’a semblé vraiment bizarre. Il restait trente minutes, j’ai eu l’impression de jouer encore 3 heures ! Et puis il y a cette balle en fin de match (une frappe d’Asuar, 89e), côté droit, que je vais chercher au ras des poteaux. Ces deux gestes-là, le but et cet arrêt, qui font basculer la finale, sont le fruit de l’expérience et de la préparation.
L’année d’avant, j’avais pleuré toutes les larmes de mon corps. Je m’étais fait la finale dans la tête en long, en large, en travers. J’avais imaginé tout le scénario sauf ça : n’avoir rien à faire et prendre deux buts. Paris vient deux fois dans notre camp et plante deux buts. J’ai eu le sentiment de n’avoir servi à rien, d’une inutilité absolue.
- La victoire.
«On fait n’importe quoi, on ne sait pas où aller, on se met à genoux, tout le monde arrive... Après on ne sait plus, c’est une joie absolue, intense. On monte et on soulève la Coupe ; rien que ce geste, quand on est joueur, c’est un moment très fort. Ce sont des moments où on touche la plénitude de notre métier. C’est un sentiment vraiment de fierté et de partage avec tous ces gens. Pendant le match, tu es concentré, tu es dans ton truc, et, là, ça se libère. »
- La fête
«L’année d’avant après la finale de coupe de France, c’était au Lido. On avait perdu et je me souviens du grand Leclercq qui nous avait dit "attention, on joue la semaine prochaine à Auxerre (pour le titre)". Mais j’en avais tellement gros sur la patate que j’ai peu dormi. Avec ma famille, on a refait le monde, ça fait du bien d’évacuer. En 1999, c’était très bien organisé. On est allé au Royal Monceau et ensuite dans une boîte, entièrement réservée, sur la même avenue. Tout le monde était là, nos familles sont rentrées. C’était vraiment une fête magnifique, on s’est bien éclatés. C’est resté simple. Je n’ai pas d’anecdotes particulières. Si, Ismaël ne voulait pas lâcher la coupe : c’était sa coupe, il dansait avec ! Le titre de 1998, on ne l’avait pas assez savouré. On est rentré tout de suite à Lens, le stade a été ouvert à 3 heures du matin. On a tous été un peu submergés, pris de court par l’urgence de la situation et la foule.
En 1999, c’était mieux : on a pu savourer entre nous avant d’aller à Bollaert le lendemain. C’était très important, dans la continuité de ce qu’on avait vécu. Pour Téléfoot, le dimanche, on n’était pas très frais ! Ça a été quatre jours formidables. Il a fait beau pendant 4 jours ! Sur l’euphorie, on a envie que ça ne s’arrête jamais. Mais le dimanche soir, on est fatigués, on n’a qu’une envie : rentrer à la maison. »…














