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La Voix du Nord - 30/03/2008
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AMBIANCE
La vague sang et or n’attendait pourtant que de déferler sur le Stade de France
 À 18h30, des milliers de Sang et Or chantant à tue-tête ont encouragé les jeunes pousses du Racing. La marée des supporteurs lensois est passée par tous les états, fête avant-match, stupeur, espoir, et cette désillusion cruelle, avec le penalty réussi par Mendy dans le temps additionnel.

À SAINT-DENIS, PAR SANDRINE ARRESTIER
sports@lavoixdunord.fr
PHOTO PATRICK DELECROIX

Et d’un coup, le silence. Virage nord sidéré, sifflet coupé par Pauleta (0-1, 19e), les presque trente mille supporteurs lensois accusèrent le coup de longues minutes, à peine revigorés par la frappe de Maoulida enlevée par Landreau (30e). Tout avait pourtant si bien commencé… Trois bonnes heures avant le match, des grappes joyeuses, toutes sang et or, remontaient déjà du périphérique. Infini cortège débarqué des 287 bus, et tellement de voitures particulières, nordistes. « C’était une file interminable », raconte, épaté, Didier Sénac parti du Nord vers 15 heures pour commenter pour Onzeo, la chaîne du Racing. « Il y avait des gens sur les ponts qui agitaient des écharpes, des appels de phare, des klaxons… C’était la transhumance du peuple lensois. »


Pas d’incident

Sans incident particulier, tous passèrent les premiers cordons policiers – avant les contrôles, extrêmement fouillés, de l’entrée – pour arriver aux abords du Stade de France, de bonne heure. Ambiance bon enfant. Fraternisation même, parfois, avec les supporteurs parisiens. « Fred » et Thierry, maquillage bicolore, chapeau, gars de Vitry-en-Artois surpris en pleine discussion avec ceux d’en face. « On est allés de leur côté, on a chanté, dansé avec eux. Ce sont beaucoup de petits groupes, ils sont sympas. Le foot, ce n’est pas la guerre ! » Des « Allez les Biloutes » fusent de partout. « On leur a expliqué la différence avec une biroute… » Allez, on traîne un peu, le temps de croiser Éric Sikora au guichet des accréditations. Ce soir, l’ancien défenseur lensois, pas plus stressé que durant sa carrière, qui souleva le trophée en 1999, consulte pour France Bleu Nord. Avant un coup de fil de Pierre Laigle, autre ancien arrivé aux abords du « SDF  », pronostic : 3-1 pour Lens.
On pénètre dans la cathédrale dyonisienne. Dernier arrêt au pied des tribunes, autour des mini-terrains gonflables. Pour la première fois au Stade de France, Tony, venu de Loos-en-Gohelle, avec son fils Julien, le petit Adrien et Laurent, patiente tranquillement : « On va se balader, prendre un casse-dalle mais pas une fricadelle, ici, ils ne connaissent pas… Et on va leur monter qu’on est le meilleur public de France ! » En effet, à 18 h 30, pour le coup d’envoi du plateau poussins, ils sont déjà des milliers à parer le virage de rouge et jaune. Sur la pelouse, les gamins se la jouent comme des grands poussés par les chants puissants qui montent déjà. Incroyable sensation. Et sous l’oeil de Guillaume Warmuz, écartelé entre le micro de France 3 et le terrain, les deux équipes lensoises s’imposent ! Un signe ? Les pros arrivent à ce moment-là. Comme chez eux.
Le concert de Cali ne fait que monter le volume. Impression saisissante d’un stade presque entièrement sang et or. Les Parisiens attendent leur heure. P… de Pauleta, ailes déployées comme celle du parachutiste qui avait fait atterrir la coupe juste avant le coup d’envoi au terme d’un spectacle enlevé. Assommé, le public lensois retrouve la voix après la mi-temps. Carrière égalise (1-1, 52e). Changement de ton. Suspense insoutenable. Jusqu’à ce dénouement à la fois extraordinaire et terrible. Nouveau silence. Définitif avant un triste retour. •
 
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