La Voix des Sports - 31/03/2008 |
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A peine avait-il quitté le Stade de France où son équipe venait de perdre la finale de la Coupe de la Ligue face au PSG, que Gervais Martel entreprenait une réflexion. Quelle suite donner à cette banderole qui a pollué l’enceinte de Saint-Denis pendant une dizaine de minutes environ après l’égalisation d’Éric Carrière ? « Pédophiles, chômeurs consanguins. Bienvenue chez les Ch’tis », une insulte grave rédigée sur une bande de tissu d’une trentaine de mètres qui allait au milieu de la nuit décider le président lensois à provoquer une conférence de presse hier matin à Bollaert où l’a rejoint Guy Delcourt, le député-maire de Lens. Gervais Martel est apparu blessé sur le double terrain de son amour de la région et de sa passion pour son sport.
– Quel est votre sentiment quelques heures après avoir lu cette banderole ?
« On en a assez ! Voir ce genre de chose dans les stades est insupportable. Certains pays, comme l’Allemagne ou l’Angleterre, sont parvenus à stopper ce phénomène. Mais pas en France. Comment peut-on rentrer avec une telle banderole de 20 ou 25 mètres de long en passant au travers des fouilles ?
»
– Que faire ?
« Après ce qu’il vient de se passer, s’il n’y a pas une décision forte, je ne vois pas comment le football français peut rattraper son retard. Si on veut que ce sport puisse grandir, il faut avancer sur ces choses-là. »
– Mais comment ?
« Avancer ne peut pas se faire qu’avec des mots. Je ne mets pas en cause le PSG mais l’organisation du Stade de France qui s’est montrée pointue sur certains plans et laxiste sur d’autres. Notre région a été décriée depuis tant d’années. Des gens ont donné leur vie mais la région est restée digne.
Nous avons été atterrés, cela a gâché le match. Trente à trente-cinq mille personnes ont effectué le déplacement, parfois en famille et sont nombreux à être écoeurés. Nous allons garder notre cap avec beaucoup de sérénité. »
– Qu’attendez-vous désormais des différentes instances ?
« Une sanction. Les dirigeants du foot français ont vu et mon but n’est pas de pénaliser le PSG en championnat. Ce n’est pas le même contexte qu’a connu Valenciennes avec Metz mais ces insultes touchent la région complète. Il faut se servir des événements négatifs pour prendre les bonnes décisions.
C’est un fléau extrêmement grave et il faut le combattre avec une très grande force. Mon propos en temps que responsable du football est de dire : ça suffit ! Il faut un signe fort et ne pas rester les bras croisés. C’est une question de vie ou de mort pour le football professionnel. Le foot ne peut rien faire tout seul. On ne peut pas rejeter la patate chaude sur X ou Y. Il faut prendre des sanctions extrêmes et dissuasives. Les Anglais ont solutionné ce genre de problème. »
– Pensez-vous comme Guy Delcourt que ce match doit être rejoué ?
« Mon propos n’est pas de faire rejouer le match. Il faut garder bonne mesure mais je suis à côté de Guy et de l’ensemble de la classe politique.
À Paris, il y a des personnes exécrables et aussi des supporteurs choqués. Quant au fait d’aller en justice nous aussi, je vais y réfléchir. Maintenant, il ne faut pas mélanger tout cela avec les problèmes d’arbitrage. Même si Lens avait gagné, j’aurais été tout aussi écoeuré. »














