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La Voix des Sports - 31/03/2008
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Voyage au coeur des supporteurs lensois
Ils étaient partis remplis d'espoirs et le coeur en fête. Le retour fut hélas moisn rose... PHOTO FREDERIC DOUCHET. Il est un peu plus de midi en ce samedi de finale. Les premiers bus investissent le parking du stade Bollaert. Par vagues, les supporteurs lensois pénètrent dans les véhicules. A l’intérieur, deux ambiances. Les plus jeunes se chauffent la voix en interprétant quelques tubes « made in Marek », la tribune mythique de Bollaert. Les autres, plus réservés (où s’économisant pour le match…) consultent La Voix du Nord tentant de dénicher une éventuelle faille dans l’équipe parisienne.
C’est parti. Le bus vrombit. Direction l’autoroute. Le cortège sang et or est en route. « Vindious, avec tous ces bus, il ne doit plus en rester beaucoup dans la région ! », lance un supporteur. Il n’a encore rien vu. Tous ceux qui ont déjà effectué un déplacement à Paris savent que l’ambiance monte d’un cran au niveau du péage de Senlis. Là, ce sont des dizaines de bus qui sont stationnés. Dehors, les supporteurs donnent de la voix. Brandissent écharpes et drapeaux. Entament une chenille. Allument des fumigènes. Bref, partagent leur passion pour le Racing. Leur Racing.
Une heure de défoulement plus tard, retour dans le bus. Escortés par des motards, les Sang et Or font leur entrée dans la banlieue parisienne. « On est des célébrités », rigole un passager. Dans les rues, les badauds écarquillent les yeux. Mais qui sont tous ces gens habillés de la même couleur et qui défilent par centaines ? C’est les ch’tis, biloute !
Vers 16 h 30, les premiers supporteurs patientent, dans la bonne humeur, devant les grilles du Stade de France. Une demi-heure plus tard, les portes s’ouvrent enfin. La fouille est très poussée. Les banderoles sont déployées et vérifiées par les forces de l’ordre (un acte répété dans l’autre virage, côté parisien ?). Le match est dans près de quatre heures mais le virage est déjà copieusement garni. Les victoires des poussins lensois et le concert de Cali permettent au peuple lensois de chauffer l’ambiance.

Regard dans le vide

En face, les Parisiens restent stoïques. L’heure du coup d'envoi approche. Les joueurs pénètrent dans le tunnel. Les écharpes sont tendues pour interpréter la fameuse « Lensoise ». Malheureusement, la sono et surtout le speaker du stade de France couvrent quelque peu la magie de cet hymne.
Durant la première mi-temps, les chants ont du mal à sortir du niveau 0 où se situent les membres du kop. Trente mille Lensois, ce ne sont pas forcément 30 000 supporteurs. Dommage.
Par moments, l’unité parisienne semble prendre le dessus. Heureusement, en seconde mi-temps, le but de Carrière permet de former le lien avec tout le virage. Les chants se font de plus en plus puissants. Les classiques sont repris en choeur jusqu’à cette maudite 93e minute. Certains supporteurs versent quelques larmes. La plupart ont le regard dans le vide. Beaucoup n’attendront pas la remise de la coupe. Trop dur. Il faut faire vite.
Les bus doivent repartir dans une heure. Le chemin pour retrouver son car est silencieux. Tout juste est-il interrompu par quelques provocations parisiennes.
Les trois heures de bus seront longues. Très longues… et en plus, on dort une heure de moins. Maudite soirée.

Benjamin DUBRULLE
 Photo Frédéric DOUCHET

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