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La Voix du Nord - 28/02/2008
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Neuf ans après, Lens retourne au Stade de France
Le Mans - Lens : 4-5
C’est une demi-finale de folie qu’ont remportée les Lensois, hier soir, au Mans (4-5). Dans un match fertile en rebondissements, ils ont acquis leur billet pour la finale de la Coupe de la Ligue à la 117e minute. Quel courage, quelle force mentale. Quel match tout simplement.
AU MANS, PAR OLIVIER FOSSEUX
sports@lavoixdunord.fr
Yohann Pelé et Ronan Le Crom n’ont pas touché beaucoup de ballons au cours de la première période mais ils sont pourtant allés chacun en chercher deux au fond de leurs filets. Après un round d’observation d’une vingtaine de minutes, cette seconde demi-finale de la Coupe de la Ligue s’est soudainement enflammée. Au moment même où les supporteurs manceaux décidaient de donner de la voix. Le but était certes confus dans sa conception mais Gervinho était auteur d’un dernier geste d’une grande précision (1-0, 23e).

Jusque-là, les vingt-deux acteurs s’étaient neutralisés avec deux schémas tactiques identiques, en 4-2-3-1. Côté lensois, Demont retrouvait une place de latéral droit et Adama Coulibaly à ses côtés. Monterrubio faisait son retour sur l’aile gauche. L’animation offensive était confiée à Éric Carrière et Aruna Dindane.

Intensité

Les deux formations montrèrent un visage différent dans les premières minutes. Si les Sang et Or mettaient de l’application dans la construction de leurs actions, ils manquaient d’audace et de solutions lorsqu’ils se rapprochaient de la surface adverse. Le Mans, en revanche, misa sur un jeu plus puissant et plus direct. Une formule qui paya la première. Mais les Nordistes réagirent très vite. Le ciseau acrobatique de Dindane était repoussé de la tête par Basa (30e). Pas le coup franc de Monterrubio, légèrement dévié par De Melo (1-1, 36e).
Cette demi-finale ne connut pas de répit jusqu’au repos. L’intensité monta encore d’un cran quand Rémy répondit à Yebda dans le temps additionnel de la première période (2-2, 45e + 1).
Bref, à la pause, on ne connaissait toujours pas l’adversaire du PSG, le 29 mars prochain. Et il fallait demeurer patient car la soirée allait être riche en rebondissements. Le Mans prenait à la gorge les Lensois (pressing très haut, tête de Matsui au ras de la barre, 48e) mais oubliait de défendre. En dix minutes, Lens profitait des largesses de la défense mancelle et creusait l’écart (2-4, 63e). Les portes du « SDF » s’ouvraient aux Nordistes.
Erreur ! Le Mans eut un incroyable sursaut d’orgueil. En trois minutes, les Sarthois rétablirent la situation (4-4, 66e). Tout bonnement incroyable. Et dans une ambiance de folie, il n’y avait plus de schémas tactiques, de consignes, de calculs. Tout avait volé en éclat sur un terrain devenu un vrai champ de labour.
Un match de Coupe quoi… Et chacun eut sa balle de KO. Une reprise de Hilton fut déviée par Romaric. Sur le corner, Coulibaly arma un boulet de canon qui fit trembler la barre transversale de Pelé (80e). Dans le temps additionnel, Gervinho se présenta devant Le Crom mais tira au-dessus (90e +  1).
Un tel spectacle ne pouvait s’arrêter dans le temps réglementaire et les deux équipes prolongeaient le plaisir de trente minutes. C’était au tour des gardiens de s’illustrer. Pelé repoussa une frappe de Monnet-Paquet qui filait dans la lucarne (97e). Le Crom réalisa aussi un énorme arrêt sur sa ligne (99e). Que manquait-il encore à cette demi-finale pour qu’elle reste gravée dans les mémoires ? Une fin dramatique forcément.
Pour qui ? Pour Le Mans. Car Sidi Keita d’une frappe montrueuse de vingt mètres offrit la victoire aux Lensois (117e). Le 29 mars prochain, Lens sera au Stade de France. Neuf ans après. Fantastique ! •
 
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