La raison l’a emporté. Hors de question de nier la réalité des risques encourus par la petite ville que le Dakar transporte de bivouac en bivouac, ni de discuter la décision des organisateurs dont on sait qu’ils en ont pesé les conséquences, qui touchent aussi leur entreprise.
Mais on ne peut s’empêcher d’être triste. Une pensée pour ces pilotes, semi-privés et amateurs notamment, ces teams montés à la force de la conviction qui, vendredi, ont tout perdu et sont repartis de Lisbonne le coeur en vrac. Le Dakar n’est pas leur bac à sable.
C’est une passion, le rêve d’une vie souvent, hautement exigeant, financièrement comme humainement. La moindre économie et tout le temps de loisir y passent, jusqu’au boulot parfois.
Et oui, cela vaut le coup. Si le Dakar est devenu une énorme machine, avec ses excès, s’éloignant des pistes ouvertes par Thierry Sabine, il porte encore l’aventure. Aller au bout de soi-même, voire plus.
Il faut avoir vu ces motards débarqués hagards au bivouac au coeur de la nuit et s’endormir tout habillés ou repartir après des heures au chevet de leur machine. Il faut avoir vu pros et amateurs se mélanger pour croire que l’Europe quittée, la simplicité des rapports humains réapparaît.
Surtout, il faut avoir vu l’Afrique, ces grappes de gamins, et d’adultes, qui s’agglutinent au passage d’une course que ce continent aime. C’est pour lui l’occasion, rare, de se montrer plein écran sous son jour envoûtant.
Au Sénégal, en Mauritanie, les pertes se chiffrent en millions d’euros. Le déficit d’image est incalculable. Al-Qaida a sans doute dynamité le Dakar. L’Afrique ne s’en réjouit pas.
Sandrine ARRESTIER
Les faits
–Lundi 24 décembre
Assassinat à Aleg dans le sud-est mauritanien de quatre touristes français (un cinquième est blessé) dans une attaque attribuée à des proches de la branche d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (BAQMI, ex-groupe salafiste pour la prédication et le combat, GSPC).
Jeudi 27 décembre
Mercredi 2 janvier– Convocation des dirigeants d’Amaury Sport Organisation (ASO) au ministère des Affaires étrangères pour une réunion de crise.
Jeudi 3 janvier
Vendredi 4 janvier
Samedi 5 janvier