L'actualité sportive :
du :
Les débats de la rédaction




La CAN est-elle du niveau d'un Mondial
ou d'un Euro ?


[21/01/08]


OUI

Du talent à revendre
CLongtemps considérée comme le parent pauvre des grandes compétitions continentales, la Coupe d’Afrique des nations est aujourd’hui respectée, admirée, enviée même sous l’angle par exemple du spectacle, dont elle a fait son label de garantie.
Arrivée sur la scène internationale sur la pointe des pieds et avec pour seuls critères de référence la formidable envie de jouer de ses pensionnaires, ainsi que leur haute compétence technique, la CAN a su essaimer pour non seulement élargir son rayon d’action sur le plan médiatique, mais aussi et surtout s’ouvrir à tous les appétits. Elle n’est plus désormais l’affaire de deux ou trois nations. Quand le Togo et l’Angola écartèrent le Sénégal et le Nigeria des qualifications pour la Coupe du monde 2006, on prit toute la mesure de l’évolution du football africain ; de cette gigantesque lame de fond que l’on avait longtemps pressentie sans jamais croire qu’elle pourrait avoir cette amplitude.
Oui, l’Afrique a grandi et la CAN avec elle. Si elle ne bénéficie pas encore d’un impact comparable à celui d’un Mondial et d’un Euro, compte tenu de sa jeunesse, son influence n’a plus rien d’anodin et dans le domaine de l’émotionnel, les sélections africaines, connues ou pas, ont réussi l’exploit de se hisser quasiment au niveau de leurs grandes rivales européennes ou sud-américaines. Qui pourrait contester le fait que la Côte d’Ivoire ou le Cameroun notamment ont acquis une dimension leur garantissant un statut à part ? Qui pourrait nier que, dans sa globalité, le football africain a bien franchi un cap ? ...

Pierre DIÉVAL
NON
Pas encore assez dense
C’est une évidence : le football africain a fait d’énormes progrès. Ses joueurs s’exportent aujourd’hui dans les plus grands clubs européens et ses stars postulent chaque année au Ballon d’Or. D’ailleurs, sans ses Africains, notre Ligue 1 ne serait-elle pas encore moins spectaculaire et donc encore plus décriée ?
Pour autant, il n’y aura pas que des Drogba, des Eto’o, des Essien ou des Makoun sur les pelouses du Ghana pendant cette Coupe d’Afrique des nations. Ces derniers trouveront, par exemple, face à eux, des amateurs béninois évoluant dans des championnats européens équivalents à la division honneur, voire moins.
C’est à la fois sympa et rafraîchissant, mais un tel (grand) écart reflète aussi le manque de densité dont souffre encore le foot africain. A titre de comparaison, le niveau du prochain Euro sera incontestablement beaucoup plus dense et homogène.
Ce n’est pas sa seule faiblesse. À la rigueur, la tactique, la discipline de jeu, le joueur africain préfère naturellement la liberté, l’insouciance, l’improvisation, le spectacle. On ne va évidemment pas s’en plaindre. Mais ces joueurs ont aussi, très souvent, le gros défaut de leurs qualités, à savoir l’inconstance.
Alors, oui, cette CAN va nous procurer du plaisir dans une ambiance de fête comme seule l’Afrique sait en générer. Alors, oui, cette CAN va nous offrir des gestes, des inspirations et des buts venus d’ailleurs. Mais il faudra aussi accepter l’idée d’assister à une compétition d’un niveau très inégal.

Olivier ROUSIES
LE TEMOIN
PHOTO Stéphane MORTAGNEMakoun : « L’une des CAN les plus relevées »

Jean II Makoun est l’un des six « Nordistes » qui participent à la Coupe d’Afrique des Nations. Le milieu de terrain du LOSC et du Cameroun estime que cette édition 2008 sera « l’une des plus relevées » de l’histoire et affiche des ambitions raisonnables pour les Lions Indomptables.

– Est-il facile de quitter votre club pour plusieurs semaines, alors qu’il est en difficulté ?
« C’était prévu que je dispute la CAN, quelle que soit la situation du LOSC à l’époque de la compétition. Il est vrai que, vu la position de Lille actuellement, ce n’est pas évident de partir tranquille. Tant que la trêve n’était pas arrivée, je n’ai pas pensé à la CAN, on n’en a même pas parlé avec Tony (Sylva). On était concentrés sur notre club. »

– Avec le retour de Samuel Eto’o, le Cameroun est-il le favori ?
« Favori, je ne le pense pas. L’Egypte, championne d’Afrique en titre, a aussi une très bonne équipe. Je pense que notre groupe est très relevé et que toutes les équipes auront leur chance. C’est vrai que le retour de Samuel (Eto’o), qui est aussi un bon ami, va nous faire du bien. On est tous très heureux pour lui qu’il puisse enfin retrouver le terrain. »

– Avec quelle ambition partez-vous ?
« Je pense que c’est l’une des CAN les plus relevées, toutes les équipes vont jouer les matchs à 100 %. Maintenant, on est partis au Ghana avec l’ambition d’aller le plus loin possible, en finale si l’on peut. Sur les terrains de Ligue 1, j’ai croisé pas mal d’Africains et il y a beaucoup de concurrence entre nous. Ça chambre toujours ! Mais une fois sur place, on joue chacun pour notre pays. »

Les précédents débats :
L'annulation du Dakar était-elle la bonne décision
L'affaire Kashechkin menace-t-elle la lutte antidopage?
Le sport français se voit-il trop beau ?
La Coupe UEFA a-t-elle encore une utilité ?
L1 : sept matchs en un mois, est-ce bien raisonnable ?
Les affaires de dopage sont-elle une chance pour le Tour ?
Le RC Lens doit-il garder Daniel Cousin ?
Manaudou est-elle la plus grande dame du sport français ?

Michel Platini aura-t-il le pouvoir de changer les choses ?
Y a-t-il trop d'étrangers en Interclubs de N1A ?
Pour ou contre les paris sportifs ?
Les arbitres ont-ils raison d'être plus sévères ?  
Domenech doit-il encore sélectionner Makelele ?
La Ligue 1 doit-elle réformer son barême de points ?
Mondial 2006 : bon ou mauvais tirage ?
Martina Hingis peut-elle redevenir compétitive au plus haut niveau ?
Quel gardien pour les «Bleus» ?




Repères
Les Africains de L1  
Auxerre : Sammy Traoré (MLI).
Bordeaux : Souleymane Diawara (SEN), Marouane Chamakh (MAR).
Caen : Issam Jemaâ (TUN).
– Le Mans : Gervais Yao Kouassi « Gervinho » (CIV), Ibrahima Camara (GUI), Ndri Romaric (CIV), Stéphane Sessègnon (BEN).
Lens : Aruna Dindane (CIV), Adama Coulibaly (MLI).
Lille : Tony Sylva (SEN), Jean II Makoun (CAM), Souleymane Youla (GUI).
Lyon : Abdelkader Keita (CIV).
Marseille : Mamadou Niang (SEN), Andre Ayew (GHA), Taye Taiwo (NGR), Modeste Mbami (CAM).
Metz : Luis Delgado (ANG), Babacar Gueye (SEN).
Nancy : Mickaël « Bassir » Chrétien, Youssouf Hadji, Moncef Zerka (MAR), Landry Nguémo (CAM).
Nice : Bakary Koné (CIV), Drissa Diakhité, Cédric Kanté (MLI), Onyekachi Apam (NGA), Joseph-Désiré Job (CAM).
Rennes : Stéphane Mbia (CAM), John Mensah (GHA), Achille Rouga (BEN).
Saint-Etienne : Bayal Sall (SEN), Siaka Tiéné (CIV), Pascal Feindouno (GUI).
Sochaux : Guirane Ndaw (SEN), Rabiu Afolabi (NGA).
Strasbourg : Jacob Mulenga (ZAM), Mamadou Bah (GUI).
Toulouse : Silva Dos Santos (TUN), Fodé Mansaré (GUI), Achille Emana (CMR).
Valenciennes : Abdeslam Ouaddou.
– Lorient, Monaco et le PSG n’ont aucun joueur concerné.

Les Africains d’Europe
 Voici la liste des joueurs de la CAN évoluant dans les principaux clubs européens...

Allemagne
– Werder Brême : Boubacar Sanogo (CIV).
– VfB Stuttgart : Arthur Boka (CIV).
– Hambourg SV : Timothée Atouba (CAM), Collin Benjamin (NAM), Mohamed Zidan (EGY).

Angleterre
– Arsenal : Emmanuel Eboué, Kolo Touré (CIV).
– Chelsea : Didier Drogba (CIV), Salomon Kalou (CIV), John Obi Mikel (NGR), Michael Essien (GHA).
– Liverpool : Mohamed « Momo » Sissoko (MLI).
– Newcastle : Obafemi Martins (NGR).
– Portsmouth : Nwankwo Kanu (NGR), John Utaka (NGR), Sulley Ali Muntari (GHA).
– Tottenham : Didier Zokora (CIV).

 Espagne
– FC Barcelone : Samuel Eto’o (CAM), Yaya Touré (CIV).
– FC Séville : Seydou Keita (MLI), Frédéric Kanouté (MLI), Arouna Koné (CIV).
– Real Madrid : Mahamadou Diarra (MLI).  

Italie
– Udinese : Asamoah Gyan (GHA).

Les entraîneurs
Sur 16 sélections, 12 sont dirigées par des entraîneurs non-Africains.

– 7 Français : Gérard Gili (CIV), Claude Le Roy (GHA), Robert Nouzaret (GUI), Jean-François Jodar (MLI), Henri Michel (MAR), Henry Kasperczak (SEN), Roger Lemerre (TUN).

– 3 Allemands : Berti Vogts (NGR), Otto Pfister (CAM), Reinhard Fabisch (BEN).

– 1 Portugais : Luis Goncalves Oliveira (ANG).

– 1 Brésilien : Carlos Alberto Parreira (AFS).