C’est une évidence : le football africain a fait d’énormes progrès. Ses joueurs s’exportent aujourd’hui dans les plus grands clubs européens et ses stars postulent chaque année au Ballon d’Or. D’ailleurs, sans ses Africains, notre Ligue 1 ne serait-elle pas encore moins spectaculaire et donc encore plus décriée ?
Pour autant, il n’y aura pas que des Drogba, des Eto’o, des Essien ou des Makoun sur les pelouses du Ghana pendant cette Coupe d’Afrique des nations. Ces derniers trouveront, par exemple, face à eux, des amateurs béninois évoluant dans des championnats européens équivalents à la division honneur, voire moins.
C’est à la fois sympa et rafraîchissant, mais un tel (grand) écart reflète aussi le manque de densité dont souffre encore le foot africain. A titre de comparaison, le niveau du prochain Euro sera incontestablement beaucoup plus dense et homogène.
Ce n’est pas sa seule faiblesse. À la rigueur, la tactique, la discipline de jeu, le joueur africain préfère naturellement la liberté, l’insouciance, l’improvisation, le spectacle. On ne va évidemment pas s’en plaindre. Mais ces joueurs ont aussi, très souvent, le gros défaut de leurs qualités, à savoir l’inconstance.
Alors, oui, cette CAN va nous procurer du plaisir dans une ambiance de fête comme seule l’Afrique sait en générer. Alors, oui, cette CAN va nous offrir des gestes, des inspirations et des buts venus d’ailleurs. Mais il faudra aussi accepter l’idée d’assister à une compétition d’un niveau très inégal.
Olivier ROUSIES
Les Africains d’Europe
Voici la liste des joueurs de la CAN évoluant dans les principaux clubs européens...
Angleterre
– Tottenham : Didier Zokora (CIV).
Espagne
– FC Barcelone : Samuel Eto’o (CAM), Yaya Touré (CIV).
– FC Séville : Seydou Keita (MLI), Frédéric Kanouté (MLI), Arouna Koné (CIV).
– Real Madrid : Mahamadou Diarra (MLI).
Les entraîneurs
Sur 16 sélections, 12 sont dirigées par des entraîneurs non-Africains.