L'actualité sportive :
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Les débats de la rédaction
Y a-t-il trop d'étrangers en interclubs de N1 A ? |
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Instaurer un quota de Français
L’inflation de joueurs et joueuses étrangers, en l’espace d’une dizaine d’années, a dénaturé ces championnats par équipes. Certes, pour rivaliser avec les clubs parisiens, qui s’accaparent la grande majorité des Français(es), la province a dû aller chercher hors de nos frontières ce qu’elle ne trouvait plus chez nous. Et il faut être honnête : le niveau de ces interclubs y a gagné. Mais cette surenchère est en train de devenir dangereuse pour cette magnifique épreuve et pour les clubs eux-mêmes.
Comment s’identifier encore à une « équipe » composée, au hasard, d’un Tchèque, d’un Italien, d’un Suédois, d’un Espagnol et d’un Serbe, qui arrivent le vendredi soir pour repartir le dimanche matin, avant d’être remplacés par d’autres le week-end suivant ? Quand ils jouent le jeu et ne viennent pas que pour prendre le chèque, passe encore (heureusement, il y en a encore). Mais combien en a-t-on vu ne pas honorer leur contrat, faire faux bond au dernier moment ou « balancer » leur match parce qu’ils n’avaient pas envie d’être là ?
Un joueur étranger ne pourra jamais se sentir aussi concerné qu’un français par un titre de champion de France. Est-ce un hasard si les équipes sacrées sont toujours à très forte coloration française ? Est-ce aussi un hasard s’il y a de moins en moins de monde dans les salles ?
La solution ? S’inspirer, par exemple, du basket qui, tout en laissant la compétition ouverte aux étrangers, a instauré un quota minimum obligatoire de joueurs français dans chaque équipe (2 ou 3 par rencontre par exemple). Quitte à ce que le niveau baisse un peu ! Mais la FFT et les clubs sont-ils prêts à réformer leurs interclubs ?
Olivier ROUSIES
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Non
Ca relève le niveau
Même si l’on peut regretter le manque d’identité régionale ou nationale dans les équipes qui évoluent en interclubs ces dernières années, cette évolution était, de toute façon, inéluctable.
Il n’y a plus, aujourd’hui, en France suffisamment de joueurs et joueuses de bon niveau pour remplir les équipes engagées dans les championnats de N 1A.
Les meilleurs Français ayant quasiment tous été attirés par les chants des sirènes parisiennes, les clubs de province avaient soit la solution de se contenter de recruter des seconds couteaux et donc de risquer la descente, soit d’aller voir hors de nos frontières pour attirer des garçons talentueux et souvent bien moins chers que leurs homologues français, pourtant nettement moins bien classés.
Ceci permet aussi de relever le niveau de la compétition et offre ainsi aux spectateurs l’opportunité de voir de près des garçons qu’ils ne voient généralement qu’à la télévision. Ce fut le cas à Lille ces dernières années avec les Belges Christophe Rochus et Kristof Vliegen, qui figurent parmi les cinquante meilleurs joueurs du monde. Dans d’autres clubs, ce sont les Pavel, Karlovic, Sanguinetti voire Hrbaty, finaliste ce week-end de Bercy, qui sont à l’affiche.
Ces joueurs du Top 100 mondial font quand même davantage rêver les gamins qu’un Français classé au-delà de la 200 e place à l’ATP. Et on peut toujours espérer que ça suscitera des vocations pour étoffer, dans les années à venir, le réservoir de haut niveau tricolore pour les interclubs des années 2020-2030.
David DELPORTE
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| Nos témoins |
Franck Beun (champion de France 2002 avec le TC Lille)
« J’ai toujours pensé qu’une équipe devait garder une identité régionale. Avec des joueurs locaux, à ce niveau-là, ce n’est pas possible, mais avec des joueurs fidèles au club comme l’ont été Julien (Varlet), Thomas (Dupré), Max (Boyé) ou moi-même. C’est important aussi pour les gens de connaître les joueurs. Je le voyais quand ils venaient nous supporter, ils aimaient venir nous parler après les matchs, c’était une motivation pour eux. Aujourd’hui, je ne pense pas que ces gens-là soient encore là.
Cela dit, ce n’est pas facile pour les clubs à partir du moment où deux ou trois d’entre eux monopolisent tous les Français. Peut-être faudrait-il prendre exemple sur la Belgique. Il y a aussi beaucoup d’étrangers, notamment des Français, mais chaque club tient à ce qu’il y ait toujours un ou deux Belges dans son équipe, parfois même formés au club. »
Sarah Pitkowski (ex-présidente de l’association des joueuses françaises)
« Si on veut avoir un championnat de qualité, il faut des joueurs étrangers, sinon les clubs parisiens, qui ont davantage de moyens pour prendre tous les meilleurs Français, domineront la compétition et celle-ci n’aura pas d’intérêt. De toute façon, il n’y a pas assez de joueurs français par rapport au nombre de clubs et au nombre de matchs. Ceux qui peuvent se sentir lésés sont les “négatifs” ou les fin de 1re série, à qui tous ces étrangers prennent la place.
Maintenant, à partir du moment où la réglementation européenne interdit de limiter le nombre d’étrangers, on peut imaginer une loi française pour protéger le nombre de Français au sein des clubs. »
Louis Miroux (président du TC Denain en N1A féminine)
«Si je le pouvais, je serais, bien sûr, le premier à vouloir recruter des Françaises, mais il se pose plusieurs problèmes. Déjà, il n’y a pas assez de Françaises à un bon niveau pour remplir toutes les équipes de N1A. Ensuite, celles qui sont susceptibles de jouer préfèrent signer dans les grands clubs parisiens, qui n’offrent pas forcément plus d’argent, mais des infrastructures de meilleure qualité. Et puis, les filles ne veulent pas trop venir en province.
J’ai lancé un appel auprès de l’association « Pro Elle » pour savoir s’il y avait des Françaises prêtes à rejoindre Denain. Les réponses ont toutes été négatives. Nous sommes donc bien obligés de recruter des étrangères pour nous maintenir au plus haut niveau. »
Thomas Dupré (seul joueur Français du TC Lille)
« Je pense que les choses ont changé avec l’arrivée de certaines personnes dans le tennis français. Je songe notamment à M. Lagardère qui s’est accaparé tous les meilleurs joueurs français. Rennes, qui a des moyens financiers supérieurs au TC Lille, a réussi à en conserver quelques-uns, mais c’est tout. C’est dommage, mais c’est comme ça, il faut l’accepter.
Il y a toujours une bonne ambiance dans l’équipe en interclubs, mais c’est clair que ce n’est plus la même que par le passé. Quand nous avons été champions de France, nous étions avant tout une bonne bande de copains. On se voyait tout le temps la semaine et le week-end. Maintenant, avec des gars dispersés aux quatre coins de l’Europe, c’est beaucoup moins évident. »
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Repères
L’affaire
Le vendredi 15 septembre, deux dirigeants de la société de paris en ligne Bwin, Manfred Bodner et Norbert Teufelberger, ont été interpellés par la police, au centre d’entraînement de l’AS Monaco, situé à La Turbie, alors qu’ils venaient présenter à la presse leur nouveau contrat de parrainage de l’ASM. Les deux hommes ont été placés le lendemain sous mandat d’amener, afin d’être présentés prochainement au juge de Nanterre (Hauts-de-Seine). Bwin a fait savoir depuis son siège autrichien qu’elle allait poursuivre la France « pour atteinte aux droits de l’Homme » et non-respect des traités européens. Le lundi suivant, les deux dirigeants ont été mis en examen pour infraction à la réglementation sur les jeux.
Le contexte
L’affaire Bwin confirme la volonté de sociétés étrangères de prendre une part du gâteau du marché des jeux français. Loto, courses de chevaux, machines à sous, paris sportifs en ligne : en 2005, les Français ont dépensé 18 milliards d’euros dans les 40 000 points de vente de La Française des Jeux, les 9 000 du Pari mutuel urbain (PMU) et les 190 casinos. Ce secteur, entièrement contrôlé par l’Etat, suscite la convoitise de groupes étrangers, qui demandent à la Commission européenne la fin du monopole
des jeux, un système que connaissent la plupart des pays européens, sauf la Grande-Bretagne.
Le cadre européen
« C’est une longue bataille qui s’engage », a souligné le sénateur, François Trucy, qui va publier un rapport sur les jeux. Le Parlement européen, rappelle-t-il, a, jusqu’à présent, exclu les jeux du champ du projet de directive sur la libéralisation des services, dite Bolkestein, même si la Commission européenne devrait épingler le 18 octobre la France, qu’elle soupçonne d’entraver la libre concurrence dans le secteur des jeux. « Le marché français des paris en ligne est plein d’attraits pour des
sociétés britanniques et autrichiennes qui se sont développé à Chypre et à Malte, même si ces sociétés sont dans l’illégalité par rapport au monopole des États. »
Les enjeux
En 2005, la Française des Jeux et le PMU ont engrangé respectivement 68 millions d’euros (sur un chiffre d’affaires de 8,9 milliards d’euros), et 250 millions d’euros (sur un CA de 7,55 milliards) de prises de jeu en ligne. Il y a 500 000 joueurs en ligne potentiels en France. Une étude du cabinet Jupiter Research estime à 3,2 milliards d’euros le chiffre d’affaires des paris sportifs en ligne en Europe en 2005 et prévoit 7,2 milliards en 2009. Ce monopole des jeux, détenu par la FDJ et le PMU (y compris pour les paris sur internet), déplaît aussi à certains casinotiers français. Ainsi, le groupe Partouche, numéro 2 français des casinos, a dénoncé au printemps le monopole de la FDJ.
Milan oui, Werder non
A Lens, on a pu voir, mardi dernier, le Milan AC jouer contre le LOSC avec sur le maillot la pub « bwin ». En revanche, le tribunal de commerce de Brême a interdit au Werder de jouer avec la même pub.
La LFP suspend la pub
Le vendredi 29 septembre, la LFP demande aux clubs de L1 de suspendre jusqu’à nouvel ordre toute forme de publicité pour les paris en ligne afin de ne pas violer la loi sur le monopole. Les clubs prennent acte mais prennent un avocat commun qui ira sûrement plaider le dossier à Bruxelles. A suivre...
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