OUI
La « french » suffisance
Parker, Henry, Pujol, Jauzion… Le moins que l’on puisse écrire, c’est que les équipes de France ne manquent ni de talent, ni de joyaux bruts. Mieux, après des décennies de timidité, notamment en sport collectif, elles se présentent désormais sur les parquets ou les pelouses en position de favori ou d’outsider principal. En réalité, là où, hier, on attendait d’elles l’exploit, on espère désormais l’excellence, et tout de suite. Mais voilà. Assumer un statut est une donnée assez récente dans le sport français. Les Etats-Unis ou la Russie ont, par exemple, l’habitude de truster les médailles lors des grands rendez-vous internationaux, quand les sportifs français ont historiquement préféré cultiver l’art de la surprise ou du coup. Paradoxalement, l’émergence des meilleurs sportifs français (Parker et Diaw en NBA, Pujol à Trévise…) au plus haut niveau international bouleverse la donne, et semble escorter un sentiment nouveau : celui de la suffisance. Les volleyeurs de Blain et les basketteurs de Bergeaud ont, par exemple, échoué bien loin de ce que semblait promettre leur talent et leur niveau de jeu… d’avant la compétition. Les footballeurs de Domenech et les rugbymen de Laporte ont, eux, suffisamment de marge pour rebondir, mais leur manque d’humilité leur a coûté cher face aux Écossais et aux Argentins, deux nations prétendument plus « faibles ». En France, hormis Absalon (VTT), Loeb (rallye) et surtout Manaudou (natation), décomplexée, quels sportifs cumulent performance de très haut niveau et constance ? La mutation des « Bleus » est en cours, mais elle n’est pas aboutie.
Antoine PLACER
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NON
Une vraie place dans le monde
Serions-nousà croiser le fer si les Bleus de Domenech avaient battu l’Écosse comme attendu ? Bien sûr que non. Poser la question ainsi donne même un exemple de ce qu’on appelle mettre la charrue avant les boeufs, version campagnarde du sacro-saint manque d’humilité. « Tais-toi et joue ! » Voilà le rappel utile au bord d’un terrain… Ce péché reconnu, il semble très abusif de considérer le sport français comme un produit surcoté à l’heure où il vit des heures difficiles. En sport de compétition comme en toute autre futilité, la critique est facile pour notre culture latine. La France reste pourtant l’une des nations les plus complètes et les mieux représentées au plus haut niveau. Elle tutoie les sommets dans tous les sports collectifs majeurs, quand l’Angleterre n’existe pas en basket, hand, volley, quand l’Allemagne ne connaît pas le rugby, etc. Le sport français est respecté au niveau individuel grâce à son passé olympique, sa palette ultra large qui va de la voile au judo, de la natation à l’escrime. Il jouit de son prestige historique et de ses créateurs : Coubertin et les Jeux, Jules Rimet et le Mondial de football… Il est apprécié pour son panache, son sens du spectacle (parfois au détriment des résultats…). Certes, on ne peut pas nier, non plus, son esprit cocardier, mais ce chauvinisme semble être une valeur refuge au moins égale à l’étranger. Face à l’information sportive, qui ne cesse de croître (et de susciter des attentes), le sport tricolore est, en fait, engoncé dans une mauvaise série, qui fait débat après la ferveur de 1998. On le sent pourtant capable de vite rebondir, d’allumer d’autres flammes. De faire encore rêver les gens...
Richard GOTTE
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Philippe Blain, sélectionneur de l’équipe de France de volley :
« Il n’y a aucune raison de se présenter devant un adversaire en compétition officielle sans se préparer. Ce sont des équipes de haut niveau. S’il n’y a pas de rage, d’agressivité, on est en dessous. J’entends des discours où on dit qu’il y en a assez des remords. Mais entre le dire et le faire… Quand tout le monde va bien, on peut montrer les biceps. Mais il faut être prêt tous les jours et contre n’importe qui. »
Claude Bergeaud, sélectionneur de l’équipe de France de basket :
« C’est décevant et frustrant de perdre sur un truc comme les lancers francs car c’est le panier le plus facile à marquer. Mais nous on n’y arrive pas. On en rate 11, si on met ne serait-ce que la moitié… Mais il y a aussi d’autres choses qui ont fait qu’on a perdu. Il aurait fallu faire des petits breaks pendant le match, on cale sur la zone et on paye surtout notre énorme indiscipline. On ne peut pas jouer sur le seul talent. On a été motivés mais seulement par instants. Est-ce que c’est parce qu’on gère nos efforts ? Ce serait dommage car ça voudrait dire qu’on gère aussi nos objectifs. »
Raymond Domenech, sélectionneur de l’équipe de France :
« On a fait un bon match, les Écossais aussi. L’Écosse a une belle équipe. On a peut-être cherché la trop bonne solution. Mais on a souvent été contrés. Les Écossais savent se mettre en opposition comme en Italie. C’est une vraie culture, pas chez nous. Mais tout n’est pas négatif pour nous, au contraire. » |
Un été sportif et des « Bleus » sur tous les fronts. Petit bilan et prise de température à onze mois des Jeux de Pékin entre désillusions et sourires.
> TENNIS
– A Wimbledon, les Français brillent en première semaine (Gasquet, Tsonga…), mais se font plus rares ensuite. Une belle embellie pourtant : Marion Bartoli atteint la finale chez les femmes après une demi-finale d’anthologie contre Justine Hénin.
– A l’US Open, les « Bleus » montrent leurs limites. Il y a beaucoup de Tricolores dans le Top 100, mais la jeune génération ne parvient pas à suivre les traces des Nadal ou Djokovic. Le sourire vient de Nathalie Dechy qui gagne le double féminin avec Safina.
> CYCLISME
– Tour de France difficile pour les Français : deux victoires d’étape (Vasseur et Casar) et rien de flamboyant au classement général .
– VTT : Julien Absalon rafle un quatrième titre mondial.
> FOOTBALL
– Tour préliminaire de la Ligue des champions en août : Toulouse est laminé par Liverpool, 5-0 sur l’ensemble des deux matchs. Pour certains, c’est l’écart entre la passionnante Premier League et l’ennuyante Ligue 1…
– L’équipe de France avait pourtant bien mené sa barque dans les éliminatoires de l’Euro 2008. Après un nul intéressant en Italie, elle reçoit l’Écosse le 12 septembre. Une victoire et le ticket pour l’Euro est quasiment dans la poche. La France perd, recule à la 3e place du groupe et se voit dans l’obligation de gagner ses trois prochains matchs pour aller à l’Euro.
> BASKET
– On attendait des « Bleu » à la hauteur de leur réputation en NBA. Mais en Espagne, l’Euro tourne à la rengaine. Brillants aux States, les Français de NBA ne forment pas une équipe sous le maillot bleu. Pas de médailles. Et pas de JO. Ridicule….
> VOLLEY
– En Russie, les « Bleus » rêvaient d’un sacre continental. La déception est énorme. L’Euro est complètement raté. Les Français n’ont jamais été en mesure de se révolter.
> ATHLE
– A Osaka, on avance le chiffre de cinq médailles. Il y en aura deux en argent (Diniz et Mesnil). Le reste n’est qu’une flopée de déceptions et d’athlètes qui ont raté leurs Mondiaux. « Aux JO, on ne prendra plus de touristes », précise-t-on du côté fédéral.
> NATATION
– A l’Open de Paris début août, les « Bleus » tiennent leur rang malgré la fin de saison. Mais les inquiétudes vont vers Laure Manaudou qui quitte son club de Turin avec fracas et se retrouve sans coach. La France doute. Sa plus grande championne, celle qui doit illuminer Pékin, est en danger et à cours d’entraînement. Pékin, c’est demain, mais en onze mois, Laure Manaudou a le temps de refaire son retard.
> ESCRIME
– Sept médailles pour les « Bleus » lors du championnat d’Europe à Gand. Les escrimeurs restent une valeur sûre à la bourse du sport tricolore !
> RUGBY
– La France veut gagner son Mondial, mais se plante au match d’ouverture. Battu par l’Argentine, le XV de France tremble devant la perspective d’un quart de finale face à la Nouvelle-Zélande. Premier chapitre difficile. La suite mènera au fiasco ou à une très belle histoire…
> JUDO
– Comme souvent, le judo fait briller le soleil sur les terres de France. A Rio, la jeune génération montre qu’elle a déjà tout compris. Riner, Emane… L’or mondial tombe et les espoirs les plus fous sont permis pour les Jeux.