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Les débats de la rédaction
Manaudou est-elle la plus grande dame du sport français ? |
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Une palette plus large
L’éternel débat. Longo, Pérec ou Manaudou ? Moi, je vote Manaudou. Longo a eu de nombreux titres et une longévité hallucinante. C’est bien le problème. On peut légitimement se poser la question de l’adversité. Et le fait d’avoir encore gagné à un âge avancé n’a pas aidé son sport, loin de là.
Le vrai match, (même si c’est quand même un peu tordu de comparer l’athlétisme et la natation) il est avec Pérec, car Marie-Jo a trois titres olympiques à son actif contre un seul à Manaudou… qui a plus de titres européens et mondiaux que Pérec, mais les Jeux, on pourrait dire que cela compte double. On peut aussi ajouter les records du monde. Manaudou est en avance. Pérec n’a jamais pu battre celui du 400 de Marita Koch. Il est inabordable, car inhumain. Tout le monde sait comment fonctionnait l’Allemande de l’Est… et le vrai record devrait être celui de… Pérec. Voilà pour les forces en présence.
Soyons clair, autant faire le débat maintenant parce que si Manaudou enflamme Pékin comme Melbourne, le débat n’aura plus lieu d’être. Pourtant, dès à présent, je vote Manaudou. Au premier et au second tour !
Tout simplement parce son éventail de possibilités est plus large. Elle gagne en sprint (200) et en fond (400, 800). Elle gagne en nage libre et en dos.
Elle peut aussi faire du 4 nages. Pérec, c’était 200 et 400 (ce qui est déjà pas mal). Elle s’est essayée un temps sur les haies mais en est vite revenue.
Je l’accorde, l’athlé est un sport bien plus traumatisant que la natation, il y est plus compliqué de varier les plaisirs. Mais si la France a finalement eu peu de sportives de cette dimension, on peut quand même se féliciter d’avoir eu deux championnes aussi gracieuses que jolies et avec un sacré caractère !
Sur ce plan, impossible de les départager….
Sébastien VARNIER
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NON
C'est un peu prématuré
Entendons-nous bien : ce que réalise Laure Manaudou est énorme. Mais c’est un peu tôt pour la qualifier de reine de l’histoire du sport féminin en France.
Certes, elle n’a que 20 ans, sa collection de titres commence à peine. Mais elle peut aussi tout plaquer un jour. C’est à l’aune de sa carrière, quand elle se retirera des bassins, qu’on jugera la trace qu’elle laissera à la postérité.
Aux superlatifs, s’ajoute l’aura du champion. Beaucoup, par exemple, placent Platini devant Zidane. En attendant Manaudou aux JO de Pékin, la référence féminine française se joue plutôt entre Marie-Jo Pérec et Jeannie Longo.
Certes, la fin de carrière de Pérec fut pitoyable (souvenez-vous de sa fuite à Sydney), mais son doublé olympique 200-400 à Atlanta, déjà précédé de l’or sur 400 à Barcelone, parle pour elle, comme ses titres mondiaux.
Longo n’a qu’un titre olympique (Atlanta), mais 13 titres mondiaux, 38 records du monde, 52 titres de championne de France. Son caractère lui a souvent valu de rester dans son coin, voire d’être exclue de l’équipe de France, mais c’est l’un des plus beaux palmarès du sport français.
Evidemment, dans les classements qui fleurissent de nos jours, on a tendance à privilégier l’immédiat, les champions hyper-médiatisés.
Oublié le double doublé des soeurs Goitschel (or et argent chacune, en slalom et en géant, aux JO d’Innsbruck en 1964), plus, pour Marielle, encore de l’or aux JO de Grenoble. Oubliée Micheline Ostermeyer, son doublé à Londres, en 1948 (poids-disque), elle qui fut aussi une brillante concertiste en piano.
Oubliée Suzanne Lenglen, ses 171 victoires consécutives en sept ans (six titres à Wimbledon, deux à Roland-Garros et l’or aux JO d’Anvers en 1920).
Faites un sondage en ce moment : Manaudou sera élue plus grande championne française de tous les temps……
Jean-Philippe MAILLIEZ
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| Quelques autres grandes championnes françaises… |
Un « banc » royal
– Félicia Ballanger, trois médailles d’or olympiques sur piste (2 en vitesse, 1 sur 500m).
– Laura Flessel, double championne olympique à Atlanta (épée individuelle et par équipe).
– Pascale Tranchet, double championne olympique à Moscou en fleuret.
– Kiki Caron, qui battit un record du monde (100m dos), à 16 ans, lors de Critériums d’Ile-de-France, et fut une star des années 1960.
– Françoise Durr, vainqueur de Roland-Garros, en 1967.
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Repères
Jeannie Longo
La Française a été plusieurs fois médaillée aux Jeux olympiques : 1 d’or (1996) ; deux d’argent (1992, 1996) ; 1 de bronze (2000). Elle totalise également 13 titres de championne du monde (route, contre la montre et piste) et le record du monde de l’heure.
Marie-José Pérec
C’est la seule athlète française 3 fois championne olympique : en 1992 à Barcelone sur 400 mètres et deux fois à Atlanta en 1996 sur 400 mètres et 200 mètres. Elle est également une des rares à avoir réalisé le doublé aux Jeux Olympiques sur 200 et 400 m, et la seule à avoir remporté deux olympiades de suite le titre sur 400 m. Elle fut championne du monde sur 400 mètres en 1991 et 1995, championne d’Europe sur 400m en 1994 et du relais 4x400 alors, championne d’Europe en salle sur 200m en 1989
Micheline Ostermeyer
1948 : Jeux de Londres. Elle apporte à la France deux médailles d’or et une médaille de bronze dans une discipline où ses compatriotes n’ont pas l’habitude de briller : l’athlétisme. Micheline gagne le disque (41,92m), le poids (13,75m) et se classe 3e du saut en hauteur (1,61m).
Colette Besson
Ce n’est pas la sportive la plus titrée, mais sa victoire sur 400 m aux Jeux de Mexico en 1968 reste un grand moment d’émotion, voire de réconciliation nationale, après les événements de mai 1968. Beaucoup de spécialistes en font d’ailleurs le plus bel exploit du sport féminin français.
Marielle Goitschel
Elle fut championne olympique en 1964 (géant) et 1968 (slalom). Elle remporta également une médaille d’argent en 1964 (slalom). A cela, il faut ajouter 6 titres de championne du monde, 6 victoires en Coupe du monde (plus 3 globes de cristal).
Amélie Mauresmo
Elle a gagné deux titres du grand chelem (Melbourne et Wimbledon) en 2006, plus un Masters. Elle a aussi remporte la Fed Cup en 2003.
Laure Manaudou
Un titre olympique en 2004, puis 3 titres mondiaux en grand bassin et 7 titres européens. Elle détient également deux records du monde (200 et 400 mètres).
Suzanne Lenglen
Elle fut la première à jouer en jupe courte (avec des collants opaques) dans les années 1920. Surtout, elle décrocha 6 titres à Wimbledon et 2 à Roland-Garros (plus 4 avant la création des Internationaux de France, non comptabilisés car disputés entre Françaises)… plus l’or aux JO d’Anvers.
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