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La Voix des Sports - 09/10/2006
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Vers une détection visuelle des tricheurs ?
Détecter d’un coup d’oeil un athlète dopé, sans devoir passer par les analyses de ses urines ou de son sang. Ce qui semble aujourd’hui de la science fiction pourrait prochainement devenir une réalité « made in France ».

« Des éléments de l’anatomie générale pourraient permettre de détecter le dopage, sans devoir passer par l’analyse d’urine ou de sang  », déclarait dernièrement Pierre Bordry, le président de l’Association française de lutte contre le dopage.
« On travaille avec l’Institut national de rechercher agronomique (INRA) qui a fait des recherches sur le dopage des animaux et a découvert que des signes extérieurs permettent de découvrir des éléments du dopage », explique-t-il.

Pierre Bordry révèle la création « d’un conseil scientifique composé de professeurs d’endocrinologie, qui sera ouvert aux experts de l’Agence mondiale antidopage (AMA), où l’on approfondira la recherche pour améliorer les contrôles. Il y a de très nombreuses perspectives intéressantes. » D’ores et déjà, l’AFLD a lancé cette étude poussée avec l’INRA, mais aussi avec la Fédération française de cyclisme, son président Jean Pitallier et son médecin Armand Mégret.

Elle doit permettre de détecter le dopage des êtres humains sans devoir passer par les urines ou le sang. « On espère que l’étude aboutisse positivement. Les vétérinaires le font déjà avec les bovins par exemple, ils regardent si des signes extérieurs particuliers montrent du dopage.
C’est une garantie en matière de sécurité alimentaire. Car certains animaux sont dopés pour grandir plus vite
 », indique Pierre Bordry. « La sécurité sanitaire impose que les vétérinaires sachent reconnaître les bêtes infectées » par des produits dopants.

En attendant l’aboutissement de cette recherche qui a débuté il y a quelques mois, Pierre Bordry se félicite que les tricheurs passent de plus en plus mal entre les mailles du filet, comme le prouve Floyd Landis, le vainqueur du Tour de France, contrôlé positif à la testostérone.

Mais il souhaite obtenir pour son Agence française de lutte contre le dopage davantage de moyens, afin d’augmenter le dépistage sanguin, plus efficace que celui urinaire.

« Je connais les chiffres pour l’année 2005 : sur 10 000 contrôles antidopage, il y a eu seulement 200 contrôles sanguins organisés par le ministère des sports. Cela me paraît insuffisant. »

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