La Voix du Nord - 13/11/2007 |
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La L1 vaut plus de 600 millions d’euros clame la LFP ! Beaucoup trop cher se braque Canal+, client potentiel mais pas à n’importe quel prix. À quelques semaines, voire quelques jours, du lancement de l’appel d’offres pour la période 2008-2012, la renégociation des droits télé est un tournant pour le foot français.PHOTOS AFP
1. Un bilan d’étape. – Que vaut réellement la L1 ? Tout le monde a son avis, entre les pourfendeurs qui envient la Premier League anglaise, ses stars, et les défenseurs de l’identité française qui apprécient de voir éclore de nouveaux talents. La renégociation va donner un état de l’audience du foot dans le pays. Il est de loin le sport numéro un, ce qui ne l’exonère pas d’une critique toute gauloise en raison de notre absence des palmarès européens et de la fuite des meilleurs joueurs. On est donc curieux de voir à combien va se monter la valorisation cette fois. Réponse en fin d’année.
2. Toujours plus. – Le comité de pilotage de la Ligue chargé des droits télé (dont font partie les présidents Thiriez, Aulas,etc.) peaufine la rédaction de l’appel d’offres et le découpage des différents lots proposés. Les clubs ont donné mission de récolter le plus d’argent possible et d’aller au moins au-delà de la manne actuelle, 600 M E par an. Canal+ est actuellement le seul diffuseur, mais la LFP est persuadée que la révolution télévisuelle en cours, avec l’Internet,etc., va faire monter les enchères.
3. Du suspense. – Chacun répondra en secret et le plus offrant emportera la mise à l’ouverture des enveloppes. C’est ainsi qu’il y a trois ans, Canal+ l’avait emporté sur TPS, en mettant d’ailleurs plus que nécessaire (400 ME auraient pu suffire). Canal+ n’a pas oublié non plus que TPS sans le foot avait perdu la guerre après la bataille en se faisant avaler tout cru.
4. La crédibilité de la Ligue. – La Ligue joue sa crédibilité. Le président Thiriez et ses alliés ont usé de tout leur poids pour modifier la loi sur deux paramètres, dans le but de stimuler la concurrence. En faisant passer le bail de trois à quatre ans (contre l’avis de Canal+), on répond à une attente des nouveaux opérateurs qui réclamaient du long terme pour devenir de sérieux candidats. Autre point, l’adoption du nouveau du RIA (règlement intérieur audiovisuel) pour la gestion des droits commercialisés en différé. Désormais, le principe du « clean week-end » sera appliqué et les clubs ne pourront récupérer les images que le dimanche minuit (contre samedi minuit cette saison).
5. L’avenir en jeu. – Du montant des futurs droits dépendra l’avenir du foot français. La L1 est à la traîne, sur l’Angleterre comme tout le monde, mais aussi sur la scène européenne. Les trois fois 600 ME ont permis aux clubs de se structurer tout en répondant aux exigences de la gestion française. Le nouveau magot pourrait permettre de mieux gérer la qualité du championnat.
6. La compétitivité en Europe. – L’explosion outre-Manche a changé tous les repères. Le salaire moyen en Premier League est de 145 000 euros par mois contre 44 000 en L1. Les clubs français sont condamnés à muscler leur masse salariale pour résister aux assauts.
7. Et le foot amateur ? – Spécificité – et fierté – française, l’importance du foot amateur, qu’on peut relier à la formation. Grâce à l’argent de la télé, la Fédération encaisse cette saison 37 M€.
8. Et le consommateur ? – Si le championnat devait être partagé entre différents diffuseurs, le coût ne viendrait-il pas à augmenter pour celui qui ne veut rien manquer de la vie de son équipe ?
9. Et le développement ? – Notoirement sous-équipé, le foot français a engagé un développement de ses infrastructures, si l’on en juge par le nombre de villes et de clubs qui ont en projet la construction d’un stade : Le Mans, Valenciennes, Nice, Lille et Lyon. Ce n’est donc pas le moment de fermer les vannes.
10. L’accueil des petits. – Le système actuel, aussi imparfait soit-il, garantit une certaine homogénéité à la L1 en permettant aux clubs de moindre notoriété de tenir la route. On le constate cette saison, où cinq « petits » pointent dans le haut du tableau : Nancy, Le Mans, Valenciennes, Nice et Strasbourg. Ça ne s’est joué qu’au foot et ça s’oppose aux promoteurs d’une Ligue fermée à l’américaine. Les Français, qui raffolent de la Coupe de France, ne sont pas encore prêts à voir le business prendre le pas sur le sportif, même au prétexte du spectacle.














