La Voix du Nord - 13/11/2007 |
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Jadis, le spectateur qui passait à la billetterie avant match remplissait les caisses. C’est de moins en moins vrai. On peut même dire que les zappeurs ont pris le pouvoir !
Notre infographie éclaire la mutation des recettes des clubs français. En résumé, si l’on traduit le bilan comptable en images de football, c’est plateau télé en pyjama plutôt qu’écharpe et cornet de frites.
En 1970, la part billetterie représentait 81 % des budgets en moyenne parmi l’élite. En 2005-2006, cette part était tombée à un petit 15 %… La principale chute date du début des années 1990, avec un passage sévère de 65 à 30 %, dû, en grande partie, à la montée des parts de la publicité et des droits télé.
La moindre importance des recettes au guichet est également une conséquence du manque d’affluence dans les stades et du déficit d’infrastructures sportives sur le territoire français. Cette saison, la moyenne est actuellement de 21 152 spectateurs en Ligue 1. Elle est de plus de 35 000 en Premier League anglaise, où la part de la billetterie représente 30 % du budget des clubs.
Les prix d’entrée y sont assez terrifiants pour notre porte-monnaie, avec des tarifs moyens de l’ordre de 150 € pour les grands clubs. Ça ne décourage pas le supporteur british. Manchester United joue tous ses matchs à guichets fermés depuis plusieurs années.
Plus de la moitié
L’autre aspect important est donc la hausse continue de la part des droits télé dans le budget des clubs français. De 47 % en 2003-2004, on est passé à 57 % en 2005-2006, première année du pactole Canal+. La barre symbolique des 50 % a été franchie et les clubs ne peuvent plus faire sans cet argent pour résister aux assauts de l’extérieur, dans une économie du football qui suit des taux de croissance à faire pâlir de jalousie un ministre des Finances. R. G.














