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La Voix des Sports - 19/11/2007
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Ils souhaitent entre 700 et 900 millions pour les droits télé

 Francis Decourrière, Gervais Martel et Michel Seydoux pensent que le championnat vaut plus que 600ME.
– Selon vous, combien vaut le championnat de Ligue 1 ?
• Gervais Martel : « Il se situe dans une fourchette comprise entre 700 et 900 millions d’euros. La Ligue 1 vaut ce prix-là, mais cela ne veut pas dire que c’est Canal + qui doit payer la totalité de cette somme, Canal n’est pas tout seul. »
• Michel Seydoux :
« Il vaut cher, car c’est un programme unique, avec beaucoup de suspense, même si comme dans tous les feuilletons, il y a de bons et de moins bons épisodes. Le championnat vaut nettement plus que les 650 millions d’euros versés par Canal +  lors de la dernière année de référence. Notre produit est de qualité, même s’il est aujourd’hui décrié, mais c’est la règle du jeu.
Actuellement, c’est comme si on vivait un avant-match, sauf que ce match-là vaut cher et qu’il est très, très important. »
• Francis Decourrière :
« Je pense qu’il vaut au minimum 750 M €. Ça grimpe partout en Europe, il n’y a pas de raison que ça ne grimpe pas en France. J’ai bon espoir, car Canal + ne peut pas se passer du foot et on s’oriente vers une diversification des opérateurs. On peut par exemple imaginer que des chaînes hertziennes puissent acheter des lots pour permettre au plus grand nombre d’avoir accès à des matchs gratuitement. »

– Pensez-vous être trop dépendant des droits TV ?
• Gervais Martel : « Au RC Lens, les droits représenteront cette année entre 42 et 43 % du budget. Bien sûr que j’aimerais que ce rapport soit moins fort, mais pour que cela soit le cas, il faudrait que nous comblions notre retard sur certains vecteurs de ressources, notamment les recettes les jours de match. On doit prendre exemple sur le championnat allemand. Les stades y sont tous rénovés, l’accueil permet de développer le catering (la restauration pour un grand groupe de personnes).
Un exemple, en un match, le club de Shalke 04 génère 14 M E ; à Lens, cela ne représente que 400 000 E. En France, nous avons aussi un retard à combler concernant les autorisations légales (alcools, paris en ligne), nous sommes privés d’un certain nombre de ressources. »
• Michel Seydoux :
« Oui, nous sommes trop dépendants de cette manne, mais c’est le système français qui en est responsable. Dans les autres grands championnats étrangers, les clubs ont pu développer leurs enceintes qui sont d’excellents moteurs de recette. »
• Francis Decourrière :
« A l’heure actuelle, oui. Dans le cas de Valenciennes, c’est une conséquence de la montée rapide du National en L1, avec les installations les plus vétustes du championnat.
C’est d’ailleurs pourquoi nous attendons avec impatience notre nouveau stade, pour augmenter les recettes de billetterie en accueillant deux fois plus de monde, sans changer la philosophie de notre politique tarifaire accessible à tous. Cela nous permettra aussi de diversifier nos recettes, avec le marketing, le naming, le merchandising, en fait tout ce qui finit en “ing”. Je n’oublie pas la réalité du business, un mot anglais qu’on sait bien mettre en application outre-Manche… »

– Qu’est-ce qu’a apporté l’argent de la télévision ?
• Gervais Martel : « Cet argent a permis aux clubs d’avoir des budgets équilibrés, ce qui n’est pas le cas dans tous les grands pays de football. Regardez donc en Espagne ou en Italie. Il nous a aussi permis de garder des joueurs. On dit que le championnat de France va mal, mais parmi les vingt-deux joueurs retenus pour France - Maroc, huit évoluent dans notre Ligue 1.
L’an dernier, on a battu le record du nombre d’abonnés dans les club (260 000). Sur toute la saison, 8,5 millions de spectateurs sont allés au stade.
A titre de comparaison, la L2 attire 2,5 millions de spectateurs, alors qu’en rugby, le Top 14 a recensé 2 millions de spectateurs.
On critique la L1 pour des raisons qui m’échappent. Sur Canal +, Liverpool - Arsenal a été suivi par 400 000 téléspectateurs, contre 1,2 million pour Lens - Saint-Etienne. Il y a des chiffres qui ne se discutent pas. »
• Michel Seydoux :
« Dans un premier temps, cet argent a permis d’assainir le foot français ; les clubs sont sains et ont pu poser des fondations. Dans un deuxième temps, il doit leur permettre de se développer et de devenir plus compétitifs. »
• Francis Decourrière :
« Cela a aidé VA à arriver là où il en est aujourd’hui. Nous partions de loin, avec un déficit important en National. Dès la L2, ça a permis de conserver nos meilleurs joueurs et d’attirer des renforts.
Au niveau du championnat, il profite différemment, selon les cas. Personnellement, j’estime que l’argent de la télé ne doit pas être utilisé dans des montages financiers qui ne cadrent plus directement avec le foot et son spectacle, quand on s’en sert pour des projets immobiliers par exemple.
Je m’étonne que certains clubs n’investissent pas plus l’argent qu’ils reçoivent sur les joueurs. On ne peut pas déplorer la fuite des talents et ne pas consentir tous les efforts. »

Photo Patrick DELECROIX

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