La Voix du Nord - 04/12/2007 |
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Italie, Pays-Bas, Roumanie au menu : les Bleus vraiment pas gâtés
Quand une question trop insidieuse, concernant Marco Materazzi et les prochaines retrouvailles franco-italiennes sur les aires de jeu suisses, lui fut lancée par un confrère italien, Raymond Domenech tourna les talons, quittant alors précipitamment la conférence de presse d’après-tirage de l’Euro 2008.
À sa façon, c’est-à-dire avec la vigueur d’un ouragan, le sélectionneur national venait de clore une matinée qu’il avait jugée précédemment pas du tout conforme à ce qu’il en attendait.
La France s’était retrouvée il est vrai dans un groupe redoutable et surtout au contact d’un adversaire, l’Italie, dont elle aurait voulu s’affranchir pendant un certain temps après deux aventures communes (la finale de la Coupe du monde et les éliminatoires de l’Euro) jamais exemptes de passions ni de polémiques, quitte à la croiser beaucoup plus tard dans la compétition.
Et c’est bien ça qui chagrinait le plus notre bouillant Raymond qui, d’ailleurs, se refusa (avant la fin prématurée de son intervention) à évoquer le sujet transalpin, martelant sans cesse : « Rien de ce que j’avais espéré n’est arrivé… », comme pour mieux traduire son trouble, voire sa colère rentrée.
Patron boudeur
Au-delà du choc programmé à Zurich, le 17 juin 2008 et dont personne n’imagine un seul instant qu’il puisse être dénué de tensions – l’épisode du trop célèbre coup de tête de Zidane à Berlin, de la provocation de Materazzi qui l’avait motivée, puis des critiques virulentes de Raymond Domenech dans l’affaire d’arbitrage d’un France - Italie espoirs datant de 1999, ayant déjà planté le décor, qu’on le veuille ou non –, il y aura aussi en effet deux gros morceaux à avaler : la Roumanie, d’abord (le 9 juin, à Zurich), les Pays-Bas ensuite (le 13 juin, à Berne). Une opposition XXL dont la France n’avait plus trop l’habitude dans les grands rendez-vous, hormis en 2000 où elle avait eu à se frotter d’entrée au Danemark, à la République tchèque et… aux Pays-Bas.
« Il n’y a pas de calculs ni de commentaires à faire dès l’instant où il faudra aller au bout pour gagner », avait dit en préambule Michel Platini, guidé peut-être par une vieille intuition de compétiteur.
Philosophe aussi, Jean-Pierre Escalettes, le président de la FFF, embraya sur les mêmes bases : « Tout le monde parle logiquement d’un “groupe de la mort”, mais les douze autres équipes qualifiées sont également très motivées. De ce point de vue, il n’est pas si important que cela de jouer contre tel ou tel adversaire. C’est un tirage. Il en résulte ce qui en a résulté… »
Plus ancré dans ses certitudes d’homme de terrain, sensible, comme Domenech, aux éléments basiques de sa mission, Joachim Löw, l’entraîneur allemand, parla pour sa part « d’un groupe dont il sera difficile de sortir », apportant ainsi de l’eau au moulin de son collègue français au front réprobateur et à la mine défaite. « On ne peut pas se réjouir de ce groupe. Mais il faudra bien faire avec… » Il est clair que c’est une France pleinement concentrée sur son sujet, forte dans sa tête et dans ses jambes, que le sélectionneur devra mener au combat en juin, pour espérer accrocher l’une des deux places qualificatives. Car la Roumanie, déjà testée en 1996 en Angleterre, et les Pays-Bas, qui n’ont pas raté une phase finale de grande compétition depuis 1988, allient talents individuels et force collective. Tout ce qu’il faut, en principe, pour tenir le choc…
Le calendrier du groupe C.
– 9 juin, 18 h : Roumanie - FRANCE ; 20 h 45 : Pays-Bas - Italie ; 13 juin, 18 h : Italie - Roumanie ; 20 h 45 : Pays-Bas - FRANCE ; 17 juin, 20 h 45 : FRANCE - Italie, Pays-Bas - Roumanie.














