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La Voix du Nord - 07/06/2007
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Nasri, poisson pilote et buteur
Les Bleus se sont contentés du programme minimum pour battre la Géorgiemais la manière fut quand même au rendez-vous
 Samir Nasri n’en finit plus de s’imposer chez les Bleus. Hier, il a offert à l’équipe de France une victoire importante dans l’optique dela qualification. Une victoire est toujours belle, surtout quand elle s’inscrit dans un vaste dessein. L’équipe de France se devait, pour garder ses distances avec l’Italie et l’Écosse, élèves studieux aussi de l’emporter. Objectif atteint, sur la plus courte des marges. mais qu’importe !

À AUXERRE, PAR PIERRE DIÉVAL
sports@lavoixdunord.fr
PHOTOS AFP

Ce ne fut ni simple, ni limpide. Mais le fait que la France soit une fois encore passée, qu’elle n’ait pas perdu son sang froid dans un affrontement délicat à mener en raison de la présence physique adverse et du peu d’espaces mis à sa disposition, valide l’impression, déjà relevée en Lituanie, puis contre l’Ukraine, que son registre lui permet toujours de bien voyager quels que soient les défis qui l’assaillent. L’histoire retiendra que la victoire française, courte mais tellement révélatrice du bel équilibre des Bleus, fut signée Samir Nasri, auteur en la circonstance de son premier but chez les grands. Nasri, pierre angulaire d’un avenir que l’on imagine doré et fructueux. Nasri, nouveau point d’équilibre d’une France plus que jamais rivée à ses objectifs.


Ribéry - Nasri, le déclic

Qu’attendait-on, au fond, des Français, dans un contexte forcément déséquilibré ? Qu’ils jouent bien sûr et que de leur jeu naissent très vite des décalages payants. Leur ligne de conduite était toute tracée et il n’y avait d’ailleurs pas l’ombre d’un doute concernant leur aptitude à gérer ce programme-là, quand bien même les Géorgiens auraient naturellement l’envie de fermer les écoutilles.
Sur leur dynamique ukrainienne, les Bleus s’étaient donc mis en tête de soigner leur football et d’avancer de façon cohérente dans un match dont ils ne perçurent pourtant les premières lumières qu’à la demi-heure de jeu ; c’est-à-dire au bout d’une période déjà longue, trop longue à leur goût.
Le hasard – qui fait, dit-on, bien les choses – voulut en l’occurrence que le déclic, si important dans une rencontre de ce type, émanât du binôme marseillais Ribéry - Nasri ; en clair d’hommes en forme. Mais il aurait très bien pu être provoqué aussi par Toulalan dont le tir lourd avait frôlé le cadre (16e), par Anelka, auteur d’une tête décroisée (18e) ou par Malouda dont le centre court avait trouvé encore le joueur de Bolton (18 e), tant l’engagement français avait été fort.
Après le but tout en finesse de Nasri (33e), une autre flèche de Ribéry – sur corner cette fois – faillit d’ailleurs offrir à Malouda une balle de «  break » synthétisant toutes les forces d’une équipe sûre d’elle et sûre de son jeu. Imposer une ligne directrice pour ne jamais être en décalage avec ses idées, affirmer sa personnalité sans réserve… Même s’ils n’avaient qu’une longueur d’avance et si leurs belles intentions s’étaient souvent heurtées à l’hermétique système de verrouillage géorgien, les Bleus avaient jusque-là rempli leur mission à la perfection sans jamais déroger aux principes qui les animent : fraîcheur, envie, créativité.

Les Bleus gênés

Encore plus compacte que la défense ukrainienne, la muraille inventée par l’Allemand Toppmöller pour bloquer les Français avait pourtant produit ses effets au plan tactique puisqu’en dépit d’une pression quasi-permanente de l’équipe de France, la Géorgie demeurait virtuellement dans le match. Robuste, intransigeante, rugueuse et à l’affût d’une hypothétique ouverture. Gênés, les Bleus le furent constamment en terre auxerroise mais on ne perçut jamais d’agacement chez eux. Au contraire, ils essayèrent toujours de garder leur cohérence, ce qui aurait pu valoir à Anelka (68e, 75e), puis à Cissé (90e) d’aller au bout de leurs idées. •
 
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