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La Voix du Nord - 09/09/2007
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EURO 2008
Les petits bonheurs d’une France qui a su garder son sang-froid
 Abidal, à l’image de l’équipe de France, intraitable face aux Italiens de Camoranesi. D’un point de vue comptable, il est clair que les Français ont réalisé une bonne affaire, à Milan, en tenant la dragée haute aux Italiens. S’il est validé, mercredi, par une victoire sur l’Écosse, ce point acquis dans la chaleur de San Siro, vaudra à coup sûr de l’or. Équilibre, calme, autorité… Les Bleus s’appuyèrent sur ces armes-là pour mener à bien leur mission. Dommage qu’ils n’aient pu aller plus loin.

À MILAN PAR PIERRE DIÉVAL
sports@lavoixdunord.fr
PHOTO AFP


D’une première mi-temps plutôt bien structurée même si elle avait été émaillée de coups rudes, d’attaques de balles sans concession et souvent de situations d’attente de part et d’autre, était sortie une impression assez flatteuse. Les Bleus, en prise directe avec les événements et sûrement aussi titillés dans leur amour propre après avoir assisté, impuissants, au dénigrement massif de leur hymne national, avaient tout de suite trouvé les bonnes bases de travail.


Physiquement, tactiquement, mentalement, ils étaient là et bien là, fermant des angles à tout va, anticipant autoritairement sur toutes les actions adverses pour mieux ensuite se déployer.


Dans un contexte de jeu ne favorisant certes pas les envolées rectilignes, ni de fortes vibrations, mais assez dense pour rappeler que lorsqu’Italiens et Français s’affrontent, il y a toujours quelque chose à picorer, les Bleus avaient de l’autorité, de la tenue et la volonté de ne pas s’en tenir à de vagues approches.


Mais encore aurait-il fallu qu’ils aient la flamme offensive requise pour ce genre d’aventure. Or, hormis une accélération de Ribéry (42e) et un tir lourd de Malouda (43e), l’équipe de France n’avaient pas noirci la rubrique « occasions », laissant même à sa rivale italienne les deux plus belles possibilités d’un match jusque-là trop cadenassé pour offrir des espaces de liberté à ceux qui en rêvaient (tir rasant de Del Piero, 33e, ballon enveloppé d’Inzaghi, 34e).

Lucides jusqu’au bout

Et puis, tout s’était emballé. Plus de rythme, plus d’initiatives franches, moins de gestes calculés, moins de temporisations. Une autre tendance se dégageait subitement. Barzagli, de la tête (48e) et Camoranesi, d’un tir puissant (50e) jouèrent en l’occurrence les chefs de cordée, sans pour autant asseoir une quelconque supériorité puisque, presque instantanément, Anelka (52e) et Ribéry (55 e) avaient à leur tour posé des jalons face à un Buffon impeccable comme toujours.


Aux accès de fièvre intermittents italiens, les Bleus opposaient toujours leur cohérence, dans un match devenu plus débridé. Forts en défense, lucides dans leurs regroupements, ceux-ci attendaient plus leurs adversaires qu’ils ne les maltraitaient.


Mais derrière cette tactique sécuritaire, se cachait bien sûr l’envie de réussir un coup malgré l’effacement d’Henry et le manque évident de situations de rupture. Perspective nullement utopique. Mais sans vrais décalages, sans vraies opportunités…  •
 

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