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La Voix des Sports - 10/09/2007
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Les petits pas de géant de Lassana Diarra
Italie - France

 L. Diarra, nouvelle doublure de Sagnol en Bleu? Milan (envoyé spécial). – Un après-midi de mars, à Kaunas en Lituanie, il est arrivé discrètement, presque sur la pointe des pieds, enfant de la balle parmi les stars. Déjà, ce jour-là, Lassana Diarra avait épaté son monde au sein d’un triangle défensif avec Toulalan et Makelele (blessé, Vieira n’était pas là). Présent, accrocheur, renard même en matière d’anticipation. « J’ai joué, tout simplement » avait-il dit, au final, sans se démonter, comme si ces matchs à forts enjeux faisaient partie de son quotidien.


Cette fois, c’est au poste d’arrière droit que le môme écrivit l’histoire, débarquant là encore à la surprise générale avant de réaliser une performance de haut vol. Pour Alessandro Del Piero, la soirée prit d’ailleurs très vite les apparences d’un long pensum. Bloqué, « mangé » par son jeune rival, la star tenta bien de donner le change en variant les appels de balles. Rien n’y fit. Diarra ne lâcha pas sa proie. Bon dans l’attaque du ballon en première intention, bon dans le combat rapproché, bon dans l’anticipation.


Du haut de la tribune présidentielle, sa « geôle » de luxe l’espace d’une suspension, Raymond Domenech a dû apprécier et se dire, non seulement qu’il avait bien fait de prendre cette option stratégique, mais encore qu’en opérant cette retouche, il offrait aussi à un jeune incarnant l’avenir du football français, une occasion rêvée de briller.


Pas blasé mais simplement serein face aux pressions qui s’exercent sur lui, le nouveau protégé d’Arsène Wenger s’était vite affranchi du stress : «  Vous savez, j’ai déjà vécu des Arsenal-Chelsea ou des Chelsea-Manchester… » Et il avait ajouté, histoire de justifier son récent passage du quartier londonien huppé de Chelsea à celui, plus industrieux, d’Highbury où se dresse désormais l’Emirates Stadium : « C’était mieux pour moi car je ne voulais plus jouer arrière droit. Chelsea m’a bien compris ».

Savoureuse allusion à un positionnement, quasiment contre nature à ses yeux, mais néanmoins très utile à la collectivité, et qui par le biais d’un incroyable concours de circonstances, redevint, samedi, d’actualité. Et pour quel résultat !
« On était tous pressés de vivre ça en direct. C’est bon de jouer de tels matchs Par rapport à la Coupe du monde, c’était un autre contexte.  »

Des petits mots à la Lassana Diarra ; comme ses courses, toujours utiles, toujours bien pensées. Beau joueur, Del Piero lui serra la main à la fin. Son sourire était figé…

Pierre DIÉVAL
Photo AFP

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