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La Voix du Nord - 13/09/2007
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EURO 2008
Les Français pris au piège d’une Écosse fière, vaillante et réaliste

Photo AFP C’était un virage clé. Les Bleus l’ont raté, encaissant un but très pur de McFadden et subissant globalement la pression tactique de leurs adversaires. Il va falloir jouer serré à l’avenir. L’Euro n’est pas encore en vue.

PAR PIERRE DIÉVAL
sports@lavoixdunord.fr
PHOTO AFP
Les Français ont pris un sérieux coup sur la tête, hier soir, dans un contexte émotionnel et stratégique ressemblant à s’y méprendre à un certain 17  novembre 1993. L’Écosse avait remplacé la Bulgarie et, à la sortie, une lourde, très lourde chappe de plomb s’est abattue sur l’équipe de Raymond Domenech, freinant son élan, cassant sa dynamique et rendant, au final, sa marge de manoeuvre désormais plus incertaine dans un groupe B ouvert décidément à toutes les convoitises. Incapables de résoudre l’équation posée par un rival vaillant et hyper-organisé, les Bleus sont tombés de haut. Il leur faudra se relever avant d’aller en Ukraine, en novembre, en principe sans vraies garanties arithmétiques.

Défi permanent

On aime ou on n’aime pas. Les Écossais, eux, ne se posent même pas la question de savoir si c’est bon ou mauvais. Ils foncent, ils galopent avec leurs convictions ancrées au plus profond de leur coeur et ça donne de belles tranches de bravoure. Confrontés – mais ce n’était pas une surprise – à ce schéma aride, les Français avaient eu le bon goût de se fondre immédiatement dans leurs responsabilités. Ils savaient en fait que leur seule porte de sortie, dans un contexte aussi peu propice aux grandes cavalcades, résidait là, dans leur aptitude à porter le moins possible le ballon, à varier le jeu.
Pas étonnant donc que Ribéry, à droite, et Malouda, à gauche, aient vite payé de leur personne sur des actions excentrées, la séquence la plus tranchante venant d’ailleurs, une fois encore, d’un centre fort de l’ex-Lyonnais que Ribéry ne put hélas exploiter (21e).
Au combat physique et tactique que leur imposaient les Écossais, les Bleus avaient répondu avec leur âme et leur envie de créer. À lui seul, l’enchaînement collectif qui, en amont, avait permis finalement à Trezeguet (15e) d’entrevoir le petit filet de Gordon, résumait la tendance. Il y avait une équipe qui jouait, une autre qui verrouillait. Mais celle qui dirigeait la manoeuvre n’avait pas forcément le plus beau rôle. Contraints d’évoluer constamment sur le fil du rasoir tant dans les phases de construction que dans l’exploitation de chaque ballon, les Bleus affichaient d’ailleurs un gros déchet technique.
Dur, compliqué, irritant. Plus le match avançait, plus l’évidence sautait aux yeux. Une remise inspirée de Trezeguet pour Ribéry (55e), puis un tir en pivot d’Anelka (56e) auraient pu néanmoins apporter la solution. Mais à deux reprises, Gordon sortit de sa boîte, à l’image d’une équipe qui ne lâchait toujours rien et dont le pouvoir de réaction en étonna plus même d’un, au-delà de l’heure, quand McFadden, sans complexes, fit son numéro (0-1, 65 e).
L’affaire devint dès lors très complexe, d’autant que les Écossais, d’une exemplarité extrême dans l’effort, ne s’arrêtèrent pas là, poursuivant leur travail de sape de plus en plus loin de leurs bases. Vraiment très dur ! 
 

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