La Voix du Nord - 11/10/2007 |
![]() |
ÉQUIPE DE FRANCE Faut-il avoir peur des îles Féroé ?
L’équipe de France se déplace, samedi, pour la deuxième fois en trois ans sur cette petite langue de terre éclatée de l’extrême nord de l’Europe. Les îles Féroé, en tant que nation de football, n’ont, « a priori », rien qui puisse faire douter une sélection de référence. Mais Raymond Domenech se souvient qu’en 2004, les Bleus avaient failli s’égarer, entre ciel et mer… PAR PIERRE DIÉVAL
sports@lavoixdunord.fr PHOTO AFP
Il y a le discours convenu pour asséner une lourde vérité : « On y est allé il y a trois ans (le 8 septembre 2004) . Il n’y aura pas de surprise. Les joueurs savent que le terrain n’est pas aussi beau que celui du Stade de France ; que la pelouse y est moins bonne et que le temps n’y est généralement pas extra ».
Et il y a l’autre, plus aride, fruit d’une expérience passée au goût plutôt âcre, même si en l’occurrence les Bleus avaient fait, comme l’on dit, le métier en gagnant finalement 2-0 (éliminatoires de la Coupe du monde). « J’avais tout de suite déclaré qu’on avait été mauvais », rappelle Raymond Domenech qui venait alors de prendre les commandes de l’équipe de France, dans la foulée de Jacques Santini, au sortir d’un Euro au Portugal trop vite bouclé. « C’était l’époque où je disais ce que j’avais à dire ! En fait, ce match fut presque un miracle. On se retrouve à dix (expulsion de Vieira) ; ensuite, Cissé bénéficie d’une situation de hors-jeu passif – en fait, il l’était d’au moins dix mètres ! – et il marque pour le 2-0 (Giuly avait ouvert le score).
La séance d’entraînement de la veille reste d’ailleurs à ce jour la séance la plus nulle que jamais vécue. Cela avait été catastrophique à tous les niveaux.
On était à la rue ! Et pour compléter le décor, le jour du match, il y avait un soleil rasant et c’était un après-midi froid… »
Privé de rugby
Le souvenir, toujours très vivace, est un avertissement dans l’esprit du sélectionneur qui n’imagine pourtant pas un seul instant que l’on ne puisse pas se motiver pour un match contre les îles Féroé : « On joue un match décisif. La prochaine étape s’appelle “trois points” ; et les suivantes (Lituanie, Ukraine) aussi ! La motivation, chez un footballeur, doit venir de l’intérieur. Elle est dans ses tripes !
» Quant à savoir si ce type d’affrontement, naturellement déséquilibré, a sa raison d’être, Domenech se montre moins radical qu’il ne le fut dans le passé, lorsque ses pensées tournaient autour de l’idée que l’on crée, à l’image de la Coupe Davis en tennis, une zone A et une zone B pour les éliminatoires d’une compétition majeure. « J’ai changé d’avis, tout simplement. Car le football est à tout le monde. Il est universel. C’était égoïste de ma part de penser que des pays comme les îles Féroé soient mis de côté. Lorsqu’on est sélectionneur de ces équipes-là, on est heureux de se mesurer à l’Angleterre, à l’Allemagne, à la France. Samedi, mon seul regret, finalement, sera de manquer la demi-finale de rugby puisque je serai alors dans l’avion du retour … »
Raymond Domenech a finalement appelé Hatem Ben Arfa (Lyon), qui était en stage avec les Espoirs à Clairefontaine, au lendemain du forfait de l’attaquant de Manchester United, Louis Saha, blessé.
Retrouvez le dossier Euro 2008 sur notre site.














