La Voix du Nord - 12/10/2007 |
![]() |
ÉQUIPE DE FRANCE Sébastien Frey, star en Italie, équipier modèle chez les Bleus
Il est de ceux qui, à une certaine époque, ont suscité scepticisme et incompréhension. Parti très jeune de Cannes pour l’Italie, comme s’il souhaitait s’affranchir d’un football français trop étroit à son goût, Sébastien Frey avait tout de suite voulu aller à l’essentiel. Pour se donner les moyens de réussir, quitte à passer pour un baroudeur.Aujourd’hui, le gardien international est épanoui, même s’il n’est toujours que le remplaçant du remplaçant dans les buts de l’équipe de France qui affronte demain les îles Féroé. Il a gagné en effet son pari en jouant dans les plus grands clubs italiens (Parme, Inter, Fiorentina) et en s’appropriant une image forte : celle d’un gardien de haut vol, quasiment au même niveau que le grandissime Gianluigi Buffon.
« J’aime la pression »
Dans le contexte des Bleus qui lui impose d’être humble, Frey joue son rôle d’équipier modèle sans dévoiler la moindre impatience. Il y a Coupet, Landreau et lui… « Devenir un jour le numéro un français, ça reste un de mes objectifs. Mais, à court terme, je ne peux pas faire de prévisions. Même si je ne me sens inférieur à personne, il y a une hiérarchie à respecter. » Légaliste jusqu’à presque oublier ce qu’il représente dans le championnat d’Italie, le gardien de la Fiorentina, régulièrement loué en Italie pour sa dimension professionnelle (« Extraordinaire Frey ! » avait titré, en septembre, La Gazetta dello sport après deux arrêts brillants devant le Milan AC), savoure pour le moment le bonheur que lui procure justement son immersion dans un football de folie. « Réussir en Italie n’est jamais simple dès l’instant où l’on est étranger. Mais si par bonheur, on arrive à ses fins, alors on devient très fort. Ce qui me manque encore, c’est une expérience en Ligue des champions pour que je puisse vraiment m’étalonner par rapport à tous les autres gardiens. » Mais en a-t-il vraiment besoin à partir du moment où l’Italie le vénère autant que Buffon ? « Dans les journaux, à la télévision, on fait sans cesse des comparaisons entre Gianluigi et moi ! Le week-end dernier, la Fiorentina recevait la “Juve”. Pour toute la presse, c’était le “grand défi Buffon - Frey” ! Cela ne me dérange pas car j’aime la pression. Plus les objectifs sont haut, plus je me sens à l’aise. Et puis, jouer contre l’Inter, le Milan, la Juventus, la Roma, c’est toujours une aventure exceptionnelle à vivre. Ma carrière évolue très bien en Italie. J’espère bien y rester. » L’aveu sincère d’un jeune homme de vingt-sept ans, paradoxalement toujours en quête de reconnaissance dans son pays : « Les gens, ici, ne me connaissent pas pour ce que je suis. Quand je suis parti, à dix-sept ans, j’avais une étiquette de “grande gueule”. Des conneries, j’en ai fait, mais j’ai vite mûri. Je constate cependant que, désormais, on me situe mieux. Normal, je suis français ! »
PIERRE DIÉVAL
ÎLES FÉROÉ - FRANCE, demain (17 h).
ÎLES FÉROÉ - FRANCE, demain (17 h).














