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La Voix des Sports - 15/10/2007
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Karim Benzema, le surdoué, a encore frappé
Iles Féroé - France
 Double buteur, Benzema a amené le but de Ben Arfa. L’équipe de France a trouvé en Karim Benzema, double buteur aux Îles Féroé (6-0), l’indiscutable relève à la pointe de son attaque, mais le surdoué lyonnais reste encore en phase d’apprentissage et découvre toutes les exigences que réclame son nouveau statut d’international.
Avec dix réalisations en dix rencontres de L1 et trois buts en cinq sélections, Benzema affole déjà les statistiques à seulement 19 ans et marche allégrement sur les traces du duo Henry-Trezeguet, champions du monde et installés en bleu au même âge.
À ce rythme, le record codétenu par Michel Platini et Thierry Henry (41 buts) ne survivra pas longtemps au talent du dernier fleuron de la «  formation à la française », qui a éclipsé Trezeguet et D. Cissé, et s’impose déjà comme le remplaçant naturel de Henry et Anelka dans l’esprit du sélectionneur Raymond Domenech.
Mais tout semble aller peut-être trop vite pour l’avant-centre rhodanien, volontiers comparé à son idole Ronaldo, mais dont les deux techniciens, en club et en équipe nationale, ont singulièrement veillé à calmer les ardeurs et l’euphorie.
Dès mardi, le joueur, fort de son début de saison en fanfare, était sorti de sa réserve naturelle en réclamant une place dans l’axe à l’OL. «  Je ne vais plus sur le côté. Ce n’est pas mon poste. Moi, je suis attaquant et voilà. C’est réglé depuis pas longtemps. Mon poste c’est avant-centre, je ne suis pas là pour faire des centres, même si ça m’arrive de faire des courses sur le côté », avait-il osé.

Recadré par Perrin et Domenech

La réaction d’Alain Perrin n’avait pas tardé. L’entraîneur lyonnais avait tout de suite remis son joueur à sa place, affirmant sur RMC que celui-ci ne « lui imposerait rien du tout ».
Le lendemain, dans les colonnes de L’Equipe, Benzema, tel un écolier pris en faute, faisait marche arrière et assurait qu’il se plierait volontiers aux décisions du staff lyonnais.
Samedi, malgré son doublé, l’attaquant, désormais conscient des risques dans l’exercice médiatique, a continué à faire profil bas et n’a pas quitté ses écouteurs, refusant de s’exprimer devant la presse.
« Benzema, il a trois buts en cinq sélections : un contre l’Autriche et deux contre les Féroé, voilà, je dis c’est bien, bravo, mais c’est le début, ce n’est pas dans ce genre de match qu’on confirme quelque chose », a également tempéré Domenech.
Une manière brutale mais habile d’évacuer la pression des épaules de sa nouvelle vedette et de piquer au vif son joueur, tactique dont le sélectionneur s’est fait une spécialité depuis sa prise de fonctions à l’été 2004.
L’incertitude qui pèse sur la présence, mercredi contre la Lituanie, d’Anelka, touché à la cuisse droite, pourrait toutefois permettre à Benzema d’apporter une réponse en bonne et due forme sur le seul terrain qu’il maîtrise pour l’instant à merveille : la surface de réparation.


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