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La Voix du Nord - 18/10/2007
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À Henry le record, aux Bleus la voie royale
EURO 2008 Au bout du suspense et après avoir éprouvé beaucoup de difficultés, la France  de Thierry Henry (deux buts) ouvre une fenêtre
 Thierry Henry (ici avec Franck Ribéry) a offert la victoire aux Bleus et est entré dans les annales du football tricolore. Ce fut long et difficile. Mais à force d’insister, l’équipe de France est parvenue à ses fins avec deux buts de Thierry Henry, successeur de Michel Platini au hit-parade des meilleurs buteurs français en sélection. Et puis au-delà de cette réussite personnelle, se dessinent désormais un peu mieux les contours d’une qualification puisque l’Écosse a perdu (lire par ailleurs). Un point en Ukraine pourrait suffire. Et si l’Italie gagne à Glasgow, les Bleus pourraient passer directement.

À NANTES, PAR PIERRE DIÉVAL

sports@lavoixdunord.fr
PHOTOS AFP

 

Leur rage de jouer et surtout de bien faire, renforcée sans doute un peu par la clarté des chiffres (ceux d’un certain Géorgie - Écosse au contenu inattendu), les avait portés très vite là où on les attendait. D’un tir lourd de Ribéry, écarté de justesse de sa trajectoire gagnante par le gardien lituanien, était même née une vraie et belle impulsion (1re). Les Écossais battus à Tbilissi, les Bleus se devaient d’agir et ils avaient agi. De manière assez explicite pour donner de la consistance au jeu et du poids à leurs espérances.


Seulement voilà, si Malouda y alla aussi de son initiative percutante après que Benzema eut joué à son tour les poissons pilotes, si la France, globalement plus mûre, plus stable dans ses équilibres, s’était montrée à la hauteur de ses responsabilités en jouant vite et bien, son emprise sur les événements demeurait improductive. Elle faillit même carrément devenir illusoire quand Kalonas ajusta un bijou de tir enroulé repoussé par le poteau, puis finalement inexploité par Jankauskas (18e).
En un éclair, les Français avaient mesuré toute la complexité de leur tâche : marquer pour que les comptes soient bons sans s’exposer au feu de l’adversaire. Pas si simple que ça, au fond.
Alors, ils insistèrent. Beaucoup et souvent avec le style qui sied à une équipe aspirée vers le haut. Henry, décalé par un superbe Ribéry, aurait pu être un vecteur de rupture (32e). Benzema aussi (38e). Mais à chaque fois la réussite s’était évaporée…

Penaltys oubliés

Plus le temps passait, plus l’évidence sautait aux yeux : pour passer entre les mailles du filet lituanien, particulièrement serrées et résistantes, il faudrait énormément de créativité dans le dernier geste, la dernière attitude. Car les joueurs baltes, rigides et regroupés sur leurs bases, n’offraient guère d’espaces dès l’instant où le ballon courait dans leurs trente derniers mètres. Et comme les arrières d’ailes français n’apportaient leur savoir, en matière de centres, qu’à doses homéopathiques, l’étau se resserrait rapidement. Trop rapidement.
Ribéry s’essaya pourtant encore au tir, rasant cette fois (59e), tandis que Henry, servi par Benzema, butait sur Karcemaskas (64e). Pas veinards, les Bleus qui virent ensuite avec étonnement l’arbitre oublier un tirage de maillot, pourtant évident, sur Ribéry en pleine surface (67e).
La France cherchait des solutions. Raymond Domenech aussi qui en abattant la carte Ben Arfa et en passant à un 3-5-2 forcément plus conquérant encore, voulait densifier la présence des Bleus sur le front chaud de l’attaque. Et ça aurait pu être payant puisque le petit Lyonnais échoua d’un rien (75e ) avant que M. Kassai ne répugne une fois encore à siffler un penalty (faute sur Henry, 77e).
Mais tout a une fin. Du flanc gauche, Ben Arfa ondula à sa façon pour dispenser un centre très clair. Henry était là pour transformer l’essai et entrer au passage dans l’histoire avec un quarante-troisième but (1-0, 79e). Puis, comme si cela ne suffisait pas, l’artiste enchaîna avec un autre tir (2-0, 80e). La messe était dite et les Bleus pouvaient rêver un peu plus encore de l’Euro…t

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