La Voix des Sports - 19/11/2007 |
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Il n’y a pas de mauvaise victoire, ni de mauvaise qualification. Il serait donc malvenu de dire qu’en gagnant sa place parmi les seize « finalistes » de l’Euro 2008 avant même la fin des éliminatoires, la France n’a pas vraiment rempli son contrat. Même si, en l’occurrence, l’issue manque de panache et de ces notes de suspense qui pimentent toujours une compétition quelle que soit sa nature et son impact, on ne peut décemment pas faire la fine bouche face à une évidence arithmétique dont on savait, au demeurant, qu’elle pourrait jaillir de la froide humidité d’Hampden Park où Ecossais et Italiens en décousaient avec l’objectif avoué d’aller au fond des choses.
Raymond Domenech, qui assistait au match Lituanie-Ukraine, parle volontiers de frustration, voire même d’un vide à propos de la qualification anticipée de son équipe, « car », disait-il à nos confrères de l’Equipe avant le dénouement heureux de Glasgow, « le vrai match qui fédère les anciens et les nouveaux n’est pas encore venu. Et se qualifier en ayant le couteau sous la gorge est le meilleur apprentissage. » Mais ne vaut-il pas mieux passer ainsi plutôt que de devoir endurer la terrible incertitude du résultat, un soir glacial en Ukraine, au contact de surcroît d’un adversaire qui a eu tant de divergences « politico-sportives » avec la France (l’affaire du calendrier du groupe B que Français et Italiens avaient voulu arranger à leur sauce au détriment de leurs « chers collègues » de l’Est) qu’on ne serait pas réellement surpris de le voir disputer enfin un match digne de son statut ?
La réponse est claire, limpide même, et, d’ailleurs, dans une large majorité, les joueurs, hier plus ou moins hermétiques au sujet (ne disaient-ils pas pour la plupart, vendredi soir au Stade de France, après France-Maroc, se désintéresser un peu du sujet) mais à présent beaucoup plus directs face aux questions, adhèrent finalement à ce concept de l’accession rapide au grand rassemblement helvéto-autrichien du début d’été 2008. Simple question de bon sens à l’heure où le football de haut niveau se nourrit avant tout de garanties et de faits concrets.
La démarche de Domenech est louable mais il est des circonstances, répétons-le, où il faut savoir accepter les petits coups de pouce du destin.
Voilà donc les Bleus à l’Euro grâce à l’action conjuguée d’Ecossais incroyablement vulnérables sur la fin de leur parcours éliminatoire (leur défaite en Géorgie, plus que celle face aux Italiens, leur a fait très mal) et surtout d’Italiens dont on se doutait bien qu’ils seraient capables, forts d’une culture de la gagne poussée à son paroxysme, d’aller chercher quelque chose sur les terres d’Ecosse, et qui, finalement, ont frappé très fort. A la fiabilité du résultat (une victoire qui les qualifie eux aussi avant la lettre et qui rend un immense service aux Français) s’ajoute bien sûr un fameux clin d’oeil.
Italiens et Français qui font d’une certaine façon cause commune après avoir été de féroces combattants en finale de la Coupe du monde 2006 ; une Squadra qui, prenant de la hauteur sur les polémiques récentes nées de déclarations malheureuses de Raymond Domenech (avant Italie-France, puis concernant la culture du nul des Italiens) fait son travail consciencieusement... Il y a là des symboles forts. Et si c’était le début d’une autre histoire franco-italienne menant jusqu’à la finale viennoise du 29 juin prochain ?














