La Voix du Nord - 04/09/2007 |
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À l’Euro 2003, il avait assisté impuissant à la noyade. À Stockholm, le rêve olympique de la France s’était échappé avec la troisième place, offrande faite à l’Italie (67-69), pourtant laminée en poule (85-52). Depuis Ronny Turiaf, opéré à coeur ouvert en 2005 alors qu’il venait de signer avec les Lakers, a vécu mille vies. Et retrouve les Italiens, ce soir, avec une féroce envie.
Membre éminent du « Big Three », avec ses potes Diaw et Parker, amuseur-né doté d’une énergie de grand fauve (il a un lion tatoué sur l’épaule) jusqu’au bout de ses tresses, Turiaf a acquis un vrai statut. Collé au banc il y a quatre ans, le Martiniquais (24 ans, 2,06 m) est devenu la première rotation au poste de pivot derrière « Fred » Weis.
– France - Italie 2003, quel souvenir pour vous ?
« Très mauvais ! J’étais sur le banc, je ne pouvais pas aider, c’était très dur. On avait une équipe très complète sur le papier (1) qui pouvait être vraiment performante. On avait beaucoup plus de talents que tous les autres, on était physiques, athlétiques… On avait tout, sauf l’état d’esprit ultime. Voir tous ces espoirs s’envoler, je l’ai très très mal vécu. Si j’ai digéré ? Non. Non ! C’est sûr que je n’ai pas beaucoup d’affinités avec les Italiens ! Et la finale de la Coupe du monde de foot n’a pas aidé. On se croise souvent à l’hôtel, avec certains on se salue, pas tous… Dès l’entre-deux, ce sera une féroce bataille ! Il faut casser “le signe chinois”, comme avec les Grecs ! »
– À quel point la France de 2007 est-elle différente ?
« Les joueurs sont peut-être globalement un peu moins athlétiques et plus fiables au shoot. On arrive à prendre du plaisir même si on a un rôle amoindri. Le groupe est beaucoup plus homogène, on a envie de tirer l’équipier vers le haut pour aller dans la même direction. C’est ce qui nous avait manqué. Mais on ne refait pas l’histoire et on ne gagne pas non plus avec le seul esprit d’équipe. »
– Et à titre individuel ?
« J’ai progressé dans mon shoot et le jeu dos au panier. J’ai beaucoup plus confiance en moi, c’est plutôt une progression globale. J’ai réussi à me mettre dans une situation où je peux être performant et devenir le remplaçant de “Fred” (Weis). J’apporte des choses que lui n’apporte pas : l’énergie, l’esprit “pétard”, lui est plus défensif, intimidateur, on est complémentaires, on se comprend. Quant à l’opération, elle n’a rien changé à mon approche. Je suis peut-être un peu plus fou, j’apprécie mieux la vie mais j’avais déjà ce côté- là. »
S. A.
1. – Abdul-Wahad, Digbeu, Foirest, Julian, Moïso, Rupert, Sonko, Dioumassi, Diaw, Parker, F. Piétrus, Turiaf. Coach : Alain Weisz.














