La Voix du Nord - 13/09/2007 |
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Fini les tergiversations des deux premiers tours. Après un galop d’entraînement contre la Turquie, hier, la France dispute ce soir (19 h) son premier match couperet. Pour rentrer dans le dernier carré, où elle a pris place depuis 2003, elle doit battre des Russes étonnamment réguliers.
À MADRID, PAR SANDRINE ARRESTIER
sports@lavoixdunord.fr
PHOTO AFP
Oublier Paris. Le 19 août, en préparation, à Coubertin, la France avait démantibulé les Russes (92-56). Le soir même, elle avait classé ce + 36 record au rayon anecdotes. Alors, pas question de s’en gargariser, surtout aux abords d’un quart de finale européen. « On avait gagné nos deux premiers matchs du tournoi, rappelle David Blatt. Et tous les gosses de Paris étaient venus voir Tony Parker, on n’avait aucune chance !
», rigole le coach israélo-américain de la sélection russe. « On avait pris une gifle mais c’est une compétition différente », martèle Andreï Kirilenko (26 ans, 2,09 m).
L’atout Kirilenko
L’ailier-fort des Jazz, clé de voûte de sa sélection après une morne saison en Utah, ne trouvera pas un Bleu pour le contredire, surtout pas Boris Diaw : « Ce n’est pas la même équipe. On est conscients qu’il ne faut pas les prendre à la légère. Ils jouent bien ensemble, c’est une des équipes les plus athlétiques de l’Euro, comme la Litunanie. Kirilenko est un très bon leader qui peut apporter dans tous les secteurs pour rassurer son équipe. » Scoreur (18,3 points sur les deux tours), rebondeur (9,7 prises), contreur galonné, passeur à l’occasion (2,8), maître défenseur, enfin, d’une équipe qui a retrouvé la flamme après des années d’errements.
Bannis des podiums depuis leur argent mondial de 1998, les Russes ont appelé à leur chevet David Blatt, avant les qualifications de l’été 2006. Coach rodé à l’Europe, il a ranimé l’esprit collectif et mis la défense en ordre de marche (65 points encaissés). Jusqu’ici, la Russie n’a cédé qu’une fois en six matchs, après avoir longtemps tenu les cadors espagnols (69-81). Un bilan qui dénote une forme, nouvelle, de stabilité et une régularité qui font défaut à la France. « La toute première chose que j’ai dû surmonter, explique Blatt, c’est l’égoïsme. On est devenu une équipe. Je ne sais pas si on va se qualifier mais ce dont je suis sûr, c’est qu’en voyant la sélection russe vous direz, “c’est une équipe, ils ont joué ensemble, ils ont joué dur, ils ont joué pour gagner”. » « Ils ont réuni d’excellents joueurs mais, à la différence des autres années, ils jouent très bien au basket, atteste Claude Bergeaud.
C’est la patte du coach, habitué des joutes de l’Euroligue et qui les fait jouer comme une équipe d’Euroligue. C’est un basket clair, maîtrisé, stable. Je ne reconnais pas le basket russe qui est un basket de montagnes… russes, avec des hauts et des bas. » Si la France se frotte les mains d’avoir évité l’Espagne, elle va devoir se retrousser les manches. « Au moins ils sont jouables, tempère le sélectionneur, c’est de l’acabit de la Slovénie et la Lituanie. » Contre lesquelles la France a perdu aux premier et au deuxième tours… « On a toujours été meilleurs dans les matchs couperet », oppose Boris Diaw. Depuis son arrivée en Espagne, Claude Bergeaud répète aussi que la France a besoin de pression pour se transcender, comme à Belgrade, il y a deux ans, où elle s’était relevée d’un premier tour catastrophique (2 défaites en 3 matchs) pour récolter le bronze sur les champs espagnols (98-68).
Cette fois, elle y est : « Ce match peut nous envoyer en enfer ou au paradis. » La porte du purgatoire s’est en tout cas refermée hier avec le deuxième tour.














