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La Voix du Nord - 12/09/2007
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France - Turquie : comment gérer un match sans enjeu ?
HLe quart, contre la Russie, demain soir, tombera comme un couperet. Mais d’ici là, les Bleus doivent se coltiner la Turquie ce soir (19 h). Un drôle de match presque amical qu’ils ont l’intention de gagner.

À MADRID, PAR SANDRINE ARRESTIER
sports@lavoixdunord.fr
PHOTO AFP


Ce match-là, le dernier du deuxième tour, est presque encombrant. Entre la France, troisième de son groupe, qui sait déjà qu’elle s’attaquera aux Russes, deuxièmes de l’autre poule, en quart de finale demain, et pourrait ne croiser la route de l’Espagne qu’en finale (1) , et des Turcs déjà éliminés, enjeu zéro.

Jouer à fond, faire tourner, s’économiser en pensant à la suite ? Dilemme. A priori, Claude Bergeaud repousse tout calcul «  toujours puni par le Bon Dieu… » « Contre la Lituanie (défaite 78-66 lundi), estime le sélectionneur, on a manqué de conviction. Au-dessus de ça, il y a une forme de calcul : on calcule beaucoup trop, les matchs importants, les matchs pas importants… Avec le niveau que nous présentons, il n’y a pas à réfléchir. On doit jouer tous les matchs avec la conviction nécessaire pour les gagner. »

« Jouer à fond »

Depuis le début de l’Euro, le jeu collectif français oscille entre hauts et bas, inconstance d’un match à l’autre comme en leur sein. Alors la Turquie pourrait bien compter comme le onzième match de préparation d’une équipe dont le coach surveillera à la fois l’engagement et – tout de même – l’état de fraîcheur. D’autant que les Russes, vainqueur des Croates hier (83-70), disposent d’un jour de repos supplémentaire.


« Les matchs qui s’enchaînent sont quand même épuisants, il faut partager le temps de jeu et le jeu avec les mêmes envies collectives. On ne peut pas avoir des joueurs leaders qui gèrent en pensant au lendemain. » Boris Diaw, encore loin du rendement attendu, le reconnaît sans détours : « On n’a pas encore trouvé notre meilleur basket, ça ne se fera pas en jouant à deux à l’heure. Il faut le prendre comme un match normal. »


Yakhouba Diawara ne se pose pas davantage la question : « La manière dont on a débuté est impardonnable. On a un truc à prouver et à poursuivre quel que soit l’adversaire. La Turquie, comme les autres, tu n’as pas envie de ne pas la jouer à cent pour cent. En NBA, tu joues quatre matchs en cinq jours, tu n’as pas le temps de dire“je vais me reposer”. Il faut passer sur ça, se remobiliser et y aller à fond. »

De belles paroles qu’il s’agit de mettre en application. L’équipe de France n’est jamais aussi remontée qu’au pied du mur. Or, ce soir, comme avant la Lituanie, lorsqu’elle se savait qualifiée avant de jouer, elle sera déjà passée de l’autre côté… Au-delà de l’image renvoyée, quel serait l’impact d’une seconde défaite successive, la troisième après celle du premier tour contre les Slovènes (66-67)  ? « Ce ne serait pas grave, tranche Boris Diaw, capitaine d’un groupe habitué à “zapper” pour rebondir.

Une victoire nous mettrait en confiance mais on n’est pas là pour faire joli. Ce qui compte, c’est le quart ; si on le perd, on n’accède pas au dernier carré et quand on a en tête l’idée de se qualifier pour les Jeux olympiques ça devient plus difficile (2). » Et, ça, c’est un objectif majeur.


1. – Si la France se qualifie pour les demi-finales, elle affrontera le vainqueur du quart entre la Croatie et le vainqueur de Lituanie - Slovénie ce soir.
2. – Deux billets : les finalistes, plus le troisième si l’Espagne, que son titre mondial qualifie d’office, est en finale. Les quatre suivants disputeront un tournoi de qualification l’été prochain.
 

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