La Voix du Nord - 16/08/2008 |
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Dans quelques heures, à l’issue de son épreuve du keirin, Arnaud Tournant tirera définitivement sa révérence sur la scène internationale. Multiple champion du monde, désormais quadruple médaillé olympique et toujours détenteur du record du monde du kilomètre (depuis 2001), le Roubaisien ne s’est, sans doute, jamais attardé aussi longtemps en zone mixte après une compétition. Mais à l’aube de mettre un terme à sa carrière, le champion avait, sans doute, envie de profiter au maximum de tous les moments.
Face aux journalistes, il n’est pas apparu spécialement ému, mais simplement heureux. Il avait eu beau marteler avant son entrée en piste que seul l’or l’intéressait, il fut, finalement, le plus positif du clan tricolore à l’heure de dresser le bilan de cette première épreuve.
« Greg (Baugé) et Kevin (Sireau) qui vivent leurs premiers Jeux ont dit qu’ils avaient des regrets, mais ils ne doivent pas en avoir, assure-t-il. Dans quelque temps, ils réaliseront qu’être sur le podium olympique, c’est déjà un grand bonheur. »
Que du bonheur
Nul doute que le Roubaisien avait compris, dès les premiers tours de piste, qu’il faudrait être exceptionnel pour déloger les Britanniques Chris Hoy, Jason Kenny et Jamie Staff de la première place et que la médaille d’argent, dans un tel contexte, n’avait rien de déshonorant.
Les Britanniques ont, de fait, assommé la concurrence dès les qualifications en signant la meilleure performance mondiale de tous les temps et en devenant la première nation a passé sous la barre des 43 secondes (42’’950). Le ton était donné.
Deuxièmes les Français pointaient déjà quasiment à six dixièmes (43’’541) et Arnaud Tournant fut le premier à en faire les frais. Pour le deuxième tour, le staff tricolore décida de faire entrer Mickaël Bourgain. Un essai guère concluant, la France conservant son rang, mais avec un chrono inférieur et un écart encore un peu plus fort, évitant même de justesse de se faire souffler la place en finale par l’Allemagne. Arnaud Tournant, qui n’avait pas cessé de rester sous pression, fut donc, de nouveau, intégré dans l’équipe pour une finale, dont l’issue fut, hélas, sans surprise.
« C’est du bonheur, assura malgré tout, l’entraîneur national Florian Rousseau. Une médaille d’argent olympique, ça vaut largement l’or mondial. Il n’y a pas de regrets à avoir, les Britanniques ont énormément progressé depuis les championnats du monde. Nous, nous sommes restés au même niveau, ce n’était pas suffisant. »
« Beaucoup d’espoirs »
Coordonnateur du sprint tricolore, Gérard Quintyn tenait un discours similaire : « Tactiquement, nous n’avons rien à nous reprocher , estime-t-il. Nous avons essayé différentes formules, mais les Britanniques étaient intouchables. À Athènes, nous étions aussi arrivés en position de champion du monde et nous n’avions pris que le bronze. Cette fois, c’est un peu mieux car c’est l’argent et le comportement des gars nous laisse beaucoup d’espoirs pour les épreuves individuelles. » En attendant Mickaël Bourgain et, surtout, Kevin Sireau en vitesse, c’est donc Grégory Baugé et Arnaud Tournant, pour sa dernière représentation, qui tenteront, aujourd’hui, d’accrocher le podium du keirin.













