La Voix du Nord - 17/08/2008 |
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CYCLISME SUR PISTE
Dignement, Arnaud Tournant a tiré sa révérence
Sixième de l’épreuve du keirin, le Roubaisien Arnaud Tournant a disputé, hier, ses derniers tours de piste sur la scène internationale. Des adieux remplis d’émotion mais aussi de sérénité.
À PÉKIN, PAR DAVID DELPORTE
sports@lavoixdunord.fr
PHOTO AFP
Il avait, bien évidemment, rêvé d’une sortie encore plus triomphale avec un dernier podium olympique, mais Arnaud Tournant n’a pas eu à rougir de sa dernière représentation. Le Roubaisien, qui avait annoncé avant ses Jeux son intention de raccrocher après Pékin, peut s’enorgueillir d’un bilan tout à fait honorable avec une médaille d’argent, vendredi en vitesse par équipes, et donc cette finale en keirin.
Une fois le sort de cette épreuve scellé, le Nordiste s’est offert deux derniers tours de piste puis il est rentré dans le box de l’équipe de France. Il a échangé quelques mots avec son entraîneur, Florian Rousseau, avant d’aller ranger ses affaires et de se laisser gagner par l’émotion.
« J’ai lâché quelques petites larmes, avoua-t-il quelques instants plus tard. J’avais tellement cherché à faire abstraction du fait que c’était la dernière pour ne pas risquer un effet négatif que lorsque je me suis posé, j’ai réalisé d’un coup que c’était vraiment fini. »
L’homme avoue alors avoir vu défiler le film de sa carrière dans sa tête : « Je suis tellement content d’avoir vécu autant de super moments , assura-t-il. Quatorze titres de champion du monde, quatre podiums olympiques, un record du monde du kilomètre, ça n’est quand même pas rien. Je suis aussi très fier d’avoir vécu une troisième olympiade. Tout le monde n’a pas cette chance. »
Le Roubaisien a donc savouré chaque instant. Mais si l’émotion était bien palpable, la sérénité était tout autant de mise : « À entendre certains, j’ai l’impression que je vais mourir, plaisante-t-il. Mais c’est juste la fin d’une étape très importante de ma vie. J’ai la chance d’avoir un peu anticipé la suite. Je n’ai pas de certitudes, mais déjà quelques idées, donc je ne suis pas inquiet. » Encadrer un groupe de pistard chez Cofidis ou jouer un rôle majeur dans la formation des jeunes Nordistes dans quelques années, si le projet de Vélodrome à Roubaix se concrétise, sont des pistes qu’il aimerait explorer.
Hier un monstre sacré de la piste s’en est allé. La tête haute.













